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Saturday, March 12, 2022

Alger, la noire de Maurice Attia

Elle s'appelait Estelle, il se nommait Mouloud. Ils étaient jeunes, avaient la vie devant eux. Tous deux ont été abattus et on a retrouvé leur corps sur la plage de Padovani. Sauf qu'en cette année 1962, en Algérie, les morts se comptent par dizaines. Pourtant Paco Martinez voudrait retrouver leurs assassins, mais ne va-t-il pas basculer dans une spirale d'où il ne ressortira pas indemne ?
Ce roman de Maurice Attia nous plonge dans un monde qui se meurt. L'Algérie se prépare à son indépendance et les pieds-noirs se préparent à partir ou basculent dans l'action violente. Choisir son camp, ne pas parler à tort et à travers deviennent impératifs... Le quotidien ne comporte plus de certitudes et enquêter devient bien secondaire quand les bombes explosent, que les exécutions se multiplient, que les communautés se déchirent... Alger la Noire, c'est l'occasion de se pencher sur une période historique assez peu étudiée à l'école au final. La radicalisation des uns, la violence qui répond à la violence, le divorce consommé entre des communautés qui se côtoyaient, le retour difficile en métropole, servent de toile de fond à cette enquête où Martinez va beaucoup donner, sacrifier... Un roman à hauteur d'hommes, mais d'hommes emportés par la grande Histoire.

Monday, December 20, 2021

A mort le chat... Jérémy Bouquin, editions Lajouanie

Faites leur bouffer des OGM... C'est la dernière mission confiée à un lobbyiste côté... Sauf que ce mec fonctionne à la dope, aux cachetons, à l'alcool, à la baise sauvage. En plus il est parisien et a un super carnet d'adresses, de quoi vous faire une belle brochettes de salopards. Dans ces conditions, la réalité est déformée ! Je n'avais jamais lu de livre de Jérémy Bouquin jusqu'à présent. Eh bien quelle erreur ! Vous avez envie de cynisme, de férocité, de colère, d'une écriture sous amphets ? Vous voulez voir un héros complètement frappadingue, vous avez le coeur bien accroché ? Parce que ça charcle... Ah et enfin vous aimez le tuning de flingue ? Et des balles qui vont avec ? Foncez ! Bouquin est fou, mais dans le bon sens du terme. Il met des tripes dans son livre. Pas de fioriture, un héros qui est une belle ordure, mais qui représente si bien notre société. Pas de complaisance chez l'auteur, pas de naïveté, l'action se déroule à 300 à l'heure. Y a des "putain", des gros mots, des filles faciles, des ordures. Un chat qui cause. Ce bouquin est purement jouissif, c'est du roman noir mais pas que. J'ai envie de dire que l'auteur prend son pied à écrire et que nous, lecteurs, sommes happés dans son sillage. On se demande comment son personnage va évoluer au fil de sa descente aux enfers. Pensez donc un parigot pur jus qui se retrouve à la cambrousse. Si je vais râler sur des fautes d'orthographe malvenues, je me dis que comme vous allez vous ruer ce livre par centaines parce que vous avez bon goût, les prochaines éditions seront au top. Putain ce que c'était bon ce bouquin.
et tu le trouves où ce livre ? ici notamment LAJOUANIE EDITIONS

Thursday, April 02, 2020

Un charmant petit village, Jean-Michel Lecocq, Lajouanie editions

Villecroze un charmant village du sud de la France, avec ses bars, ses joueurs de pétanque…
Dommage qu’un double suicide soit venu ternir l’ambiance.
Mais s’agit-il d’un double suicide ?
Le commissaire Théo Payardelle est dépêché sur place pour voir s’il n’y aurait pas anguille sous roche…



Jean Michel Lecocq nous emmène dans ce petit village qui n’est pas aussi calme que l’on pourrait le croire en apparence. Comme dans toute communauté humaine il y a des frictions, des rancoeurs… C’est lentement, par petite touches qu’il nous invite à Villecroze.
Par l’entremise de sa plume alerte et entrainante, nous nous y installons, en y savourant une certaine douceur qui fait du bien. On aurait envie de goûter aux plats qu’il décrit. D'ailleurs, on les hume, on s'en régale...

Une galerie de personnages intéressants, un style vif, l’auteur nous ravit aussi en nous envoyant sur de fausses pistes. Les rebondissements se multiplient, on échafaude des théories. On se surprend à enquêter à la place de Payardelle, à vouloir imbriquer les pièces du puzzle…



Pour faire simple, je dirai que ce charmant petit village a su m’enthousiasmer. Loin des thrillers à 3000 à l’heure, voilà un roman policier plus que sympathique qui implique le lecteur et met sa sagacité à l’épreuve.

Friday, February 17, 2017

Saturday, June 25, 2016

une librairie = un peu de culture / un peu de culture = moins de barbarie et plus de dialogues


Aujourd'hui, pas de chronique, juste des annonces pour des librairies qui ont besoin de vous


LA PREMIERE SOLEIL VERT SE TROUVE DANS LE SUD
Elle est à vendre, je vous copie l'annonce parue sur le bon coin

A vendre en fonds de commerce ou en société (conseillée si maintien de l’activité libraire)

Petite librairie indépendante de 20m² située en cœur du village de Calvisson, en Vaunage, à 15min de Nîmes, 10 min de Sommières et 40 min de Montpellier.
Librairie actuellement spécialisée en littérature populaire neufs et occasions (polar, science-fiction, BD, jeunesse) implantée il y a 8 ans. Possède aussi un rayon jeux. Rayon test : jeux vidéo en dépôt-vente.

Clientèle fidèle. Marché médiathèque de Calvisson et collaboration avec les médiathèques de la Communauté de Communes de Sommières et du Collège de Calvisson.
Loyer de 200€/mois (bail jusqu’au 01/11/2017)
Charges : très faibles
Logiciel utilisé : TMIC (sans maintenance)
Pas d'employé(e)
Accompagnement possible

Le charme de la librairie de village, peu d'espace mais optimisé sans être surchargé.
La librairie est l'un des deux pôles culturels de Calvisson (avec la médiathèque). Le choix de la spécialisation a permis de fidéliser très vite les amateurs mais nous commandons tout type de livres.
Rayons forts en magasin : Polar, jeunesse et occasion
Rayons cycliques : jeux, BD et SF
Organisation de rencontres, dédicaces et tables rondes, sur place (un mobilier central mobile permet d'agrandir l'espace) ou à la médiathèque de Calvisson.
De nombreux leviers de développement car village en expansion et dynamique commerciale locale en recrudescence avec l’arrivée de nouveaux commerces
o Surface : Vente : 20 m²
o C.A. : environ 40000€ (hors salons évènementiels, qui ne sont pas forcément reconduits) Chiffre d'affaire bas mais très grosse marge, pour une petite librairie grâce à l'occasion (38.8%)
o Prix du stock : en changement permanent selon saisonnalité
o Prix de vente (hors stock) : 15000€

l'annonce est


la seconde librairie se trouve dans le Nord
Elle s'appelle Humeurs noires, elle est spécialisée dans les genres noirs comme son nom l'indique, mais des merdes survenus avec un artisan, la mettent en péril.
Vous pouvez la soutenir via une campAgne de collecte de fonds.
IL reste 1 SEMAINE ET iL FAUT ENCORE TROUVER PRes DE 3 0000 EUROS
LE LIEN EST LA

Tuesday, June 09, 2015

Dédicace Béthune Furet du Nord

je serai en dédicace le samedi 13 juin 2015 de 15h à 18h au furet du Nord de Béthune.
J'y dédicacerai surtout FISSURES NOIRES, mais aussi quelques Label N

Thursday, February 05, 2015

SALON DE NOEUX LES MINES

CE DIMANCHE 8 FEVRIER, venez nous retrouver à la salle GEORGES BRASSENS DE NOEUX LES MINES POUR LE PREMIER SALON DU POLAR.... DE 10H A 18H30...


on y dedicacera l'antho silencieuse et perfide...

Tuesday, October 28, 2014

PURGATOIRE DES INNOCENTS / KARINE GIEBEL

Résumé



Un casse qui tourne mal, un braqueur blessé, la nécessité de fuir.
Une vétérinaire à la campagne, idéale pour se faire soigner. Disparaître ensuite avec les diamants, un plan simple.
Un pédophile qui traque ses victimes et les kidnappe pour mieux en disposer.
Une femme qui, menacée par des criminels, attend le retour de son mari parti chasser...


Karine Giebel nous offre avec Purgatoire des Innocents, un roman qui reprend les codes du roman noir - personnages de braqueur, monstre sanguinaire représenté par le pédophile-, mais ce qui aurait pu être une histoire banale, se trouve transcendé grâce au TALENT de la romancière. En effet, celle-ci sait insuffler à ses écrits une vie et une efficacité redoutable.

Dans un style sans fioritures inutiles, elle nous fait pénétrer peu à peu dans la vie des frères Orgione et de leurs complices, mais aussi de Sandra cette vétérinaire prise en otage. L'horreur et le huis clos éclosent peu à peu, tandis qu'un mystérieux pédophile part chasser la gamine.

Purgatoire des Innocents fonctionne car c'est un roman sans temps mort, avec des rebondissements à la pelle, rebondissements qui vous font dire "non elle ne va pas faire ça !".
Plus d'une fois, je suis resté scotché. Ajouté à ces retournements de situation, des chapitres courts, flash backs sur la vie des braqueurs, et vous pénétrez peu à peu dans l'intimité de ces protagonistes. Je n'écris pas héros volontairement car au début, les frères sont de vulgaires criminels qui prennent une femme seule en otage : de parfaites ordures quoi !
Pourtant, peu à peu Karine Giebel fait basculer la situation et parvient à susciter l'empathie, non pas pour des salauds de voleurs, mais pour des hommes et des femmes pris au piège d'un engrenage fatal.
Le roman vous happe, vous secoue, vous tétanise, c'est bon, même très bon !
Giebel fait mouche parce qu'elle ne se disperse pas, parce que son histoire vous touche, vous affecte. Parce que peu à peu vous vous identifiez aux héros. Parce que d'un bout à l'autre vous voulez savoir.

Alors oui c'est glauque sur le fond, il y a chez Karine Giebel des similitudes avec Michel Vigneron, lorsqu'ils évoquent ces ordures de pédophile
(cf le Puits de La Perversion
) , mais il n'y a pas de scènes inutiles ou voyeuristes. Juste une histoire qui avance avec ses horreurs, ses espoirs...

Puis survient le dénouement, dont je ne vous dirai rien... Sinon que l'épilogue n'est pas de trop et qu'il m'a serré la gorge.

Avec Purgatoire des Innocents, Karine Giebel offre aux lecteurs une immersion dans le THRILLER INTENSE. Si j'ai longtemps émis quelques réserves sur l'écriture féminine (on va me traiter de misogyne, mais je m'en cogne, vous savez comment je suis) car y transparait souvent une sensibilité qui ne me touche pas voire m'agace, l'impression de flotter dans l'éther, Karine Giebel a une écriture puissante et prenante, ni masculine, ni féminine. Donc aujourd'hui je ne peux vous dire qu'un truc : AVEC PURGATOIRE DES INNOCENTS ET SON ECRITURE, Karine Giebel démontre qu'elle a du talent et basta. BRAVO MAITRE !
(image tirée du site de Karine Giebel... Je n'ai pas trouvé les copyrights... Mais si vous les avez)

son site

Saturday, August 23, 2014

focus sur un éditeur éclectique (zombies, vampires, polar, dirty harry au féminin)

Bonjour

c'est l'été et bientôt la reprise, mais je voulais faire un rapide papier sur l'un de mes éditeurs / l'Atelier mosesu.
Méritant, bataillant, oeuvrant dans un contexte difficile, l'atelier est un petit éditeur (tirage de 500 à 3000 Exs) qui produit un travail de grande qualité.

L'atelier a su se diversifier, passant du policier au fantastique.

Avec un boss thanatopracteur, l'atelier propose d'abord la série de l'embaumeur - 6 romans à ce jour.
Le héros en est Luc Mandoline. Le principe de la série ? Comme le Poulpe, un auteur différent à chaque opus, ce qui vous donne des textes allant du polar pur et dur au polar déjanté, humoristique.
(Pajot, Vigneron, Fossey, GILLIO, Kaan (c'est moi))


Vous trouverez ensuite des ouvrages mettant en scène la panthère, sorte d'inspecteur Harry au féminin.
Mais également des ouvrages à but caritatif. (santé, irradié)

Et récemment, l'atelier s'est installé dans le fantastique avec la série des Vuk de JL BIZIEN
Mais également des Orcus Morrigan, une histoire de zombie...

Maintenant, soyez curieux, allez jeter un oeil sur le site, commandez leur des bouquins sans frais de port (enfin 1c), parlez en s'ils vous bottent...

le site est là

Friday, December 28, 2012

INCURSION EN POLAR

Drôle de novembre décembre où j'ai délaissé mon genre de prédilection : le genre imaginaire. Peut-être par lassitude et aussi parce que la fantasy m'a gavé...

Ce bimestre : une incursion en polarie


Commençons avec PREDATEURS DE CHATTAM qui est l'un des maillons de son cycle de la vérité (avec le très bon la théorie Gaïa et le moins convainquant à mon avis Les Arcanes du Chaos.)



L'histoire, un conflit qui ne sera jamais nommé, un tueur qui met en scène ses exécutions et un flic de la Police Militaire bien décidé à l'arrêter jusque sur le champ de bataille. Dans l'enfer des tranchées, de la mitraille, l'enquête se déroule entre meurtres sauvages, manipulations, fausses pistes... Exécutions des enquêteurs par un tueur retors qui sait que dans l'armée on est frères d'armes avant tout. Un tueur qui sait que l'on peut compter sur la proximité avec les autres.
C'est emporté, mais j'ai eu du mal à rentrer dans cet univers où le conflit n'est pas nommé (je sais c'est du détail, la guerre est la guerre, mais là ça m'a un peu bloqué). Les premiers meurtres sont mis en scène de manière cinématographique et l'on retrouve le Maxime Chattam de la trilogie du Mal puis l'on voit arriver quelques revirements... Jusqu'au dénouement avec un tueur un brin philosophe qui m'a agacé... Un peu mitigé sur ce roman.

Vient ensuite HARPICIDE de Michel Vigneron que j'aurais peut être eu comme collègue si j'avais réussi le concours de la Police. :-)


Alors là, nous entrons dans le premier tome de la série l'Embaumeur initié par l'Atelier Mosesu. Après un passage par la Légion, Luc Mandoline est devenu Thanatopracteur, il officie aux quatre coins du monde car il déteste s'installer. Dans ce premier opus, il se rend en Guyane pour enquêter sur la mort d'un frère d'arme. Disons le d'emblée, le ton est posé. Mandoline est un type efficace dans tous les sens du terme, il ne s'embarrasse pas de morale. Le langage est cru parfois, la réalité dépeinte l'est tout autant et elle est terrifiante, certaines scènes sont hyper hard. Vigneron qui bosse en Guyane nous dépeint un nouveau far west pillé par des Brésiliens exploités par des types sans foi ni loi, un far west où les populations locales sont empoisonnées par les orpailleurs illégaux à coup de substances rejetées dans les nappes phréatiques, un morceau de France sur laquelle la France n'a guère de prise et dont elle paraît se fiche alors qu'il s'agit d'un paradis écologique... Aidé de son frère d'arme Sullivan et flanqué d'Elisa, sa meilleure amie, Luc Mandoline va s'enfoncer dans l'enfer vert, cette jungle qui bouffe les corps. On sent le poisseux, on sent la sueur, mais on ne sort pas indemne de cette lecture. Il a placé haut la barre le père Vigneron, j'ai intérêt à bosser commun un malade sur mon opus... Sans flagornerie aucune, disons le clairement HARPICIDE VAUT LE DETOUR. J'ai même envie de dire qu'il est trop court. Hâte de lire les prochains tomes. Mandoline un héros récurrent à découvrir absolument !


DERNIER ROMAN LU : VERJAT et l'Affaire JC DE Valéry G. Coquant aux Editions Saint Martin.

Pareil une lecture qui file entre les pattes.
JC était un éditeur qui osait attaquer le politiquement correct. Bon évidemment, lorsqu'on le retrouve le crâne fracassé, les pistes ne manquent pas. Verjat est un flic devenu pragmatique avec le temps, un flic qui ne s'illusionne plus sur le monde qui l'entoure... Un flic qui sait qu'un fonctionnaire de police peut être plus facilement muté qu'un élu corrompu rejeté du monde politique par ses ouailles (vous y penserez n'est ce pas ?)... Bref Verjat va partir à la pêche aux indices. Et les pistes ne vont pas manquer, d'abord ce type clairement identifié... puis... Valéry G. Coquant est un auteur habile qui nous embringue dans différentes intrigues avec une culture impressionnante, mais aussi et surtout -j'en ai l'impression tout au moins - un homme en colère : cela se sent et il balance. Ras le bol de ces apparences, de ces illusions, du culte de la médiocrité... Le monde de l'édition, des bobos en prend pour son grade et ça fait du bien ! Et que dire des politiques locaux de Tourbaix,dans la proche banlieue de Lille ? On jubile , on savoure, on se délecte. Le temps du roman, on devient Verjat. Je crois que c'est le plus grand compliment que l'on peut faire à Coquant, à Vigneron.

Les gars, l'empathie pour le héros et le regret de poser le livre, rien d'autre ne compte...
Bon boulot.