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Monday, December 20, 2021

A mort le chat... Jérémy Bouquin, editions Lajouanie

Faites leur bouffer des OGM... C'est la dernière mission confiée à un lobbyiste côté... Sauf que ce mec fonctionne à la dope, aux cachetons, à l'alcool, à la baise sauvage. En plus il est parisien et a un super carnet d'adresses, de quoi vous faire une belle brochettes de salopards. Dans ces conditions, la réalité est déformée ! Je n'avais jamais lu de livre de Jérémy Bouquin jusqu'à présent. Eh bien quelle erreur ! Vous avez envie de cynisme, de férocité, de colère, d'une écriture sous amphets ? Vous voulez voir un héros complètement frappadingue, vous avez le coeur bien accroché ? Parce que ça charcle... Ah et enfin vous aimez le tuning de flingue ? Et des balles qui vont avec ? Foncez ! Bouquin est fou, mais dans le bon sens du terme. Il met des tripes dans son livre. Pas de fioriture, un héros qui est une belle ordure, mais qui représente si bien notre société. Pas de complaisance chez l'auteur, pas de naïveté, l'action se déroule à 300 à l'heure. Y a des "putain", des gros mots, des filles faciles, des ordures. Un chat qui cause. Ce bouquin est purement jouissif, c'est du roman noir mais pas que. J'ai envie de dire que l'auteur prend son pied à écrire et que nous, lecteurs, sommes happés dans son sillage. On se demande comment son personnage va évoluer au fil de sa descente aux enfers. Pensez donc un parigot pur jus qui se retrouve à la cambrousse. Si je vais râler sur des fautes d'orthographe malvenues, je me dis que comme vous allez vous ruer ce livre par centaines parce que vous avez bon goût, les prochaines éditions seront au top. Putain ce que c'était bon ce bouquin.
et tu le trouves où ce livre ? ici notamment LAJOUANIE EDITIONS

Sunday, February 24, 2019

RAFALE / MARC FALVO / LAJOUANIE EDITIONS

Marc Falvo est un auteur du Nord qui a publié sous divers pseudo, ce qui fait que l'animal auteur est dur à traquer
On le connait comme Stan Kurtz, Bob Slasher....



Rafale, c'est l'histoire de Gabriel Sacco, homme de main d'un truand dans une cité de province. Un truand vieux de la vieille qui ne tiendrait pas face à des petits motivés... Sacco a une maitresse, il a perdu le contact avec sa gamine, ce n'est pas un intello, juste un mec ordinaire qui a conscience de ce qu'il est... Jusqu'au jour où le petit ami de sa fille disparaît...


Ce qui m'a attiré dans ce roman, c'est d'abord la couverture superbe, ambiance garantie.
Rafale, ce n'est pas une histoire avec un serial killer adepte de la mécanique quantique et des livres des prophètes; Rafale, c'est un roman plus simple, réaliste qui ferait une bonne adaptation en telefilm.

D'abord, il est écrit à la seconde personne du singulier, ce Qui surprend, mais qui marche carrément bien.
C'est ensuite un roman simple, populaire dans le sens noble, avec son langage, ses codes, avec des images qui percutent, des persos hauts en couleur (ah le croco, on se demande qui peut être ce mec un peu vicelard sur les bords ?) une galerie de personnages qu'on verrait bien dans le parrain, mais un parrain moins grandiloquent, un milieu assez glauque où on survit plus qu'on ne vit.
Et puis il y a ce antihéros de Gabriel à qui il arrive toutes les merdes possibles, qui essaie de bien faire, pour se retrouver sur le bord de la route souvent. Un personnage sympathique malgré ses antécédents, un personnage en quête de rédemption, de rachat, de changement...
Sauf que dans le milieu, on suit les ordres et basta...

Des rebondissements, du roman noir, ambiance femmes fatales, magouilles et mec pas très fute fute avec de la classe... Rafale, c'est un roman qui fait du bien dans la production actuelle, justement parce qu'il ne se prend pas la tête, parce que l'auteur a pris un panard à l'écrire, parce qu'il le communique ce plaisir.
Dévoré dans le train entre Arras et Lyon, je vous recommande vivement ce livre pour vous changer de la masse... Parce qu'uen histoire c'est surtout et avant tout du plaisir de vivre différemment...


ET POUR LE COMMANDER ?
ben allez là

Friday, March 11, 2016

Satan était un Ange, Karine Giebel

D'un côté, François, avocat atteint d'une tumeur cérébrale incurable.
Une vie foudroyée en pleine gloire, en pleine quête de valeurs d'un siècle qui se cherche, c'est à dire un homme persuadé jusqu'ici que la vacuité ambiante est la norme.

De l'autre, Paul, un jeune homme qui trimballe un passé lourd comme le plomb...
Un jeune homme qui fuit, mais quoi ? Qui ?


Il est des romans qui vous touchent parce qu'à un instant T de votre vie, ils vous frappent au coeur.

Le cancer, une maladie si répandue, si commune et pourtant toujours destructrice... Avec des diagnostics très variables.
Karine Giebel a choisi de mettre en scène un homme qui sait qu'il va mourir, qui réalise soudain combien la vie ce n'est pas que le fric et la gloire... Mais lorsqu'on réalise, c'est souvent parce qu'il est trop tard. Parce qu'on n'a plus que les larmes à verser... Et la colère contre soi même. Contre ce que l'on a loupé.

Un soir, François, qui va il ne sait trop où, embarque Paul un paumé et peu à peu un étrange lien se tisse entre ces deux êtres que rien n'aurait dû réunir. Un lien de violence, de meurtres car on est chez la Maîtresse du Thriller.



A l'inverse de ses autres ouvrages très violents, Satan était un Ange est un livre qui vous parle à l'âme. Bien sûr, il y a les péripéties, le parcours sanglant de Paul, mais à côté, il y a cette mise en abime avec François. François qui rachète, qui sauve, qui après avoir été un représentant voire le parangon d'un système merdique (je simplifie à l'extrême), devient un phare pour un gamin paumé.

Toute la force de Satan était un ange réside dans ce lien unissant les protagonistes, dans l'authenticité des réactions de François face à la maladie, à ses symptômes... Colère, rancoeur, dépit.

Quant à Paul, c'est la représentation de la jeunesse pervertie par notre société, gavée de fric, de facilité, réagissant aux coups de la vie... Servant un système qui l'a asservi.

Le roman est brillant, un style épuré, des rebondissements comme il en faut.
Mais avec Karine Giebel, on se retrouve devant une technicité invisible (j'entends par là que l'auteur utilise d'artifices que vous ne voyez pas venir et qui vous transporte)

En résumé, Satan était un ange est un roman à part dans l'oeuvre de Karine Giebel, un roman brillant car teinté d'une humanité authentique. Un roman qui parle d'espoir lorsqu'il n'y en a plus.