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Thursday, November 15, 2018

le festin du serpent, Ghislain Gilberti

An-Naziate est un groupe terroriste islamiste nomade qui sème la mort en Europe.
Dernière cible en date : Paris.
Pour le traquer, Ange-Marie Barthélémy surnommé l'archange, une sommité dans l'antiterrorisme.

Cécile Sanchez est une flic brillante, capable d'esquisser le portrait psychologique d'un tueur à partir d'une scène de crimes. Elle est celle que l'on appelle lorsque les investigations n'avancent plus.
Depuis quelques temps, elle traque un serial killer qui éviscère ses victimes originaires du Moyen Orient.


Avec Ghislain Gilberti, vous embarquez pour de la littérature adrénaline, ce style efficace où vous vous retrouvez sur le fil du rasoir d'un bout à l'autre, où vous tournez les pages parce que vous crevez d'envie de savoir.

Dès la première scène, celle de l'attentat, on est happés dans le quotidien de ces tueurs, mais aussi de leurs traqueurs. C'est efficace, percutant, visuellement très parlant.

Gilberti a ensuite créé deux personnages exceptionnels. D'un côté Sanchez cette flic qui a sacrifié sa vie personnelle pour mener ses investigations. Par l'observation,par la psychologie, elle se révèle une enquêtrice hors pair, ce qui ne l'empêche pas de défendre son équipe au passage.

De l'autre côté, l'Archange, personnage marqué par la vie et assez taciturne.
Je lui reprocherai juste son côte politiquement correct dès qu'une réflexion misogyne ou raciste affleure, comme s'il fallait que le héros soit absolument blanc comme neige. Et pourtant, il se montre parfois salaud notamment avec sa taupe infiltrée dans ce groupuscule terroriste.

Le festin du serpent fonctionne car l'intrigue comporte son lot de rebondissements, de situations tendues.
J'ai repensé à un certain moment de Boulogne K, de Michel Vigneron, parce qu'avec Gilberti, on n'est pas dans la série américaine toute lisse non plus. Il y a des morts, des blessés, des gueules cassées ai-je envie de dire, du dommage collatéral dès lors que des ordures détournent le message religieux.
Il y a un truc dans son bouquin, un truc exceptionnel, le suspens et aussi un message de tolérance curieusement.


ce livre a valu à l'auteur d'être agressé, preuve que ceux qui l'ont attaqué ne l'ont pas lu ou qu'ils cautionnent l'extrémisme.

Pour moi, ce roman de Gilberti est un très bon roman et on ne peut que déplorer que le cinéma ne s'y soit pas intéressé, parce qu'il y a une patte, une patte de maître du polar, de la narration.
bravo









Friday, July 14, 2017

Les 400 coups du Kronprinz, Jacques Thelen

Trois restaurateurs assassinés sur la côte picarde, peut-être guillotinés et Clemenceau entre dans une colère folle.
Et s'il s'agissait d'un complot visant à protester contre la non application de la peine capitale par le président Fallières...?
Une seule solution : dépêcher sur place un excellent flic Lemercier, une aide précieuse pour ce policier Deibler : le bourreau.
Et pendant ce temps, désireux de chasser autant les proies que la gente féminine, le fils du Kaiser a décidé de prendre quelques jours de vacances sur place.

Je ne sais pas ce que vous attendez lorsque vous plongez dans un livre. Moi j'attends d'être entraîné, happé, et si j'y apprends quelque chose je suis ravi.

Eh bien les 400 coups du Kronprinz, c'est tout ça à la fois !!! UN ROMAN DYNAMIQUE / TRUCULENT / DEPAYSANT

Dans une mise en scène excellente, servi par des dialogues truculents (oui je me répète, mais ce mot c'est le dynamisme français, la richesse de notre langue par opposition à une uniformisation stupide) qu'on croirait sortis de la série les Brigades du tigre (la série, pas le film daube avec Cornillac), Jacques Thelen nous emmène en Picardie, près de le Crotoy. On se plonge dans le début du XXème, lorsque la côte s'avère lieu de villégiature pour des personnes fortunées... Ce qui n'empêche pas la population de rester à l'écart de cette effervescence. Pêcheurs, marins, personnel de maison n'y parlent d'ailleurs que le picard. Quoique ces dames de la haute société s'offrent parfois à de beaux hommes virils.
Dans ces lieux retirés, la technique peine à pénétrer, ce qui permet de découvrir une enquête à l'ancienne.
Thelen sait rendre les lieux vivants et si ce roman est catalogué régional, je trouve cette étiquette réductrice. Bon sang, on vous décrirait le Mont Saint Michel, vous seriez aux anges, idem si on vous parlait d'un obscur fjord... Là la Baie d'authie devient vivante, visuelle, avec ces phoques, ses plages, ses ports, ses odeurs, son architecture si particulière. La Baie d'Authie, c'est beau !
Et puis il y a Deibler, les informations sur la guillotine, savamment utilisées... Et l'amour de la bonne chère !

Ah j'allais oublier, non c'est faux, le contexte, la venue du Kronprinz, qui permet de voir la montée des périls... sur fond de complots...

De nos jours, il y a les romans qui se contentent de reprendre les mêmes recettes, qui bénéficient d'un marketing efficace, d'un diffuseur agressif qui va les placer jusque dans les supermarchés, qui cartonnent en librairie, parce qu'on les achète une fois l'an (au bon moment avant la fête des mères, en novembre, avant Noël) et puis il y a des perles. Vous savez ces futurs bijoux qui restent dans les huîtres sauvages. Pour moi Les 400 coups du Kronprinz, c'est une perle, un roman qui mérite de dépasser le cadre régional pour être découvert par des lecteurs de partout. Un roman qui va se dévorer.
EXCELLENT.

Thursday, May 18, 2017

Serre Moi fort, Claire Favan

Lana a disparu... Sans laisser de traces.
Depuis ses parents la cherchent partout, convaincus qu'elle a été victime de l'origamiste un tueur en série.
Et que dire de son frère Nick pour qui la vie est devenu un enfer à cause de cette frangine portée aux nues par ses géniteurs.

Avant dernier roman de Claire Favan, Serre Moi fort est un roman efficace.
Présent de narration, immersion totale dans la psyché des personnages, construction en 3 actes, l'auteure du Tueur Intime nous livre un opus percutant.

Pourquoi ? tout d'abord parce que stylistiquement, le présent s'avère un booster de lecture. Vous dévorez, vous voulez savoir. L'écriture est fluide...
Bon ok, je vais juste pinailler en disant que le décor américain n'est pas toujours justifié vu le peu de descriptions de l'univers américain, mais bon c'est vraiment pour pinailler.

La psyché des personnages, beaucoup de rebondissements en série, de coups de poing dans la figure du lecteur, de mise à bas des personnages comme chez Karine Giébel. On les croit sauvés et le destin s'en mêle !!! Bref chapeau bas.
Pour une certaine scène, j'ai vraiment eu beaucoup de mal à laisser de côté mon empathie...

construction en 3 actes, comme dans le tueur intime, Claire Favan propose une construction éclatée dans le temps et ça marche à merveille. D'ailleurs ca marche aussi chez OLivier Norek dans surtensions...

Et l'histoire ? Le tueur en série, c'est pas trop casse pied ?
Mais non messieurs dames !!! au contraire, par rapport à ses précédents, Claire Favan parvient à se renouveler, à surprendre.

Alors, je ne ferai pas plus long. Très bon roman.




Tuesday, February 28, 2017

De fièvre et de sang / Sire Cédric

Sire Cédric est un écrivain qui a débuté sa carrière dans le milieu gothique, livrant des contes glauques avant de basculer, il y a quelques années dans le thriller. J'ai eu la chance de publier dans l'emblèmes la route l'un de ses textes sensibles (bon je suis désolé de parler souvent de cet emblèmes, mais ce fut une super expérience d'anthologiste). Depuis Sire Cédric a poursuivi sa carrière brillamment.

De Fièvre et de Sang met en scène l'enquêtrice albinos EVA SVÄRTA et le Commandant Vauvert.
Après avoir mis hors d'état de nuire deux ordures de tueurs en série, véritables bouchers, dans le sud de la France. Les deux flics se retrouvent confrontés à des affaires similaires, un an plus tard sur Paris. Même modus operandi.

Ont-ils laissé échapper un tueur ? Les tueurs en série sont-ils revenus d'entre les morts ?

Bon moi ce que j'aime chez Sire Cédric, c'est qu'il sait instiller un véritable climat dans ses textes. Ici, on plonge d'emblée en pleine action. Les personnages prennent corps, on sent l'odeur du sang... Un style entraînant, des chapitres bien calibrés et on se surprend à se demander si on est en plein thriller ou dans un thriller fantastique.
En tout cas, on veut savoir.
Le passé de son enquêtrice, son caractère tranché la rendent intéressante au possible, idem de Vauvert, flic bourrin, rentre-dedans.
Les pages s'enchainent, les meurtres aussi que rien ne semble pouvoir arrêter tant le tueur a un temps d'avance... C'est une écriture adrénaline et très visuelle, on imagine bien le film que l'on pourrait en tirer. ceci explique sans doute que ce roman ait obtenu le prix cinécinéma frisson et le prix du polar au festival de Cognac !



Franchement, j'ai pris sur mon sommeil pour savoir, même si la fin m'a paru s'étirer un peu en longueur. Cédric, si tu lis cela, j'ai trouvé qu'il y avait un ou deux chapitres de trop... Oui, je sais, je fais mon chieur, mais voilà c'est comme l'histoire du démon à trois sexes dont on ignore le nombre de testicules !!! ;-)

En tout cas, j'avoue, j'ai passé un très agréable moment de lecture . Un très bon thriller fantastique. ET je lirai les autres avec... AVIDITE !!!

SIRE CEDRIC SERA EN DEDICACE A LA RUCHE AUX LIVRES DE WAVRIN PRES DE LILLE LE 4 MARS.
IL SERA AUSSI AU SALON DU POLAR DE LENS...

POUR SON NOUVEAU ROMAN
sûr que j'irai le voir ! :-)

Sunday, August 02, 2015

Glacé / BERNARD MINIER


Un cheval retrouvé suspendu en haut d'un téléphérique. Des meurtres dans une vallée frappée par de lourds secrets. Surplombant ces lieux oppressants, un asile psychiatrique où se trouvent enfermés des psychopathes de la pire espèce, aveux d'une société en pleine désagrégation...



La montagne est un lieu qui inspire nos romanciers de thriller. J'en veux pour preuve Karine Giebel avec son Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Il faut dire que c'est un décor qui renvoie l'homme à sa petitesse, a fortiori lorsque tombe la neige. A sa petitesse et aussi à ses secrets, sa médiocrité parfois.



D'emblée Bernard Minier frappe très fort, des scènes de cauchemar, un décor angoissant à souhait, des personnages tourmentés... Il nous propulse dans cette vallée avec talent... Si le livre est parfois un tantinet longuet, il sait nous obliger à tourner les pages car on veut savoir forcément... Un cheval tué mais pourquoi ? C'est là que l'on reconnait le talent de l'auteur. Nous inciter à continuer, à vouloir connaître la vérité tel les enquêteurs. NOUS IMMERGER;

Autant le reste de l'intrigue est plutôt banal voire déjà vu (j'ai entrevu assez vite les tenants et les aboutissants des meurtres d'humains), autant il y a chez Minier un vrai sens du propos. En effet, l'asile isolé est une métaphore d'une société incapable de guérir ses maux et cherchant à les cacher. C'est de ce point de vue qu'il m'a vraiment séduit, parce que Bernard Minier raconte avec un contexte sociétal et ça, c'est extraordinaire.

Le choix des noms des protagonistes M Monde, Perrault, Grimm m'a interpellé. Symbolique, envie de leurrer le lecteur ?

Sur la fin, le roman s'emballe et bascule dans l'action.
C'est visuellement efficace, on rêve d'une transposition cinématographique.

Au final, Glacé est un thriller qui souffre de quelques longueurs, mais qui va au delà de l'enquête pour nous livrer les constats de son auteur et de ce point de vue, il vaut la peine d'être découvert.



Thursday, July 23, 2015

le tueur de l'ombre CLAIRE FAVAN

Je vous avais parlé, il y a quelques temps déjà, du roman LE TUEUR INTIME DE CLAIRE FAVAN.
voici le lien
UN roman très bien construit avec une histoire de TUEUR EN SERIE abject


Le Tueur DE l'Ombre démarre avec l'évasion provoquée de Will Edwards.
Dès lors RJ Scanlon repart en chasse délaissant son épouse Samantha qui vient d'accoucher de leur enfant.
Pendant ce temps, Edwards se réveille entravé, soumis à un tueur en série désireux de passer à l'acte, un tueur qui a déjà libéré d'autres sérial killers auparavant.



Pour cette suite, Claire Favan place les barres très haut.
Elle va nous faire pénétrer dans le quotidien d'Edwards, soumis, maltraité par un tueur glauque qu'il va essayer de contrôler à son tour... Mais contrôlé Edwards n'a qu'une envie : se défaire de l'emprise de ce manipulateur.
Dès lors c'est une lutte subtile qu'il va tenter de diriger... entre tortures et soumissions...



Pendant ce temps, avouons le RJ Scanlon patauge dans son enquête, traumatisé après sa confrontation d'avec Will.
C'est un livre toujours aussi prenant, même si des trucs m'ont fait tiquer (RJ enquête au bout d'un certain temps sur l'hypothèse qu'un parent d'une victime ait fait échapper Edwards... ) Le suspens est bien dosé, les éléments s'enchaînent plutôt bien... Il y a des coups de théâtre inattendus.
Rejetée par tous, Samantha m'a un peu lassé... Désolé. Et on voit arriver de loin un certain passage du livre...
Mais je n'en dis pas plus.

Au final, Claire Favan sait séduire son lectorat.
lE TUEUR DE l'ombre est un très bon livre. Et je me pencherai avec plaisir sur ses autres opus.
Le dernier est sorti aux editions du Toucan, il y a peu.
Il s'intitule miettes de sang...

Bonne lecture

Thursday, May 28, 2015

LE TUEUR INTIME CLAIRE FAVAN

Il est des livres que l'on n'aurait pas forcément acheter en librairie, parce que x ou y raisons... Moi les bandeaux prix par exemple, je m'en méfie d'ordinaire.

A Lens, au salon du polar, en revanche, on se retrouve face aux auteurs et on discute. Si on vise le début d'après midi, on a le temps de tailler une bavette... Claire Favan, j'en avais entendu parler parce qu'elle avait participé à une antho chez mon editeur L'Atelier MOSESU.


Donc, c'est à Lens que l'on a pris à Claire Favan ses romans le Tueur intime et le Tueur de l'ombre.


Le tueur Intime, c'est l'histoire de Will Edwards, un garçon violé par son père, qui un jour rencontre Samantha, une jeune fille de bonne famille. Elle le défend lors d'une agression et il décide qu'elle sera à lui !
Le hic c'est que Will est un sociopathe de la pire espèce et que Samantha va se retrouver en enfer... Avant qu'il ne parte écumer les routes, tueur en série accompli.

Le roman est très bien construit.


On suit une première partie qui fait de Will le héros, on le découvre dans ses motivations, ses actes ignobles, ses perversions... C'est une plongée en eaux troubles, dans la fange...
A l'instar de Karine Giebel, Claire Favan multiplie les rebondissements, les actes que l'on n'attend pas et c'est un très bon bouquin que l'on dévore.

La seconde partie, elle, nous présente l'enquête du FBI, enquête qui piétine depuis le début, depuis que l'un des profilers a décidé que le tueur était fétichiste... L'arrivée de RJ profiler au lourd passé va relancer l'intrigue et nous permettre de reprendre espoir tandis que Will Edwards multiplie les meurtres, qu'il fait place nette autour de Samantha... A notre grand désarroi...

C'est brillant, bien mené d'un bout à l'autre (même si un rebondissement est hyper prévisible). Une ou deux maladresses stylistiques qui font sourciller ne gêneront pas le lecteur happé par ce livre : par contre on se demande pourquoi lors du passage en poche, l'éditeur n'a pas demandé ces minimes corrections...
Jusqu'au bout Claire Favan livre une histoire ,certes classique de tueur en série, mais chez elle il y a un truc en plus. Cette construction très bien maîtrisée, ce sens du rythme.
Ca ne s'essouffle pas.

Bref, bravo Claire Favan, du très grand art !!!


Saturday, May 02, 2015

7 jours à River Falls, Alexis Aubenque

Alexis Aubenque est un auteur sympathique avec lequel j'ai eu le plaisir de discuter au salon du polar de Lens. Il a d'abord oeuvré dans les genres de l'imaginaire avec de la sf populaire, avant de rejoindre le thriller.
Bon choix !

7 jours à River Falls démarre avec le meurtre de deux étudiantes. Qui a pu tuer ces filles sur lesquelles courent toutes sortes de rumeurs ? Qui est assez dingue pour les avoir mutilées de la sorte ?
C'est ce que va devoir déterminer Logan, le shérif récemment élu, flanqué de Hurley, son ex, profileuse au FBI. Et que peut bien savoir Sarah, une amie des victimes ?



Aubenque démarre très fort, il nous plonge dans le coeur de l'action dès les premières pages, nous amenant à poser nos valises dans cette bourgade banale, en apparence, des Etats-Unis. Un shérif venu s'y mettre au vert, une profileuse du FBI; cela fait classique à première vue, mais franchement quand les ficelles du classique sont aussi bien exploitées on aurait tort de s'en priver.
Car on ne s'ennuie pas chez Aubenque, les fausses pistes abondent, les motivations du ou des tueurs nous interpellent et l'on se surprend à dévorer les pages de ce thriller. Il y a de l'action, des dialogues qui font mouche, des situations inattendues... La fin notamment où on voit que l'auteur prend son pied à nous plonger dans le coeur de l'action D'ailleurs à mon sens, c'est un livre à l'écriture très cinématographique; on est dans toutes les scènes.

De fil en aiguille, Aubenque brosse le portrait d'une ville tenue par quelques nantis. Je regrette juste qu'il y ait des considérations trop françaises parfois dans la mentalité des personnages... Mais c'est vraiment du détail.
Emporté en voyage, ce livre n'a pas survécu à un aller retour BRUXELLES / ROME.


BREF, un thriller que je vous recommande chaudement. (il date de 2008, 2009), je vais m'empresser de lire les suivants car il va encore s'en passer de belles à RIVER FALLS.

Lecture à venir CLAIRE FAVAN.