Sunday, February 07, 2021

La délinquance des jeunes, les 13/19 ans racontent leurs délits, Sébastian Roché

Demander à des jeunes gens s'ils ont participé à des délits, les laisser répondre librement, sans les juger : c'est avoir un instantané de cette criminalité qui pourrit la vie de nos concitoyens. Dans cet ouvrage le sociologue Sébastian Roché ne va pas se faire dogmatique. Il va analyser, mettre le doigt sur certains faits frappants. Exploiter les données de cette enquête de terrain. Très vite, les chocs vont se faire ressentir : Et d'une 5 % des délinquants concentrent la majorité des délits. Un choc, on peut parler d'hyperactivité, on peut en chercher les raisons liées à la pauvreté ou à l'origine ethnique, mais M Roché renvoie vite dans les cordes, ces politiciens arguant de leur idéologie pour justifier le monde. La mollesse face à la délinquance (vous voyez quelqu'un dégrader, vous ne réagissez pas, l'absence de réponse du système) favorise un endurcissement. L'absence de supervision des parents en rajoute. Y a -t-il une délinquance d'origine maghrébine ? Oui hélas, elle est le fait d'une minorité, souvent couverte par d'autres, mais cette délinquance retentit sur toute la communauté. L'ignorer c'est passer à côté des causes, favoriser cette installation de la délinquance sur le long terme. Les juges sont débordés et pourtant ils ne connaissent qu'une infime partie des faits à juger, beaucoup sont classés sans suite, quand enquête il y a. Troisième choc de cet ouvrage paru en 2001.
Vous l'aurez compris, Sébastian Roché devrait être lu par les politiciens toujours dans l'instantané. En attendant, cet ouvrage a peut-être vieilli mais les récentes affaires mettant en exergue des MNA font basculer la délinquance des jeunes, celle-ci semble durablement installée, peut-on encore la combattre ? Et comment ?

Wednesday, January 27, 2021

Les magistrats sur le divan de DOMINIQUE VERDEILHAN

Après l'exploration du métier de flic, un détour par celui de juge... Soyons clairs, lorsque j'ai pris ce livre à la bibliothèque je n'avais pas un a priori favorable sur cette profession. J'ai beau avoir fait droit, je ne suis pas dupe de l'état de la société et de sa mollesse à réagir devant les criminels. surtout les multirécidivistes et les auteurs d'incivilités qui pourrissent la vie de leur cité; Dominique Verdeilhan est allé à la rencontre de procureurs, magistrats, juges pour enfants et il a mené une sérieu d'entretiens avec des professionnels plus ou moins connus... On y rencontre des femmes et des hommes confrontés à la solitude du métier et à la violence, la déliquescence de la société. Et surtout un état qui entend éviter l'incarcération, appliquant en cela le droit européen (hm) Ce sont des rencontres touchantes, bouleversantes, éclairantes. Entre les magistrats menacés dans certains tribunaux près de zones de non droits, ceux confrontés à des affaires d'une violence extrême qui ferait passer un roman de Karine Giebel ou de Claire Favan pour de l'amusette (des enfants brûlés, la tête fracassée et autres), on retrouve certains faits divers marquants (le fiasco Gregory, l'ogre Fourniret , les attentats de 2015 que l'on a trop tendance à remiser comme de l'histoire, quand certains sont entrés les premiers pour voir les corps étalés...) Verdeilhan trouve toujours un angle d'approche intéressant et on se prend à dévorer ce livre. Mon a priori est amoindri, nos juges sont les exécutants d'un état qui se décharge sur ses fonctionnaires de ses manques, les jetant en pâture aux masses. Dommage que l'on n'ait pas abordé la fameuse affaire du mur des cons... Un livre à découvrir, une profession indispensable, des femmes et des hommes au contact de la fange sociale... LECTURE PLUS QUE RECOMMANDEE