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Saturday, May 07, 2022

Dans les brumes de Capelans / Olivier Norek

Une île de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. //////////////////////////////////////

 J'avais eu l'insigne honneur de recevoir les épreuves non corrigées du dernier Olivier Norek. Mais à quoi bon sortir une chronique dans la foule des chroniques du 7/04 ? Olivier Norek n'a pas besoin des quelques lignes du blogajesskaan pour être reconnu, admiré. Il a fait ses preuves avec ses précédents ouvrages que j'ai quasiment tous lu sauf IMPACT. En plus, on trouve son livre partout... 

💀
 Alors je me suis dit, essayons de parler de la thématique norekienne. Parce que cet ouvrage, à l'instar de Surface, est un roman qui interpelle au-delà de son côté thriller.... 


 Commençons par le début. Même si je suis pris la tête avec un abruti sur Facebook sur la nécessité ou non de lire la trilogie 93 pour mieux appréhender DANS LES BRUMES..., je réitère ici mes propos : lisez la trilogie avant !!! 

Punaise, Olivier Norek n'a pas don né vie à Victor Coste pour que vous arriviez comme un cheveu sur la soupe au milieu de son oeuvre en disant "whahhh trop bien !!" 

 Victor Coste c'est un flic du 9/3 avec son vécu, une histoire lourde, une vie intense entre trafic de drogue, réglements de compte, criminels endurcis par notre système qui part en couille (oops désolé) entre des puissants toujours plus puissants, des pauvres qui n'ont que la pauvreté pour horizon, des salauds qui ont compris que le système ne les mettra jamais hors d'état de nuire, une équipe comme une famille, puis une tragédie comme celle qui peuvent traverser nos vies quand on ne s'y attend pas... C'est toujours ainsi... Je n'épilogue pas, mais ça c'est réaliste.

👉
 Victor Coste, c'est le mec qu'on pensait inébranlable et qui part quand il se sent coupable. Parce que la culpabilité c'est un fardeau trop lourd à porter... Parce qu'il ne faut pas se leurrer, y a que dans les films américains que les héros sont en acier trempé et qu"ils vont sortir une vanne à 2 balles avant le générique... En France, les flics se suicident souvent, ils connaissent la déconsidération parce que quelques brebis galeuses attirent l'attention. Victor Coste c'est un flic devenu solitaire à l'autre bout du monde, à Saint Pierre et Miquelon Une couverture la PAF, une réalité la protection des témoins, secret défense. 


 Pour moi, Coste, c'est une sorte de moine guerrier qui va s'isoler en quête de rédemption, avec une nature sauvage, une mentalité insulaire, un minimum de relations sociales : son voisin. Parce que mine de rien, on peut vouloir vivre en ermite, si on n'a pas la foi, on a besoin de quelqu'un. Et Coste trimballe du lourd. Là, je fais un parallèle avec l'héroïne de Surface condamnée à partir loin de ses attaches, une gueule cassée au propre et au figuré qui n'avait pour compagnie qu'un chien aussi éclopé qu'elle. 

Coste, lui, il est cassé à l'intérieur. 

 Il vit au jour le jour, accueille ces personnes protégées par notre système (le début tiré de l'actualité est juste passionnant) sans la moindre considération. Ce sont des missions basta. Et en plus ce sont des ordures ! 

 Puis arrive Anna qui a échappé à un prédateur pédophile insaisissable.. Elle est comme Coste, une gamine perturbée, frappée par la dureté de la vie. Elle a aussi ce lourd passif à trimballer et pourtant elle se montre séductrice envers le flic. Et même s'il lutte, il se sait au bord du gouffre. 


Une relation malsaine qui croit avec l'approche du prédateur et les brumes de Capelans, ce moment où l'île sera recouverte par cette épaisseur qui change les repères. On a l'impression de tomber dans le mystique avec la tentation qui vient ici pour défier notre flic, qui annhile le connu et donne l'impression de dire "Victor, qui es-tu ? " "jusqu'où iras-tu pour la défendre ?" et la brume participe à cette ambiance. l'île, son décor, sont comme Notre dame de Paris, des personnages à part entière du roman...

 Elle exacerbe les personnalités, les tensions, certains comportements. Cela Norek l'a compris... 

Il le montre sans en faire des tonnes. 

 Victor Coste et Anna sont des personnages hors normes, le prédateur également, mais pendant que la confrontation ultime se prépare, l'enquête avance en métropole et ce grâce à un autre enquêteur démoli lui aussi RUSSO. Alors au risque de choquer les quelques lecteurs qui liront cette chronique,ce mec complètement déglingué physiquement parlant par l'abandon volontaire comme un suicide au quotidien m'a ému. Et franchement, j'espère qu'on le retrouvera dans de prochaines aventures. 

Parce qu'il est bourré de faiblesses, mais au final, il a un tas de choses à vivre, à nous raconter. Il suscite l'empathie. 

 Voilà ma chronique qui va vous dire que Olivier Norek cherche à aller au-delà du thriller pur et dur. Je ne dis pas qu'il ira en littérature blanche un jour, mais ce serait possible... Dans les brumes... c'est comme Surface, la volonté de saisir des personnages, de nous raconter une histoire policière certes, mais aussi de parler de thématiqus comme la solitude, le bouleversement d'une vie... C'est un roman réussi.

Thursday, March 24, 2022

Qu'ils crèvent ! Michel Vigneron

Le meurtre d'un dealer accompagné de celui d'une vieille dame. Deux flics de la BAC qui récupèrent cette affaire. L'un d'eux touché par des raisons personnelles... Le tout dans une Guyane où le crack, le sexe et la moiteur se mélangent...
Disons le d'emblée, ce livre ce n'est pas du feel good. Ici les seuls Parisiens que vous croiserez sont venus profiter du crack guyanais à un prix défiant toute concurrence et ne reviendront pas dans la métropole. L'auteur nous offre une vision d'un nouveau far west, un coin de France où les ravages de la came se font ressentir au jour le jour... Des paumés bousillés, des paumés condamnés à voler pour acheter leur caillou de crack, des filles qui s'offrent pour cette merde. L'auteur nous fout le nez dans cette fange que l'on voudrait ne pas connaître. Et pourtant c'est la France, pas loin du pas de tir d'Ariane. A côté ses baceux sont à la limite de la ligne rouge et il suffit d'un rien pour la franchir. C'est violent, c'est âpre, c'est tourmenté, mais Vigneron écrit bien, y compris quand il décrit le stupre... On est dedans vu le métier de l'auteur, mais il y a de la poésie populaire dans son écriture. "le scooter donnait l'impression d'avoir la rage, de vouloir bouffer quelqu'un, mais personne n'y prêtait attention, c'était tellement courant à Cayenne les baltringues qui jouaient les flèches sans casque et sans pApier..." Rien n'est simple dans ce monde à part. La violence omniprésente est vécue comme une fatalité (un peu comme la candidature de Taubira - fallait que je sorte une connerie désolé !!!). Quant à l'histoire, c'est le quotidien de flics borderline... Un très bon roman pour qui a envie de sortir des sentiers battus. seul bémol ce écoeurant sur la couverture;

Monday, December 20, 2021

A mort le chat... Jérémy Bouquin, editions Lajouanie

Faites leur bouffer des OGM... C'est la dernière mission confiée à un lobbyiste côté... Sauf que ce mec fonctionne à la dope, aux cachetons, à l'alcool, à la baise sauvage. En plus il est parisien et a un super carnet d'adresses, de quoi vous faire une belle brochettes de salopards. Dans ces conditions, la réalité est déformée ! Je n'avais jamais lu de livre de Jérémy Bouquin jusqu'à présent. Eh bien quelle erreur ! Vous avez envie de cynisme, de férocité, de colère, d'une écriture sous amphets ? Vous voulez voir un héros complètement frappadingue, vous avez le coeur bien accroché ? Parce que ça charcle... Ah et enfin vous aimez le tuning de flingue ? Et des balles qui vont avec ? Foncez ! Bouquin est fou, mais dans le bon sens du terme. Il met des tripes dans son livre. Pas de fioriture, un héros qui est une belle ordure, mais qui représente si bien notre société. Pas de complaisance chez l'auteur, pas de naïveté, l'action se déroule à 300 à l'heure. Y a des "putain", des gros mots, des filles faciles, des ordures. Un chat qui cause. Ce bouquin est purement jouissif, c'est du roman noir mais pas que. J'ai envie de dire que l'auteur prend son pied à écrire et que nous, lecteurs, sommes happés dans son sillage. On se demande comment son personnage va évoluer au fil de sa descente aux enfers. Pensez donc un parigot pur jus qui se retrouve à la cambrousse. Si je vais râler sur des fautes d'orthographe malvenues, je me dis que comme vous allez vous ruer ce livre par centaines parce que vous avez bon goût, les prochaines éditions seront au top. Putain ce que c'était bon ce bouquin.
et tu le trouves où ce livre ? ici notamment LAJOUANIE EDITIONS

Sunday, August 11, 2019

Radiations, Paul Merault, Ed Lajouanie

Fukushima, dernière catastrophe nucléaire en date...
Dans un Japon traumatisé, une organisation terroriste perpètre un attentat contre le métro.
Puis elle s'attaque à des dirigeants d'une société oeuvrant dans le nucléaire.
Arrivé au pays du soleil Levant, Jacques Maurel se retrouve embarqué dans une course contre la montre qui risque de le dépasser.


Radiations est un roman écrit sur un sujet brûlant :celui d'un terrorisme d'un nouveau genre.
Ici il est question d'une lutte contre un système défendant une technologie potentiellement meurtrière.
Certainement le futur du terrorisme en un temps où les idéologies révèlent leur vacuité.
Lutter contre des multinationales , combattre des systèmes attentatoires à la vie humaine deviendra probablement la nouvelle guerre du 21eme siècle; c'est forcé vu l'évolution de la situation actuelle.

On s'immerge rapidement dans Radiations.
Très vite, on se demande quels sont les objectifs de l'empire du Fugu, ce groupe terroriste ressuscité après la disparition de sa dirigeante et l'arrestation des membres les plus éminents. L'ombre d'Aoum, vérité suprême plane sur ce roman au rythme soutenu.
Quelquefois, on aimerait des chapitres plus longs, mais l'intrigue avance, révélant combien les technologies permettent de nous fliquer...
Tous les coups sont permis pour agir que ce soit du côté des terroristes reprenant les méthodes des autorités au final...

Paul Merault nous offre un suspens prenant et qui invite, le livre terminé, à la réflexion.


ALORS T AS ENVIE DE LE COMMANDER ??? CHEZ LEDITEUR




Friday, March 08, 2019

JE SERAI LE DERNIER HOMME DE DAVID COULON / EDITIONS LAJOUANIE


Il rentrait de chez sa maîtresse, elle a déboulé de nulle part, ils se sont battus, elle est morte et depuis il trimballe son cadavre...

Qu'est-ce qui fait qu'un roman fonctionne ou non ?
Certains vous diront le style, d'autres l'histoire, d'autres trouveront d'autres recettes miracle.


Dans Je serai le dernier homme, David Coulon met en scène un mec sur la touche. viré de son boulot, mal heureux en couple (je sépare volontairement), un mec complètement déphasé dans un monde agressif où les images vous assaillent, où la réalité économique vous rattrape.
Un mec ordinaire qui voit sa vie basculer définitivement un soir où il avait trop bu.
Pas de nom, pas de prénom, ce mec, c'est votre voisin, un frère, un ami, quelqu'un d'ordinaire, pas le genre qui compte dans une gare, mais un ouvrier qui a donné pour son boulot et à qui l'on propose un avenir sous forme de "prends ton pécule" et ferme ta g...
Le Coulon, il est social au sens où il se met à la portée de son héros, un homme qui subit ce monde fluctuant.
Autour de lui, la Normandie de la pétrochimie crève à petits feux, les usines ferment, mais elles continuent de tourner et on se demande comment...
En en même temps, son couple bat de l'aile, il a une mapitresse, il ne veut pas casser cette union avec sa femme.
Peut-être parce qu'elle symbolise des assises, à moins qu'il ne soit lâche...

C'est hyper réaliste, vivant, c'est l'empathie portée à son paroxysme par petites touches, subtiles.
Bref c'est brillant


et pour mettre en exergue ce héros , ce mec là où il ne fallait pas au moment où il ne fallait pas, Coulon utilise un style déstructuré, phrases courtes, rapides. Pensées coups de poignards, ciselés.
Des mots simples qui font mouche...

Et l'histoire me direz vous ?

L'histoire c'est un mec à la dérive dans une affaire démente, une perte des repères...
Un vrai thriller mais avec un fond et pas un tueur en série jouant une partition d'un obscur codex.
Non Coulon, c'est le roman policier au coin de la rue, mais un roman haletant, un hymne aux sans grades, aux mecs brisés, aux ouvriers

En résumé, JE SERAI LE DERNIER HOMME c'est plus qu'une bonne came. C'est un vrai roman avec un fond !
Bravo

Wednesday, August 22, 2018

L'homme craie, CJ TUDOR

Une bande d'adolescents, 4 garçons, une fille, une menace qui plane, mystérieuse. un meurtre abominable...
Des amis qui vont se retrouver adultes 30 ANS PLUS TARD pour se confronter à la vérité.

Ainsi résumé ce roman vous donne l'impression que vous allez lire un remake de ça de stephen king.
Pourtant, il n'en est rien.

Commençons par évacuer ce qui rappelle furieusement King, cette bande de paumés dans une petite ville entre ados horribles et menace omniprésente, une certaine scène lors d'un enterrement qui est un repompage en quelque sorte d'une scène de Simetierre.


Maintenant attaquons nous à l'histoire.
Eddie, Gav, Mickey Hoppo et Nicky sont des gamins des années 80 formant une bande dans une ville tranquille d'Angleterre.
Tranquille en apparence car certains événements vont perturber le quotidien de la cité, entre un accident de fête foraine aux conséquences dramatiques, des manifestations contre une clinique défendant le droit à l'avortement et des meurtres.

Alternant la narration entre le passé (1986) et 2016, l'auteur nous embarque rapidement dans son récit.
Certaines zones d'ombre du départ vont devenir ainsi des points cruciaux, les chapitres s'enchainent, admirablement écrits pour vous donner l'envie de tourner les pages. Et tandis que les héros communiquent avec des bonshommes en craie, les tragédies les rattrapent.
et si révéler le passé était fatal ?


Pour un premier roman, on sent le sens de la narration chez l'auteur scénariste. Les scènes sont très visuelles, efficaces. les rebondissements s'enchaînent jusqu'à un dénouement un peu tiré par les cheveux à mon humble avis.

Très bonne lecture d'été, l'homme craie prend des influences chez le King, mais sur un ressort classique en apparence, il OFFRE une histoire sympathique.

A partir de maintenant les critiques sont doublées sur mon site d'auteur https://www.jess-kaan.fr



Friday, June 29, 2018

Pierre Lemaitre, ROBE DE MARIE

Depuis la disparition tragique de son compagnon, Sophie est folle. Elle a des absences dans sa vie, et durant ces absences, elle tue... Comme ce petit garçon dont elle avait la garde.
Une solution s'impose à elle, fuir, fuir le monde, fuir loin d'elle même...
Mais si tout ceci n'était qu'une partie de la vérité ?



Une femme sur le fil du rasoir, une première partie ardue qui plonge le lecteur dans le doute... Le déstabilise autant que l'héroïne.
Quelle tragédie a conduit Sophie à la lisière de la société ?
D'emblée, Pierre Lemaitre joue avec son public, le malmène. Crimes violents, femme perdue, on ne sait pas ce qui se passe. On en vient à s'interroger sur la véracité des faits. Sophie a-t-elle tué ? Rêve-t-elle ? on est là dans la suspension d'incrédulité si proche du fantastique classique (vous savez celui de la Peur de Maupassant, pas des Twilights et autres conneries du même genre).

Les pages se suivent, on est happé par cette cavale, cette femme qui tente de lutter, de ne pas sombrer...

Puis vient la seconde partie, comme une claque dans la figure ou plutôt une leçon magistrale d'écriture, un retournement inattendu.
Une autre façon d'appréhender le roman.

Pierre Lemaître sait jouer avec les nerfs de son lectorat, le confronter à la violence des hommes, à leur bassesse.
Il dépeint des personnages si justes qu'ils en sont troublants, un peu comme dans Cadres noirs (dont je vous avais déjà entretenu).

Une efficacité dans l'écriture, dans la mise en scène nous plonge dans une réalité détraquée, où les bons ne gagnent pas forcément, où le mal se terre, observe.

Mais le roman ne s'arrête pas là...

Je fais le choix d'une courte chronique car je ne voudrais pas déflorer l'intrigue.
En tout cas, on se trouve dans une thématique similaire à Juste UNE Ombre de Karine Giebel.
Deux livres dérangeants, deux livres efficaces, deux livres qui réduiront votre temps de sommeil.

Robe de Marié est un roman formidable à la construction impeccable.
Si vous ne l'avez pas encore lu, foncez.

Je ne mets plus de lien vers Amazon
donc pour le commander
ici

Friday, June 22, 2018

L'instinct Maternel, Barbara Abel, Editions le Masque

Pendant des années, Jeanne a vécu dans l'ombre de son mari fortuné Richard. Issue d'une famille modeste, elle a accepté les infidélités, les humiliations, jusqu'au jour où elle s'est emportée...
Alors qu'une nouvelle vie devrait commencer pour elle, c'est l'enfer qui va se révéler à sa porte. En effet, Richard l'a déshéritée au profit de sa maitresse...



D'une situation trop souvent vue dans la réalité, Barbara Abel va nous offrir un thriller époustouflant.
D'emblée, on se prend de sympathie pour Jeanne qui a voulu échapper à sa condition modeste pour épouser celui qu'elle pensait être un prince charmant. Las le temps érode les couples, l'amour s'étiole et l'égoïsme de chacun reprend le dessus. Jeanne ne reste avec Richard que parce qu'il lui offre une vie friquée. Richard ne reste avec Jeanne que parce qu'il ambitionne de faire une carrière politique.
C'est une situation très bien dépeinte, par petites notes subtiles, avec des répliques qui font mouche, des situations du quotidien que Barbara Abel, telle une entomologiste, dissèque. Non en les analysant, mais en les écrivant avec force détails.

Les personnages vite posés, la situation bascule avec le meurtre de Richard, puis la révélation de son ultime trahison.
Et peu à peu l'étau se resserre sur Jeanne, révélant ses failles, ses peurs viscérales : retourner là d'où elle vient. Le pire demeure cette appartenance à la "bonne société" où l'on se jauge, où l'on est méprisant pour ceux qui ne réussissent pas ou tombent.
Prisonnière de ce carcan, Jeanne bascule et on la suit avec horreur.

A l'opposé Suzanna la maîtresse portugaise représente ce que Jeanne a été autrefois (pauvre, isolée, immigrée), simplement elle porte en elle un enfant et dès lors pour Jeanne qui n'a pu donner la vie, les solutions s'imposent peu à peu...
Et à mesure que le piège se referme, Jeanne n'a plus de choix qu'une fuite en avant...


L'instinct maternel est un roman puissant.
Partant d'une situation banale en apparence, l'auteure nous entraîne dans un semi huis clos où l'instinct de survie est exacerbé, où deux femmes s'affrontent avec force. L'une pour son bébé, l'autre pour sauver son monde d'illusions.
C'est aussi un roman violent qui vous happe, vous révèle les parts de ténèbres.
Pour un homme, certains passages pourtant plus féminins prennent corps, font jour.

Vite dévoré, marquant, ce premier roman de l'auteur sorti en 2002 montre que Barbara Abel avait déjà un talent fou confirmé depuis par des romans comme derrière la haine, après la fin. Une patte subtile pour dépeindre les situations du quotidien et les transformer en cauchemar à domicile.

EXCELLENT

https://livre.fnac.com/a1295352/Barbara-Abel-L-instinct-maternel

POUR LE COMMANDER

(je ne mets plus de lien vers amazon)

Friday, April 13, 2018

LE CONCILE DE PIERRE JEAN CHRISTOPHE GRANGE

Diane a adopté un enfant dans un orphelinat d'Asie du Sud Est, elle l'a appelé Lucien.
Quelques semaines plus tard, un accident étrange fait naître en elle la certitude qu'on a tenté de les assassiner, elle et le petit. Et puis il y a ces résultats d'analyses troublants, sans oublier cet homme qui surgit pour sauver le petit garçon...

Je n'avais pas lu de livre de Jean Christophe Grangé jusqu'ici et j'ai donc décidé de réparer cette omission.


D'emblée, le roman est entraînant, on a envie de savoir qui est ce garçon, quelle machination tourne autour de Diane.
Et puis il y a chez cet auteur des fulgurances, des comparaisons qui font mouche, pas des décors plantés aussi efficacement que chez Patrick Graham, mais des sensations que l'on perçoit, auditives, olfactives, sonores, des sensations qui vous embarquent dans le récit.



De nombreux rebondissements, des morts surprenantes, des apparitions étranges, un peu de mystère venu de très loin contribuent à plonger le lecteur dans cet opus.

Si peu à peu on va s'orienter vers le thriller fantastique, on trouve chez Grangé un romancier qui fait revivre les feuilletons d'autrefois avec des cascades de péripéties, d'épreuves, dont l'héroïne pas toujours très sympathique à mon sens ressort changée.

Bref un moment de lecture très agréable qui donne envie de découvrir d'autres romans de cet auteur.

Friday, March 24, 2017

Du feu de l'enfer, Sire Cédric

Manon Virgo est thanatopractrice, elle a un frère Ariel, un loser né qui a la particularité de se mettre dans les embrouilles.
Cette fois, il a juste piqué une bagnole, sauf que cette bagnole appartenait au membre d'un groupe particulier. Et qu'à l'intérieur, il y a un objet que ces fous sanguinaires entendent récupérer par tous les moyens.


Dernier thriller de Sire Cédric, écrivain de mon âge, qui a d'abord publié dans les littératures de l'imaginaire, ce roman marque un basculement de l'auteur vers le genre réaliste pur et dur. Fini le fantastique qui permet davantage de simplicité dans l'intrigue, place au roman policier bien documenté et surtout bien exploité. On sent qu'il y a des recherches de l'auteur derrière les thèmes développés, mais en tant qu'auteur je peux vous dire que lorsque la recherche s'insère parfaitement dans le récit, le mec maîtrise son truc. Et là, tu as bien bossé Cédric, où est la réalité, où est la fiction ? C'est nickel.
Ici, c'est nickel, parce que les articles de journaux sont employés à bon escient.


Si je reprocherais à Sire Cédric des pages où les paragraphes se limitent à des phrases simples, une volonté de littérature adrénaline comme dans tout thriller qui se respecte, ce qui est justifié sur la fin, je peux vous dire que c'est un reproche vraiment mineur car il nous embarque dans son intrigue. Et il ne va pas à la facilité d'un style au présent...

Et les lieux ?
Ok, ça se passe dans le sud, mais personne ne viendrait lui dire "c'est un roman régionaliste !" pas du tout. Sire Cédric décrit des lieux qu'il connait, il les fait vivre, il n'a pas besoin de se dépayser aux states ou ailleurs et l'intrigue est très bonne. Bien sûr, on y parle du diable, mais surtout de sectes, de sociétés secrètes, on bascule vite dans une logique du Trust No One chère à X files et à tous ces films de complot. On se demande qui va trahir, qui est un allié. Il y a encore les influences de ses précédents écrits, mais on sent que l'auteur s'en démarque, à raison... Sans les renier.

J'avoue que je me suis fait avoir à plusieurs reprises.

LES PERSONNAGES SONT BIEN CAMPES
Sire Cédric leur donne un background, m^me si on voudrait en savoir davantage sur certains d'entre eux, parce qu'on est bien dans son roman. Bien si on aime les thrillers efficaces !

Du feu de l'enfer marque donc un tournant dans la carrière d'auteur de Sire Cédric, c'est un roman efficace, visuel, qui mériterait d'être adapté en film ou plutôt en série, parce qu'il y a des pépites en France et celui-ci en est un. Bref lisez le et vous vous régalerez.

PS Bravo Cédric, juste un truc pour le prochain, surprends nous davantage encore, ni tueur en série, ni secte, chiche ?

Tuesday, February 28, 2017

De fièvre et de sang / Sire Cédric

Sire Cédric est un écrivain qui a débuté sa carrière dans le milieu gothique, livrant des contes glauques avant de basculer, il y a quelques années dans le thriller. J'ai eu la chance de publier dans l'emblèmes la route l'un de ses textes sensibles (bon je suis désolé de parler souvent de cet emblèmes, mais ce fut une super expérience d'anthologiste). Depuis Sire Cédric a poursuivi sa carrière brillamment.

De Fièvre et de Sang met en scène l'enquêtrice albinos EVA SVÄRTA et le Commandant Vauvert.
Après avoir mis hors d'état de nuire deux ordures de tueurs en série, véritables bouchers, dans le sud de la France. Les deux flics se retrouvent confrontés à des affaires similaires, un an plus tard sur Paris. Même modus operandi.

Ont-ils laissé échapper un tueur ? Les tueurs en série sont-ils revenus d'entre les morts ?

Bon moi ce que j'aime chez Sire Cédric, c'est qu'il sait instiller un véritable climat dans ses textes. Ici, on plonge d'emblée en pleine action. Les personnages prennent corps, on sent l'odeur du sang... Un style entraînant, des chapitres bien calibrés et on se surprend à se demander si on est en plein thriller ou dans un thriller fantastique.
En tout cas, on veut savoir.
Le passé de son enquêtrice, son caractère tranché la rendent intéressante au possible, idem de Vauvert, flic bourrin, rentre-dedans.
Les pages s'enchainent, les meurtres aussi que rien ne semble pouvoir arrêter tant le tueur a un temps d'avance... C'est une écriture adrénaline et très visuelle, on imagine bien le film que l'on pourrait en tirer. ceci explique sans doute que ce roman ait obtenu le prix cinécinéma frisson et le prix du polar au festival de Cognac !



Franchement, j'ai pris sur mon sommeil pour savoir, même si la fin m'a paru s'étirer un peu en longueur. Cédric, si tu lis cela, j'ai trouvé qu'il y avait un ou deux chapitres de trop... Oui, je sais, je fais mon chieur, mais voilà c'est comme l'histoire du démon à trois sexes dont on ignore le nombre de testicules !!! ;-)

En tout cas, j'avoue, j'ai passé un très agréable moment de lecture . Un très bon thriller fantastique. ET je lirai les autres avec... AVIDITE !!!

SIRE CEDRIC SERA EN DEDICACE A LA RUCHE AUX LIVRES DE WAVRIN PRES DE LILLE LE 4 MARS.
IL SERA AUSSI AU SALON DU POLAR DE LENS...

POUR SON NOUVEAU ROMAN
sûr que j'irai le voir ! :-)

Sunday, November 20, 2016

THALAMUS, Stéphane Gérard

Hélène et Laurent forment un couple heureux, surtout quand ils apprennent qu'ils vont enfin avoir un bébé.
Las, comme un acharnement du sort, Hélène perd l'un des jumeaux, Laurent se révèle atteint d'une tumeur au cerveau...
Et si en fait, tout était lié ?


Je suis fan de Robin Cook, un spécialiste du thriller médical, même si parfois, souvent, toujours, il va très loin dans l'extrapolation..
Après avoir lu le pitch de Thalamus, je me suis dit "pourquoi pas ?" d'autant qu'une bonne critique de Collard figure au verso du livre.Et puis merde il existe des auteurs français qui ont des choses à nous dire et il faut les lire aussi.



Au début, on se croit dans du Barbara Abel, on suit les héros avec un réel plaisir, on s'immisce dans leur vie à Strasbourg. Même si je ne connais pas la ville ou si peu, Stéphane Gérard m'y emmène et ça sonne juste. Pour une fois qu'on va dans l'est !
Tout sonne donc juste, excepté le personnage de Françoise caricatural au possible pendant 3/4 du livre, et de la belle-mère Rose, la vieille bourgeoise imbue d'elle-même. Ok, ça existe les vieilles riches répugnantes, mais là, ça ne passe pas. Un peu de subtilité aurait été bienvenue.
Je ne sais pas mais pour ces personnages, c'est comme pour Nono dans Ulysse 31, les personnages horripilants, je les jette volontiers.

L'histoire suit ses cours, un peu lentement à mon sens.
La santé de Laurent se dégrade, le couple subit.
A la moitié, j'en étais à me dire, je continue ou non ?
Et très vite, on voit où l'auteur désire en venir et c'est dommage.
Parce que le propos de Thalamus est intéressant sur le fond, parce qu'on sent que Stéphane Gérard a fait des recherches sur son sujet, parce qu'il y met ses tripes.

La fin comporte quelques surprises, mais le roman aurait gagné à être élagué, corrigé de quelques coquilles.

Alors si Gérard Collard parle de suspense d'enfer, je ne vois pas où il le voit.
Idem de l'humour. C'est too much.

Ca m'énerve de faire une critique mitigée, mais je préfère être honnête.
Stéphane Gérard sera une plume à suivre, je le pense sincèrement, sans flagornerie et je rappelle que j'en ai publié quelques unes dans l'emblemes la route ainsi que dans le fanzine Horrifique.
Pour un premier roman, c'est correct, d'un bon niveau, c'est un roman qui occulte les exagérations de Robin Cook, un roman qui aurait gagné à aller un peu plus vite mais c'est aussi le boulot de l'éditeur de donner du tempo à un bouquin.

Je lirai donc le suivant avec un intérêt sincère.

Friday, August 12, 2016

MAMAN A TORT, MICHEL BUSSI

Malone raconte des choses étranges au psychologue scolaire.
Il dit que sa maman n'est pas sa vraie maman.
D'ailleurs c'est ce que sa peluche lui répète tous les soirs...
A la longue, le psy le croit et va voir les flics, la commandante Augresse...



Michel Bussi, je ne connaissais pas. Je l'avoue. J'en vois dans toutes les librairies et je me suis dit pourquoi ne pas l'emprunter en médiathèque ?


Disons le d'emblée, ce roman m'a laissé un sentiment mitigé mais en positif. JE m'explique.
Michel Bussi, c'est addictif, on se lit 80 pages comme un rien. Il y a une volonté de construire une intrigue solide et c'est bon. On le rouvre avec plaisir, on a envie de savoir.
Il y a des points très bien amenés sur des persos.

Pourtant dans l'intrigue certains points m'ont moins convaincu.
Malone est vachement développé pour un gamin de son âge. En fait, ce personnage d'enfant m'a moyennement convaincu dans ses réactions etc.
Il y a certains rebondissements qui sont de trop notamment vers la fin sur l'histoire de la mère, des passages qui auraient pu être raccourcis ; d'autres amplifiés.
Dans ce roman, on découvre un site envie de tuer.com qui sous-tend l'intrigue, mais personnellement ça m'a un peu laissé de marbre.
En revanche, il y a certains personnages étoffés, pas forcément la commandante AUGRESSE avec ses rêves d'enfant, plutôt les paumés de l'histoire, Amanda notamment.

Livre lu très vite, MAMAN a TORT ne m'a pas filé la claque à laquelle je m'attendais, mais c'est du bon roman avec un auteur très compétent. J'en lirai d'autres avec plaisir pour voir si j'accroche davantage.

Saturday, October 17, 2015

Juste une ombre, Karine Giebel

Qui est cet homme qui poursuit Cloé ? Qui la traque ? Qui déplace des objets chez elle ? La terrorise ?
Rend ses nuits impossibles ?
Mais existe-t-il vraiment cet homme ?
Cloé ne souffre-t-elle pas d'un traumatisme lié à son passé ?

Et Alexandre Gomez, le flic, dont la femme est en fin de fin, que risque-t-il à courir sur le fil du rasoir ?

Je vous ai déjà parlé de Karine Giebel, cette papesse du thriller... Cette auteur capable de vous faire tourner les pages à un rythme effréné.


Juste une ombre est un roman angoissant, sur la psychose, la paranoïa...
L'héroïne Cloé est une femme qui a réussi dans la vie, fière d'elle, imbue de sa personne.
En parallèle Gomez fut un grand mais il est devenu un loser depuis que sa femme meurt à petits feux...

Bref, Karine Giebel nous offre deux histoires, deux faces opposées de ce qui va devenir une pièce dramatique.
Si je concède à avoir eu un peu de mal à supporter Cloé, je dois relativiser ce propos en disant que peu à peu, l'intrigue s'étoffe, devient prenante, obsédante. On se surprend à prendre sur son sommeil parce qu'on veut savoir.

Il y a cette hésitation entre la folie de Cloé et l'idée qu'elle puisse être réellement traquée.
Comme dans un bon livre de fantastique, c'est amené par petites touches, instillant le doute...

Puis vient le final, grandiose, paroxysme du talent de Karine Giébel qui éclate avec des faits inattendus;
BON SANG, on tient le livre, on se dit non c'est pas ça... et comme dans le grand huit après la montée et la descente, revient la montée.
La fin est juste exceptionnelle... Vous m'avez scotché Madame Giébel !!!

Bon, oui j'ai adoré ce bouquin, c'est un déferlement de peur, d'angoisses, de cauchemar, d'espoir mais la mort n'est jamais loin chez Karine Giébel.


EN DEUX MOTS LISEZ LE !!!!!

Sunday, September 13, 2015

Après la Fin, Barbara Abel

Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de vous dire combien j'avais apprécié DERRIERE LA HAINE de Barbara Abel.


J'ai donc enchaîné avec la suite de ce roman intense APRES LA FIN.

Après la Fin se déroule huit ans après le premier roman.


Attention risque de spoiler """""" Après que Tiphaine et Sylvain aient tué leurs voisins, ils ont obtenu la garde de leur fils Milo"


Mais la maison voisine est de nouveau occupée par une jeune femme en instance de divorce Nora et ses enfants Nassim et Inès...
Et le trouble, la culpabilité peut-être qui sommeillent en Tiphaine, se réveillent.
Peu à peu, Nora et elle vont devenir amies. Mais avec Tiphaine, rien n'est simple, a fortiori quand le mari de Nora se révèle avoir eu connaissance des événements survenus huit ans auparavant.


Brillante, Barbara Abel l'est toujours autant car elle parvient à renouveler son propos. Si le même drame semble vouloir se mettre en place, c'est pour mieux terrifier le lecteur.
Le début est excellent "premier chapitre, élément clef du roman, moment de basculement"
chapitre 2 début de l'histoire...
Jusqu'à renouer avec ce moment clef sur lequel vous ne pourrez que vous perdre en conjectures...

L'histoire se déroule toujours aussi angoissante, décors restreints, personnages ultra-réalistes, moments du quotidien saisis par une auteure de notre époque. Un style toujours aussi efficace simple, fluide, direct et faisant mouche.
On entre dans le quotidien, que dire l'intimité de Sylvain et Tiphaine, dans celle de Nora...

Puis survient le rebondissement fulgurant, dont je ne vous dirai rien, cet enclenchement de la mécanique destructrice et jusqu'au bout Barbara Abel nous tient en haleine.
Mais vers quelle fin va-t-on ?
Qui va l'emporter dans ce déferlement de folie, de violence...


C'est redoutablement bien construit, c'est puissant, c'est de la littérature comme je l'aime, c'est du cinéma, mais du cinéma personnel parce que chacun se bâtira le film. Mais punaise au lieu de nous embêter avec des remakes de films déjà vus, réalisateurs, studios, réveillez-vous, il y a chez cette femme un potentiel extraordinaire, c'est une héritière d'Hitchcock nom de Zeus !
Oui, j'ai adoré, oui j'achèterai certainement les prochains.

En fait, Barbara Abel est avec Karine Giébel et Claire Favan l'une des trois Grâces terrifiantes du thriller francophone...


Wednesday, August 26, 2015

Derrière la Haine, Barbara Abel

Deux couples Tiphaine Sylvain / David Laetitia
Deux enfants Maxime / Milo
Une mitoyenneté
Proximité d'âge, proximité tout court et l'on se met à se fréquenter.
La vie poursuit son cours, entre apéros, repas, anniversaire des enfants, jusqu'au drame, la mort d'un gamin.


La mitoyenneté devient alors une frontière, marquant l'entrée de l'enfer.



Je ne connaissais pas du tout Barbara Abel avant d'avoir lu Derrière la Haine, je n'ai pas d'action chez Press Pocket. Et Pocket n'a certainement pas besoin de moi pour vendre ses livres, mais ce ROMAN fut pour moi une révélation. Une envie de m'immerger davantage dans le genre thriller où les femmes sont excellentes...



Pourquoi Barbara Abel m'a autant emballé ?
Tout simplement parce qu'elle part d'une situation banale à en pleurer. Le voisinage tranquille, l'amitié que l'on pense totale et que, peu à peu, elle y introduit cette dangerosité latente. Au fil des pages, l'intrigue se tisse, pas d'une complexité absolue, mais simplement en faisant émerger un sentiment d'imparable. Vous savez c'est comme la guêpe qui se débat dans un piège où elle vole, vole jusqu'à en mourir. Chez Abel, la dangerosité explose peu à peu, jusqu'à des derniers chapitres où on se retrouve en apnée.
Barbara Abel, ce sont des mots du quotidien, le vécu ordinaire d'une classe moyenne, les manies dans lesquelles on se reconnaît, les mots que l'on a parfois prononcés, les situations qu'on a vécues. C'est pour cette raison principale que le livre fonctionne à plein.

Non, pas cette raison principale. Je crois qu'il y a chez cette romancière un naturel du style. C'est fluide, ça coule de source, c'est un diabolo menthe frais un soir d'été... Les pages s'avalent et les chapitres sont parfaitement construits (je suis jaloux !!!) Je suis resté scotché.


ACHTUNG !!!! Ce livre est le premier, la suite est APRES LA FIN et ne lisez pas la quatrième de couverture sinon vous n'aurez pas d'effet de surprise...


EN RESUME : une de mes grandes découvertes, un livre brillant parce qu'intelligemment construit avec un style qui est très bon, la preuve on ne voit pas l'effort de construction, on s'immerge.

BRAVO

Sunday, August 02, 2015

Glacé / BERNARD MINIER


Un cheval retrouvé suspendu en haut d'un téléphérique. Des meurtres dans une vallée frappée par de lourds secrets. Surplombant ces lieux oppressants, un asile psychiatrique où se trouvent enfermés des psychopathes de la pire espèce, aveux d'une société en pleine désagrégation...



La montagne est un lieu qui inspire nos romanciers de thriller. J'en veux pour preuve Karine Giebel avec son Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Il faut dire que c'est un décor qui renvoie l'homme à sa petitesse, a fortiori lorsque tombe la neige. A sa petitesse et aussi à ses secrets, sa médiocrité parfois.



D'emblée Bernard Minier frappe très fort, des scènes de cauchemar, un décor angoissant à souhait, des personnages tourmentés... Il nous propulse dans cette vallée avec talent... Si le livre est parfois un tantinet longuet, il sait nous obliger à tourner les pages car on veut savoir forcément... Un cheval tué mais pourquoi ? C'est là que l'on reconnait le talent de l'auteur. Nous inciter à continuer, à vouloir connaître la vérité tel les enquêteurs. NOUS IMMERGER;

Autant le reste de l'intrigue est plutôt banal voire déjà vu (j'ai entrevu assez vite les tenants et les aboutissants des meurtres d'humains), autant il y a chez Minier un vrai sens du propos. En effet, l'asile isolé est une métaphore d'une société incapable de guérir ses maux et cherchant à les cacher. C'est de ce point de vue qu'il m'a vraiment séduit, parce que Bernard Minier raconte avec un contexte sociétal et ça, c'est extraordinaire.

Le choix des noms des protagonistes M Monde, Perrault, Grimm m'a interpellé. Symbolique, envie de leurrer le lecteur ?

Sur la fin, le roman s'emballe et bascule dans l'action.
C'est visuellement efficace, on rêve d'une transposition cinématographique.

Au final, Glacé est un thriller qui souffre de quelques longueurs, mais qui va au delà de l'enquête pour nous livrer les constats de son auteur et de ce point de vue, il vaut la peine d'être découvert.



Sunday, June 28, 2015

LE LABEL N ATELIER MOSESU

Mon premier polar /thriller est sorti en décembre 2013 à l'atelier MOSESU
Une aventure de Luc Mandoline, ex légionnaire devenu thanatopracteur pour retrouver un peu de sérénité...

Ce bouquin vit toujours car sur tous les salons que je peux faire, il connaît un certain succès.
C'est ce livre qui m'a donné envie de basculer vers le genre noir après m'être trop longtemps cantonné au fantastique

Cette semaine, DEUX AVIS POSITIFS DE LECTEURS que je reproduis (les avis, pas les lecteurs !)


Le Label N de Jess Kaan,
Une nouvelle aventure de Luc Mandoline, allias L'Embaumeur. Que dire de ce livre sinon que j'ai aimé, beaucoup même !
Tout y est : le suspens, la noirceur, le glauque, la peur, l'humour aussi .... J'ai retrouvé avec bonheur Luc Mandoline et son franc parler au travers de la plume de Jess Kaan, auteur que je ne connaissais pas mais qui vaut à être connu !
De plus, j'étais en terrain connu puisque l'histoire se passe chez moi dans le Pas-de-Calais.
J'ai passé un bon, très bon moment de lecture avec Le Label N ....
Je n'en resterais pas là avec cet auteur, je vous le dis ..


aUTRE AVIS

Je viens de terminer l embaumeur j étais à fond dedans
Quand j'avais fini un chapitre j'avais envie d'attaquer le suivant



VOUS VOYEZ c'est aussi pour ça que l'on écrit !!!




vous voulez le commander
ALORS SOIT VOUS PASSEZ PAR L EDITEUR HISTOIRE DE L ENCOURAGER ET CA SE PASSE LA

SOIT VOUS ASSEZ SUR AMAZON

Friday, June 12, 2015

CODE 93 OLIVIER NOREK

Des meurtres qui ont tout pour frapper l'imagination collective et susciter l'intérêt de la presse, toujours prompte à honorer les criminels les plus vils... Et voilà le capitaine Coste du SDPJ 93 plongé dans une nouvelle affaire glauque. Déjà que ce n'est pas le boulot qui manque en Seine Saint Denis.
Entre gestion de l'équipe, problèmes personnels et pressions politiques, le flic va-t-il surmonter ses propres démons pour vaincre ce meurtrier ? D'autant qu'à chacun de ces meurtres, une mystérieuse missive accompagné de la mention CODE 93 lui parvient.

Olivier Norek me fait penser à Michel Vigneron. Ce sont des flics, ils dépeignent une réalité glauque, sans fioritures, la fange où parfois ils doivent patauger pour résoudre le genre de crimes que les experts ne vous montreront jamais. Ce que toutes les statistiques dissimulent. Ce qu'il raconte c'est une histoire à hauteur d'homme, pas des supers flics, mais des gars confrontés à la dureté du métier, de ce contact prolongé avec une société en pleine déstructuration, des gars abandonnés par une vraie volonté politique... Des gars qui parfois sombrent. Divorce, suicide, un quotidien pour ceux au contact du public.




Dès le départ, l'intrigue est prometteuse, mais au risque de me faire allumer, je trouve les premiers chapitres beaucoup trop courts, on n'a pas vraiment le temps de s'immerger. Basculement, changement de point de vue, le roman ne prend pas le temps de s'installer... Ce n'est qu'ensuite vers le milieu à mon sens que M Norek, trouve son rythme de croisière. L'histoire du complot sur laquelle je ne développerai pas pour ne pas spoiler est passionnante et les sous-entendus... Quant à la réalité dépeinte, je me doute bien qu'elle est certainement édulcorée par rapport à la réalité (je pense à ce camé qui vole le mobilier de sa mère pour payer sa dose, qui livre sa copine à un proxénète pour une solde sur l'héroïne..)
Arrivé au milieu du livre, on le dévore, on veut savoir quel lien unit ces différents meurtres et le potentiel de Olivier Norek explose enfin. Sexe, trahison, complot, politique... C'est brillant, bien amené.

Jusqu'à une fin inattendue...


Bref un très bon livre, je ne dirai pas excellent (pas encore), mais ce n'est qu'une question de temps car il s'agit d'un premier roman. Offrir le chapitre 1 du nouveau TERRITOIRES est une bonne idée.
D'autant que ce début est brillant...


Bon en résumé OLIVIER NOREK va gagner à être suivi dans les prochaines années, avec CODE 93 il nous offre une immersion dans un service de police sur un territoire très difficile. Lisez le sans hésitation.
BRAVO.

Tuesday, June 09, 2015

Dédicace Béthune Furet du Nord

je serai en dédicace le samedi 13 juin 2015 de 15h à 18h au furet du Nord de Béthune.
J'y dédicacerai surtout FISSURES NOIRES, mais aussi quelques Label N