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Saturday, May 07, 2022

Dans les brumes de Capelans / Olivier Norek

Une île de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. //////////////////////////////////////

 J'avais eu l'insigne honneur de recevoir les épreuves non corrigées du dernier Olivier Norek. Mais à quoi bon sortir une chronique dans la foule des chroniques du 7/04 ? Olivier Norek n'a pas besoin des quelques lignes du blogajesskaan pour être reconnu, admiré. Il a fait ses preuves avec ses précédents ouvrages que j'ai quasiment tous lu sauf IMPACT. En plus, on trouve son livre partout... 

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 Alors je me suis dit, essayons de parler de la thématique norekienne. Parce que cet ouvrage, à l'instar de Surface, est un roman qui interpelle au-delà de son côté thriller.... 


 Commençons par le début. Même si je suis pris la tête avec un abruti sur Facebook sur la nécessité ou non de lire la trilogie 93 pour mieux appréhender DANS LES BRUMES..., je réitère ici mes propos : lisez la trilogie avant !!! 

Punaise, Olivier Norek n'a pas don né vie à Victor Coste pour que vous arriviez comme un cheveu sur la soupe au milieu de son oeuvre en disant "whahhh trop bien !!" 

 Victor Coste c'est un flic du 9/3 avec son vécu, une histoire lourde, une vie intense entre trafic de drogue, réglements de compte, criminels endurcis par notre système qui part en couille (oops désolé) entre des puissants toujours plus puissants, des pauvres qui n'ont que la pauvreté pour horizon, des salauds qui ont compris que le système ne les mettra jamais hors d'état de nuire, une équipe comme une famille, puis une tragédie comme celle qui peuvent traverser nos vies quand on ne s'y attend pas... C'est toujours ainsi... Je n'épilogue pas, mais ça c'est réaliste.

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 Victor Coste, c'est le mec qu'on pensait inébranlable et qui part quand il se sent coupable. Parce que la culpabilité c'est un fardeau trop lourd à porter... Parce qu'il ne faut pas se leurrer, y a que dans les films américains que les héros sont en acier trempé et qu"ils vont sortir une vanne à 2 balles avant le générique... En France, les flics se suicident souvent, ils connaissent la déconsidération parce que quelques brebis galeuses attirent l'attention. Victor Coste c'est un flic devenu solitaire à l'autre bout du monde, à Saint Pierre et Miquelon Une couverture la PAF, une réalité la protection des témoins, secret défense. 


 Pour moi, Coste, c'est une sorte de moine guerrier qui va s'isoler en quête de rédemption, avec une nature sauvage, une mentalité insulaire, un minimum de relations sociales : son voisin. Parce que mine de rien, on peut vouloir vivre en ermite, si on n'a pas la foi, on a besoin de quelqu'un. Et Coste trimballe du lourd. Là, je fais un parallèle avec l'héroïne de Surface condamnée à partir loin de ses attaches, une gueule cassée au propre et au figuré qui n'avait pour compagnie qu'un chien aussi éclopé qu'elle. 

Coste, lui, il est cassé à l'intérieur. 

 Il vit au jour le jour, accueille ces personnes protégées par notre système (le début tiré de l'actualité est juste passionnant) sans la moindre considération. Ce sont des missions basta. Et en plus ce sont des ordures ! 

 Puis arrive Anna qui a échappé à un prédateur pédophile insaisissable.. Elle est comme Coste, une gamine perturbée, frappée par la dureté de la vie. Elle a aussi ce lourd passif à trimballer et pourtant elle se montre séductrice envers le flic. Et même s'il lutte, il se sait au bord du gouffre. 


Une relation malsaine qui croit avec l'approche du prédateur et les brumes de Capelans, ce moment où l'île sera recouverte par cette épaisseur qui change les repères. On a l'impression de tomber dans le mystique avec la tentation qui vient ici pour défier notre flic, qui annhile le connu et donne l'impression de dire "Victor, qui es-tu ? " "jusqu'où iras-tu pour la défendre ?" et la brume participe à cette ambiance. l'île, son décor, sont comme Notre dame de Paris, des personnages à part entière du roman...

 Elle exacerbe les personnalités, les tensions, certains comportements. Cela Norek l'a compris... 

Il le montre sans en faire des tonnes. 

 Victor Coste et Anna sont des personnages hors normes, le prédateur également, mais pendant que la confrontation ultime se prépare, l'enquête avance en métropole et ce grâce à un autre enquêteur démoli lui aussi RUSSO. Alors au risque de choquer les quelques lecteurs qui liront cette chronique,ce mec complètement déglingué physiquement parlant par l'abandon volontaire comme un suicide au quotidien m'a ému. Et franchement, j'espère qu'on le retrouvera dans de prochaines aventures. 

Parce qu'il est bourré de faiblesses, mais au final, il a un tas de choses à vivre, à nous raconter. Il suscite l'empathie. 

 Voilà ma chronique qui va vous dire que Olivier Norek cherche à aller au-delà du thriller pur et dur. Je ne dis pas qu'il ira en littérature blanche un jour, mais ce serait possible... Dans les brumes... c'est comme Surface, la volonté de saisir des personnages, de nous raconter une histoire policière certes, mais aussi de parler de thématiqus comme la solitude, le bouleversement d'une vie... C'est un roman réussi.

Tuesday, March 15, 2016

SURTENSIONS / OLIVIER NOREK

Le dernier Olivier Norek sortira le 31 mars, j'ai eu le plaisir de lire les épreuves non corrigées....


Un centre pénitentiaire, des détenus terrorisés par des congénères violents, une administration dépassée ou parfois corrompue... L'enlèvement d'un jeune Juif dans une cité de la banlieue parisienne... Une équipe de flics menée par Victor Coste qui tente de maintenir un semblant de présence étatique dans une société violente, partant en vrilles...

Difficile de résumer le dernier Norek. Si ce n'est que c'est un roman éclaté en apparence.
Les intrigues si distantes au départ nous montrent une France mise à mal par des coupes budgétaires (pénitentiaire, police, justice), par l'abandon de l'autorité rassurante, par un laisser aller, par une Justice dépassée par de nouvelles formes de criminalité nées de la crise, de la médiatisation d'affaires violentes, par l'argent facile.

Car en fait tout tourne autour de cette notion de plaisir facile, de céder à ses pulsions. Que ce soit l'enlèvement, le meurtre, le vol, le plaisir pervers, Norek pointe les travers d'une société où le libéralisme, l'instantané et le relativisme des moeurs conduisent à transformer des individus en criminels. Où l'arme devient prolongement de personnes sans doute, à la morale effacée.

A côté, Coste et son équipe font figure de personnalités usées, dépassées par cette ambiance, par cette possibilité d'être lynchées médiatiquement ou par des supérieurs carriéristes. Et puis la vie d'un flic qui se prend toute cette misère intellectuelle ou sociale en pleine tronche n'est pas simple. Les retrouvailles sont une manière de lutter contre la pression. Mais sitôt seul, on redevient un homme ou une femme.



Dans la prison, il y a les codes de prisonniers, leurs règles qui dépassent celles de la République. Celle-ci semble en retrait. C'est violent, c'est cru, c'est le constat d'un échec. C'est un roman sombre. Le constat d'une époque. Pourtant au milieu de cette société à part émerge parfois un hommage, une reconnaissance... Tout ne serait donc pas perdu ? Ou alors tout n'est-il donc qu'une question de respect que l'on gagne ?

Puis peu à peu, les pièces du puzzle vont s'imbriquer, emportant les personnages dans la folie, dans la violence, dans le dégoût. C'est beau, c'est un opéra, c'est puissant, vibrant. On dévore ce roman plus que Territoires qui était déjà un excellent roman. Il n'y a aucun temps mort.

Olivier Norek a construit Surtensions comme un thriller efficace avec plusieurs enquêtes qui nous montrent différentes facettes de la société criminelle. Les chapitres sont bien calibrés, les émotions sont intenses, le doute nous tiraille. Les relations entre les personnages résonnent en nous. Rien ne nous est épargné, mais pas dans un souci de nous choquer, plutôt de nous réveiller je dirais. Existe-t-il encore des limites ???



Volontairement, je n'en dévoilerai pas davantage, mais Surtension est à mon avis le meilleur Norek. Un roman que l'on devrait faire lire à tous nos politiciens démagogues aux donneurs de leçons, un roman qui révèle une société fissurée, fracassée..

Bravo Olivier et je te fais confiance pour que les prochains soient encore meilleurs.

Saturday, September 26, 2015

TEMPLEMARS ! C'est extra !!!


Aujourd'hui, 26 septembre, avait lieu le salon du Polar de Templemars.
L'an passé, j'y avais participé en tant qu'auteur, voisin de Stéphane Bourgoin. Mais n'ayant pas de nouveauté dans ce genre cette année (il y en aura pour la fin de l'année, je ne vous l'avais pas dit ???), ayant apprécié la bonne ambiance, j'y suis retourné pour me faire dédicacer quelques livres...

Il faut dire qu'il y avait du beau monde entre Claude Vasseur qui fêtait son anniv et dont le dernier opus sortait aujourd'hui (LE CHAMP DES SIRENES / ATELIER MOSESU), Olivier Norek, Franck Thilliez, Stanislas Petrosky, Michel Vigneron, Paul Colize, Lucienne Cluytens, Patrick Vaast et un tas d'autres auteurs...


Occasion de discuter, de parler projets, de prendre des nouvelles des uns et des autres et de reconstituer sa pile à lire arrivée sur la réserve !!!



Première rencontre avec Stanislas Petrosky qui ressemble fortement à quelqu'un que je connais... :-)
Ce jeune et fringant auteur a publié RAVENSBRUCK MON AMOUR à l'atelier MOSESU un ouvrage se déroulant dans le sinistre camp...

Puis rencontre avec Michel Vigneron, un auteur que vous devriez tous lire, plutôt que de regarder le J.T !!!! Ca vous éviterait de voir certains politiciens...
C'est violent, c'est poisseux, mais c'est écrit avec les tripes et sincèrement !!!
Michel nous a livré un BOULOGNE K dont je vous ai parlé et surtout le Puits de la Perversion, un ouvrage avec des enflures de pédophiles... (oups !)
Sans oublier le premier opus de l'Embaumeur...
Ravi de le voir enfin après son retour en métropole !!


J'étais venu à Templemars pour voir Olivier Norek. Oui, j'ai fait une chronique de son CODE 93 et j'avais dit ici combien je regrettais que le roman ne soit pas plus étoffé. Olivier est un mec sympa, désireux de faire encore mieux et de se renouveler ! Ca je dis bravo. En tout cas, on a un peu discuté et je suis impatient de lire son TERRITOIRES !!!

Là vous le voyez en pleine discussion avec Sophie Jomain (oui la vraie !!!)


Plaisir ensuite de revoir Maïtre Franck Thilliez, toujours aussi abordable. Une telle bibliographie, c'est formidable !
Je vais enfin pouvoir lire ses livres dans l'ordre !!!


J'aurais voulu aller à la rencontre d'autres auteurs, mais le temps me manquait et c'est regrettable... Avant de partir, je suis néanmoins allé voir le Belge de service (oui, Templemars est un salon du polar, il y a des gens louches !!! Non je déconne, vous le savez très bien que j'adore les Belges !)
Paul Colize, j'en ai beaucoup entendu parler et il m'a repéré comme un gars traînant sur beaucoup de salons... quand je parle de mec louche, je vais passer pour quoi moi ???
Je lui acheté Back Up parce que l'histoire m'intriguait !!!


Des auteurs sympas, un cadre très agréable, un public intéressé... Voilà les ingrédients du succès d'un salon du livre !!!
CE SERA LA MEME CHOSE A DAINVILLE A COTE D ARRAS EN JANVIER 2016 !!! et cette fois j'y serai !!!
avec mon bébé de papier, un policier historique...

Hop quelques liens pour m'aider à payer l'hébergement du site entre autres...





Friday, June 12, 2015

CODE 93 OLIVIER NOREK

Des meurtres qui ont tout pour frapper l'imagination collective et susciter l'intérêt de la presse, toujours prompte à honorer les criminels les plus vils... Et voilà le capitaine Coste du SDPJ 93 plongé dans une nouvelle affaire glauque. Déjà que ce n'est pas le boulot qui manque en Seine Saint Denis.
Entre gestion de l'équipe, problèmes personnels et pressions politiques, le flic va-t-il surmonter ses propres démons pour vaincre ce meurtrier ? D'autant qu'à chacun de ces meurtres, une mystérieuse missive accompagné de la mention CODE 93 lui parvient.

Olivier Norek me fait penser à Michel Vigneron. Ce sont des flics, ils dépeignent une réalité glauque, sans fioritures, la fange où parfois ils doivent patauger pour résoudre le genre de crimes que les experts ne vous montreront jamais. Ce que toutes les statistiques dissimulent. Ce qu'il raconte c'est une histoire à hauteur d'homme, pas des supers flics, mais des gars confrontés à la dureté du métier, de ce contact prolongé avec une société en pleine déstructuration, des gars abandonnés par une vraie volonté politique... Des gars qui parfois sombrent. Divorce, suicide, un quotidien pour ceux au contact du public.




Dès le départ, l'intrigue est prometteuse, mais au risque de me faire allumer, je trouve les premiers chapitres beaucoup trop courts, on n'a pas vraiment le temps de s'immerger. Basculement, changement de point de vue, le roman ne prend pas le temps de s'installer... Ce n'est qu'ensuite vers le milieu à mon sens que M Norek, trouve son rythme de croisière. L'histoire du complot sur laquelle je ne développerai pas pour ne pas spoiler est passionnante et les sous-entendus... Quant à la réalité dépeinte, je me doute bien qu'elle est certainement édulcorée par rapport à la réalité (je pense à ce camé qui vole le mobilier de sa mère pour payer sa dose, qui livre sa copine à un proxénète pour une solde sur l'héroïne..)
Arrivé au milieu du livre, on le dévore, on veut savoir quel lien unit ces différents meurtres et le potentiel de Olivier Norek explose enfin. Sexe, trahison, complot, politique... C'est brillant, bien amené.

Jusqu'à une fin inattendue...


Bref un très bon livre, je ne dirai pas excellent (pas encore), mais ce n'est qu'une question de temps car il s'agit d'un premier roman. Offrir le chapitre 1 du nouveau TERRITOIRES est une bonne idée.
D'autant que ce début est brillant...


Bon en résumé OLIVIER NOREK va gagner à être suivi dans les prochaines années, avec CODE 93 il nous offre une immersion dans un service de police sur un territoire très difficile. Lisez le sans hésitation.
BRAVO.