Wednesday, February 25, 2026


 Une nouvelle publication rend un auteur fou, a fortiori lorsqu'il s'agit d'une nouvelle sur les SAVANTS FOUS.

 

Découvrez donc DESIR INC. AUX EDITIONS LA CLEF D ARGENT 

Sunday, February 01, 2026

LE RETOUR DU BLOG

 Bonjour à toutes et tous,

 

Sous peu, ce blog connaitra une évolution majeure...

 Lifting, changement de vision...

 

 


 

Saturday, September 23, 2023

Après de Stephen King

AVERTISSEMENT


Stephen King est un écrivain, un vrai qui dure depuis Carrie. Je l'admire pour Misery, Dome, Duma Key,  Bazaar, Brume etc. 

J'ai trouvé sleeping beauties dilué... M Mercedes un banal polar. 

Mais cette fois, je pense qu'on placera un contrat sur ma tête à l'issue de cette chronique peu flatteuse....

Tant pis je me lâche ; simplement si l'on pouvait m'enterrer dans la forêt de Mormal... 


Résumé avec  divulgâchage..

Jamie peut voir les morts, Un jour la copine de sa mère vient le chercher pour retrouver la dernière bombe laissé par un unabomber...


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Après est un roman qui démarre trèeeeeeeeeees lentement.

Déjà, le narrateur vous annonce qu'il va vous raconter une histoire donc hormis s'il parle depuis l'au-delà, vous savez qu'il va s'en tirer. Et là, ça plombe le suspens. Carrément. 

La mise en place prend environ 60 pages je dirai plutôt 80 , c'est à dire ce qu'on ne permettrait pas à un auteur débutant, (mais nous sommes avec King). La maman bosse dans l'édition (mais putain Stephen, renouvelle un peu quoi !), le gamin a d'abord vu un cycliste mort (oh la là, on se croirait dans 6eme sens)

Il y a de bonnes digressions sur la crise de 2008 aux USA, des remarques pertinentes qui font oublier la fadeur du propos. 

Après avoir côtoyé plusieurs morts, Jamie se retrouve embarqué dans la traque du fantôme d'un poseur de bombes qui vient de se suicider par la copine flic de sa mère (eh oui, on met une petite dose de couple saphique, même si elle n'apporte pas grand chose à l'histoire car ce n'est pas trop exploité et justement ça aurait pu être intéressant. On me dira la maman reste en retrait par rapport à son fiston... Mouais si vous voulez). Mais à l'issue de leur confrontation, le mort ne part pas comme les autres et hante Jamie.

King lorgne alors vers ça, vers sa conception du mal. Une lueur.

Puis là où on aurait pu avoir un esprit mauvais, retors  assaillant l'enfant, l'amenant dans les cauchemars, une ombre toujours menaçante, on obtiendra un fade rituel qui fait que le démon se retrouve soumis à l'enfant. 

Puis une tentative pour réveiller le roman qui est plutôt plan-plan...


Bon, vous avez pigé, je n'ai pas accroché. Parce que Après est un roman mineur où King ne se renouvelle pas, où il n'apporte rien de neuf à mon sens.

Il y avait matière à faire quelque chose de fort, à susciter davantage d'empathie pour le gosse, pour sa mère, pour la copine de sa mère... Mais là, ça tombe à plat.






Wednesday, August 02, 2023

Misery de Stephen King

Un auteur célèbre grâce à une série de romans à l'eau de rose et qui entend passer à autre chose.

Un accident de la route.

Une fan psychologique instable qui le séquestre et entend qu'il ressuscite son héroïne favorite. 

Voilà l'histoire de Misery.

***

Beaucoup d'entre vous ont vu le film qui est très bon.

Mais aujourd'hui, je vais tenter de vous parler de mon ressenti par rapport au roman.

Misery c'est une ode à l'écriture, une tentative d'analyse de cette activité masturbatoire et sans concession. En effet, l'auteur est comme ce héros grec qui aspire à l'éternité, mais pour ce faire doit faire des sacrifices. C'est surtout la manifestation de notre ego de créateur. 


C'est un artisan qui lutte contre lui-même. Chaque phrase, chaque développement de l'intrigue le renvoie à ce fameux "SAURAS-TU", nécessaire à la poursuite du livre. Et si un élement est mauvais, l'oeuvre l'est aussi. Il faut fignoler chaque mot, chaque développement, chaque sentiment. Et au fur et à mesure du roman, l'acte de sacrifice de Misery perpétré par Paul Sheldon devient un crime contre l'héroïne qui le fait vivre, mais dont il s'est servi de façon alimentaire

Annie, dans toute sa furie, sa folie, lui oppose une version de pureté de l'écriture. Pour elle, Misery vit, c'est sa raison de vivre, c'est ce qui l'aide à tenir. Elle est comme l'autre fan qui a écrit à Paul en lui présentant son musée dédié à Misery et qu'il a traité par le mépris. L'auteur a une responsabilité vis à vis de ses lecteurs. Il nourrit leur imaginaire, leur offre cette évasion qui empêche la vie d'être une confrontation aux autres. Et pour Annie, cette évasion, c'est Misery. Il est donc inconcevable qu'elle meure car sinon, elle-même n'a plus de raison de vivre. Elle ne peut pas appréhender l'idée selon laquelle son auteur préféré a envie de passer à autre chose. Il est la plume de Misery, rien de plus. 

Et malgré sa cruauté, malgré le déchainement de violence, elle offre à Paul une certaine rédemption. Elle va lui montrer ce qu'est l'écriture. Son essence. Sa quintessence ai-je envie de dire. 

Misery n'est plus un produit écrit à la chaine, d'ailleurs elle refuse la première version en laquelle lui-même ne croit pas. Une copie d'élève torchée, voilà ce qu'il a généré, produit. Paul en est vite conscient. Pas question de jouer les feuilletonnistes et de tromper les fans. 

Ecrire est sérieux, c'est enfanter. 

Ecrire, ce n'est pas produire, c'est mettre ses tripes, son âme dans les pages.

Et à mesure que les jours de captivité s'écoulent, malgré les tortures, Paul commence à aimer Misery. Non pas parce qu'il est comme une Shéhérazade tentant de sauver sa peau grâce aux mots, mais parce que Misery lui offre à son tour l'évasion d'un univers dément. Elle le confronte à lui-même, elle lui fait toucher ce côté quasi-divin de la création. Il se pose des questions, veut aller plus loin, ressent la fierté de donner la vie à un bon livre. Finaement Misery n'est pas qu'une série pourvu qu'il s'en donne la peine. Pourvu qu'il se dévoue à elle. 

D'ailleurs à la fin, à l'inverse du film qui n'a pas compris la thématique du roman ou n'a pas su la saisir car elle aurait effrayé le spectateur lambda qui n'ouvre jamais une page (oui je suis méchant, mais c'est important), il ne sacrifie pas le manuscrit né de sa captivité, de son passage au purgatoire.

Pour moi, Misery, c'est un roman qui traite de l"évolution du rapport de l'auteur à son oeuvre. La captivité de Paul est symbolique. Quel est le pourcentage de chance d'être pris en charge par une fan ? 

King aurait très bien utiliser un psychopathe désireux de s'approprier le livre de Paul, mais ça n'aurait pas marché. Annie, elle, veut le livre pour elle. 

Paul écrit d'abord pour Annie, puis il évolue et n'écrit que pour lui, trouvant dans cette activité une jouissance intellectuelle.  King entretient le mythe selon lequel l'auteur éccrit d'abord pour lui. Quelque part, c'est vrai, mais un auteur sans lecteur n'est rien. 


Un auteur est un démiurge et cela aucun romancier ne devrait l'oublier... 






Tuesday, June 14, 2022

Les 9 jours du cafard, Jean-François Pré, editions Lajouanie

 



Lors d'une dispute, l'amant du président est mort.

L'hôtesse de ce visiteur estimable  décide de détourner les soupçons, elle convoque l'ex-commissaire Langsamer, enquêteur hors-pair et l'envoie résoudre un improbable défi....

Mais n'a-t-elle pas précipité la chute de son ami en agissant ainsi ? 


Deauville, l'univers des courses, des haras...

Un luxe, un décor feutré où les non-dits sont multiples. Où les histoires de sexe, d'argent et de pouvoir s'entremêlent, où il suffit d'un rien pour tisser et détisser une réputation.


Avec Langsamer, ne vous attendez pas à une course contre la montre, mais plutôt à un personnage digne de Columbo, cet enquêteur que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est un enquêteur hors-pair, esprit acéré, amateur de bonne chaire. Langsamer sait observer, débusquer la moindre parcelle de vérité, il n'éveille pas la méfiance, mais repère les moindres failles de ses interlocuteurs et déduit. Dialogues vivifiants, personnages hauts en couleur forment le corpus d'une intrigue où l'on apprend beaucoup sur l'univers des chevaux, les ventes de yearlings, les petites magouilles. Et c'est un plus. C'est un roman dont on se délecte peu à peu, dont on savoure le style entraînant. Car Jean-François Pré (que je suivais le dimanche matin lors des courses hippiques), sait emmener son lecteur. 


Assurément un vrai plaisir, une réussite.



Saturday, May 07, 2022

Dans les brumes de Capelans / Olivier Norek

Une île de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. //////////////////////////////////////

 J'avais eu l'insigne honneur de recevoir les épreuves non corrigées du dernier Olivier Norek. Mais à quoi bon sortir une chronique dans la foule des chroniques du 7/04 ? Olivier Norek n'a pas besoin des quelques lignes du blogajesskaan pour être reconnu, admiré. Il a fait ses preuves avec ses précédents ouvrages que j'ai quasiment tous lu sauf IMPACT. En plus, on trouve son livre partout... 

💀
 Alors je me suis dit, essayons de parler de la thématique norekienne. Parce que cet ouvrage, à l'instar de Surface, est un roman qui interpelle au-delà de son côté thriller.... 


 Commençons par le début. Même si je suis pris la tête avec un abruti sur Facebook sur la nécessité ou non de lire la trilogie 93 pour mieux appréhender DANS LES BRUMES..., je réitère ici mes propos : lisez la trilogie avant !!! 

Punaise, Olivier Norek n'a pas don né vie à Victor Coste pour que vous arriviez comme un cheveu sur la soupe au milieu de son oeuvre en disant "whahhh trop bien !!" 

 Victor Coste c'est un flic du 9/3 avec son vécu, une histoire lourde, une vie intense entre trafic de drogue, réglements de compte, criminels endurcis par notre système qui part en couille (oops désolé) entre des puissants toujours plus puissants, des pauvres qui n'ont que la pauvreté pour horizon, des salauds qui ont compris que le système ne les mettra jamais hors d'état de nuire, une équipe comme une famille, puis une tragédie comme celle qui peuvent traverser nos vies quand on ne s'y attend pas... C'est toujours ainsi... Je n'épilogue pas, mais ça c'est réaliste.

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 Victor Coste, c'est le mec qu'on pensait inébranlable et qui part quand il se sent coupable. Parce que la culpabilité c'est un fardeau trop lourd à porter... Parce qu'il ne faut pas se leurrer, y a que dans les films américains que les héros sont en acier trempé et qu"ils vont sortir une vanne à 2 balles avant le générique... En France, les flics se suicident souvent, ils connaissent la déconsidération parce que quelques brebis galeuses attirent l'attention. Victor Coste c'est un flic devenu solitaire à l'autre bout du monde, à Saint Pierre et Miquelon Une couverture la PAF, une réalité la protection des témoins, secret défense. 


 Pour moi, Coste, c'est une sorte de moine guerrier qui va s'isoler en quête de rédemption, avec une nature sauvage, une mentalité insulaire, un minimum de relations sociales : son voisin. Parce que mine de rien, on peut vouloir vivre en ermite, si on n'a pas la foi, on a besoin de quelqu'un. Et Coste trimballe du lourd. Là, je fais un parallèle avec l'héroïne de Surface condamnée à partir loin de ses attaches, une gueule cassée au propre et au figuré qui n'avait pour compagnie qu'un chien aussi éclopé qu'elle. 

Coste, lui, il est cassé à l'intérieur. 

 Il vit au jour le jour, accueille ces personnes protégées par notre système (le début tiré de l'actualité est juste passionnant) sans la moindre considération. Ce sont des missions basta. Et en plus ce sont des ordures ! 

 Puis arrive Anna qui a échappé à un prédateur pédophile insaisissable.. Elle est comme Coste, une gamine perturbée, frappée par la dureté de la vie. Elle a aussi ce lourd passif à trimballer et pourtant elle se montre séductrice envers le flic. Et même s'il lutte, il se sait au bord du gouffre. 


Une relation malsaine qui croit avec l'approche du prédateur et les brumes de Capelans, ce moment où l'île sera recouverte par cette épaisseur qui change les repères. On a l'impression de tomber dans le mystique avec la tentation qui vient ici pour défier notre flic, qui annhile le connu et donne l'impression de dire "Victor, qui es-tu ? " "jusqu'où iras-tu pour la défendre ?" et la brume participe à cette ambiance. l'île, son décor, sont comme Notre dame de Paris, des personnages à part entière du roman...

 Elle exacerbe les personnalités, les tensions, certains comportements. Cela Norek l'a compris... 

Il le montre sans en faire des tonnes. 

 Victor Coste et Anna sont des personnages hors normes, le prédateur également, mais pendant que la confrontation ultime se prépare, l'enquête avance en métropole et ce grâce à un autre enquêteur démoli lui aussi RUSSO. Alors au risque de choquer les quelques lecteurs qui liront cette chronique,ce mec complètement déglingué physiquement parlant par l'abandon volontaire comme un suicide au quotidien m'a ému. Et franchement, j'espère qu'on le retrouvera dans de prochaines aventures. 

Parce qu'il est bourré de faiblesses, mais au final, il a un tas de choses à vivre, à nous raconter. Il suscite l'empathie. 

 Voilà ma chronique qui va vous dire que Olivier Norek cherche à aller au-delà du thriller pur et dur. Je ne dis pas qu'il ira en littérature blanche un jour, mais ce serait possible... Dans les brumes... c'est comme Surface, la volonté de saisir des personnages, de nous raconter une histoire policière certes, mais aussi de parler de thématiqus comme la solitude, le bouleversement d'une vie... C'est un roman réussi.

Saturday, April 09, 2022

AUTOPSIES (chroniques d'un médecin légiste), MICHEL SAPANET

quatrieme de couverture Pour son cinquième opus, le Dr Sapanet revient sur une trentaine d'affaires criminelles passées sous son bistouri. Fusil de chasse, couteau de cuisine, sabre japonais, strangulation, chaque méthode a laissé sur les corps des victimes une signature que l'autopsie se fait fort d'authentifier. Parmi ces affaires, l'histoire du petit Nino, 9 mois. Sans la perspicacité de son équipe, ce dernier aurait rejoint la liste des bébés victimes de la " mort subite du nourrisson ". Mais l'autopsie confirmera de nombreux sévices dans les semaines précédant le décès et un secouage aussi violent que mortel. Quant à Marie-Lucie, 75 ans, elle aurait été inhumée après un décès qualifié de " naturel ".Tout était prêt, le cercueil sur le point d'être refermé, lorsqu'un doute a suspendu les funérailles. L'autopsie ordonnée in extremis a révélé l'ultime calvaire de la vieille dame, passée à tabac et étranglée. Scènes de crime, opérations médico-légales, reconsti-tutions criminelles, procès d'assises, Michel Sapanet entraîne le lecteur, avec humour et pédagogie, sur le long chemin qui mène du crime obscur à la vérité judiciaire.
Un médecin légiste qui raconte certaines anecdotes et méthodes de travail. Vous avez regardé la série Bones ? Vous avez trouvé ça peu ragoûtant, d'autant que l'héroïne est quand même assez peu intéressante ? Un médecin légiste français qui oeuvre dans le Poitou, en quoi cela pourrait-il être intéressant ? EH BIEN DETROMPEZ VOUS. Je ne connaissais pas la prose de Michel Sapanet et pourtant AUTOPSIES est son cinquième opus. Disons le d'emblée, vous voyez le bon prof qui vous embarque dans son récit, vous fait marrer et vous apprend un tas de truc ? C'est MICHEL SAPANET. Commencer à lire Autopsies, c'est certes être confronté à la violence de la société, mais aussi à un homme et une équipe qui oeuvrent pour faire cpnnaître la vérité, faire parler les morts. Il n'occulte pas les problématiques financières qui interdisent parfois de procéder à certains examens, les retards de la France par rapport à la Suisse, la bêtise de certains juges qui veulent de l'autopsie, même quand ça n'a pas de sens, ses doutes quelquefois. Mais il ne donne pas l'impression de nous prendre de haut sans nous prendre pour des idiots. Il raconte parfois avec une pointe d'humour, toujours avec un souci de partager son quotidien. Et nous voilà sous la flotte, tard le soir dans la campagne poitevine... Evidemment, il ne court pas après les criminels, lui son domaine, c'est le mort plus ou moins amoché... Plus ou moins jeune de l'enfant au vieillard assassiné. Lui son quotidien, c'est l'examen du cadavre puis quelques mois ou années plus tard, le témoignage devant la cour d'Assises. Je pourrais vous raconter quelques exemples d'histoires marquantes, telles celles de cette horde sauvage se renvoyant la culpabilité. MAIS FRANCHEMENT ouvrez Autopsies, laissez vous embarquer et faites comme moi, si vous n'avez pas lu les précédents faites vous plaisir !!! Il parait que Michel Sapanet donne des conférences si vous avez l'occasion d'y assister... ALLEZ Y !!

Thursday, March 24, 2022

Qu'ils crèvent ! Michel Vigneron

Le meurtre d'un dealer accompagné de celui d'une vieille dame. Deux flics de la BAC qui récupèrent cette affaire. L'un d'eux touché par des raisons personnelles... Le tout dans une Guyane où le crack, le sexe et la moiteur se mélangent...
Disons le d'emblée, ce livre ce n'est pas du feel good. Ici les seuls Parisiens que vous croiserez sont venus profiter du crack guyanais à un prix défiant toute concurrence et ne reviendront pas dans la métropole. L'auteur nous offre une vision d'un nouveau far west, un coin de France où les ravages de la came se font ressentir au jour le jour... Des paumés bousillés, des paumés condamnés à voler pour acheter leur caillou de crack, des filles qui s'offrent pour cette merde. L'auteur nous fout le nez dans cette fange que l'on voudrait ne pas connaître. Et pourtant c'est la France, pas loin du pas de tir d'Ariane. A côté ses baceux sont à la limite de la ligne rouge et il suffit d'un rien pour la franchir. C'est violent, c'est âpre, c'est tourmenté, mais Vigneron écrit bien, y compris quand il décrit le stupre... On est dedans vu le métier de l'auteur, mais il y a de la poésie populaire dans son écriture. "le scooter donnait l'impression d'avoir la rage, de vouloir bouffer quelqu'un, mais personne n'y prêtait attention, c'était tellement courant à Cayenne les baltringues qui jouaient les flèches sans casque et sans pApier..." Rien n'est simple dans ce monde à part. La violence omniprésente est vécue comme une fatalité (un peu comme la candidature de Taubira - fallait que je sorte une connerie désolé !!!). Quant à l'histoire, c'est le quotidien de flics borderline... Un très bon roman pour qui a envie de sortir des sentiers battus. seul bémol ce écoeurant sur la couverture;

Saturday, March 12, 2022

Alger, la noire de Maurice Attia

Elle s'appelait Estelle, il se nommait Mouloud. Ils étaient jeunes, avaient la vie devant eux. Tous deux ont été abattus et on a retrouvé leur corps sur la plage de Padovani. Sauf qu'en cette année 1962, en Algérie, les morts se comptent par dizaines. Pourtant Paco Martinez voudrait retrouver leurs assassins, mais ne va-t-il pas basculer dans une spirale d'où il ne ressortira pas indemne ?
Ce roman de Maurice Attia nous plonge dans un monde qui se meurt. L'Algérie se prépare à son indépendance et les pieds-noirs se préparent à partir ou basculent dans l'action violente. Choisir son camp, ne pas parler à tort et à travers deviennent impératifs... Le quotidien ne comporte plus de certitudes et enquêter devient bien secondaire quand les bombes explosent, que les exécutions se multiplient, que les communautés se déchirent... Alger la Noire, c'est l'occasion de se pencher sur une période historique assez peu étudiée à l'école au final. La radicalisation des uns, la violence qui répond à la violence, le divorce consommé entre des communautés qui se côtoyaient, le retour difficile en métropole, servent de toile de fond à cette enquête où Martinez va beaucoup donner, sacrifier... Un roman à hauteur d'hommes, mais d'hommes emportés par la grande Histoire.

Friday, February 25, 2022

A la droite de Dieu, Jérôme Fourquet, editions du cerf

La loi sur le mariage pour tous a constitué un électrochoc pour certains catholiques. Elle est venue remettre en question leur "importance" au sein de la société civile. Comment une religion d'état a-t-elle pu devenir minoritaire dans son propre pays, la France fille ainée de l'église ? La place croissante de l'Islam n'augure-t-elle pas d'un avenir sombre pour ces croyants ? Ils se sont alors fédérés en divers mouvements pour tenter de contrer leur perte d'influence. A la droite de Dieu de Jérôme Fourquet nous présente ces différents mouvements, leurs tentatives pour faire fléchir le législateur, influencer l'opinion. Quelques données chiffrées et une présentation de ce lobbying nous permettent de mieux cerner les liens existant entre le monde politique et ces groupes aux convictions affirmées. L'assassinat du Père Hamel et, la mise en cause de François Fillon dans le cadre du Penelope Gate ne feront qu'exacerber ce sentiment de différence et de divorce avec une opinion publique de tendance athée. Le livre de Jérôme Fourquet est intéressant car il nous présente des tendances, un ressenti. Et une tentative de réaction face à ce déclin... Il aurait pu être plus étoffé, mais il mérite une lecture pour toutes personnes s'intéressant au développement des groupes d'influence.

Monday, December 20, 2021

A mort le chat... Jérémy Bouquin, editions Lajouanie

Faites leur bouffer des OGM... C'est la dernière mission confiée à un lobbyiste côté... Sauf que ce mec fonctionne à la dope, aux cachetons, à l'alcool, à la baise sauvage. En plus il est parisien et a un super carnet d'adresses, de quoi vous faire une belle brochettes de salopards. Dans ces conditions, la réalité est déformée ! Je n'avais jamais lu de livre de Jérémy Bouquin jusqu'à présent. Eh bien quelle erreur ! Vous avez envie de cynisme, de férocité, de colère, d'une écriture sous amphets ? Vous voulez voir un héros complètement frappadingue, vous avez le coeur bien accroché ? Parce que ça charcle... Ah et enfin vous aimez le tuning de flingue ? Et des balles qui vont avec ? Foncez ! Bouquin est fou, mais dans le bon sens du terme. Il met des tripes dans son livre. Pas de fioriture, un héros qui est une belle ordure, mais qui représente si bien notre société. Pas de complaisance chez l'auteur, pas de naïveté, l'action se déroule à 300 à l'heure. Y a des "putain", des gros mots, des filles faciles, des ordures. Un chat qui cause. Ce bouquin est purement jouissif, c'est du roman noir mais pas que. J'ai envie de dire que l'auteur prend son pied à écrire et que nous, lecteurs, sommes happés dans son sillage. On se demande comment son personnage va évoluer au fil de sa descente aux enfers. Pensez donc un parigot pur jus qui se retrouve à la cambrousse. Si je vais râler sur des fautes d'orthographe malvenues, je me dis que comme vous allez vous ruer ce livre par centaines parce que vous avez bon goût, les prochaines éditions seront au top. Putain ce que c'était bon ce bouquin.
et tu le trouves où ce livre ? ici notamment LAJOUANIE EDITIONS

Sunday, February 07, 2021

La délinquance des jeunes, les 13/19 ans racontent leurs délits, Sébastian Roché

Demander à des jeunes gens s'ils ont participé à des délits, les laisser répondre librement, sans les juger : c'est avoir un instantané de cette criminalité qui pourrit la vie de nos concitoyens. Dans cet ouvrage le sociologue Sébastian Roché ne va pas se faire dogmatique. Il va analyser, mettre le doigt sur certains faits frappants. Exploiter les données de cette enquête de terrain. Très vite, les chocs vont se faire ressentir : Et d'une 5 % des délinquants concentrent la majorité des délits. Un choc, on peut parler d'hyperactivité, on peut en chercher les raisons liées à la pauvreté ou à l'origine ethnique, mais M Roché renvoie vite dans les cordes, ces politiciens arguant de leur idéologie pour justifier le monde. La mollesse face à la délinquance (vous voyez quelqu'un dégrader, vous ne réagissez pas, l'absence de réponse du système) favorise un endurcissement. L'absence de supervision des parents en rajoute. Y a -t-il une délinquance d'origine maghrébine ? Oui hélas, elle est le fait d'une minorité, souvent couverte par d'autres, mais cette délinquance retentit sur toute la communauté. L'ignorer c'est passer à côté des causes, favoriser cette installation de la délinquance sur le long terme. Les juges sont débordés et pourtant ils ne connaissent qu'une infime partie des faits à juger, beaucoup sont classés sans suite, quand enquête il y a. Troisième choc de cet ouvrage paru en 2001.
Vous l'aurez compris, Sébastian Roché devrait être lu par les politiciens toujours dans l'instantané. En attendant, cet ouvrage a peut-être vieilli mais les récentes affaires mettant en exergue des MNA font basculer la délinquance des jeunes, celle-ci semble durablement installée, peut-on encore la combattre ? Et comment ?

Wednesday, January 27, 2021

Les magistrats sur le divan de DOMINIQUE VERDEILHAN

Après l'exploration du métier de flic, un détour par celui de juge... Soyons clairs, lorsque j'ai pris ce livre à la bibliothèque je n'avais pas un a priori favorable sur cette profession. J'ai beau avoir fait droit, je ne suis pas dupe de l'état de la société et de sa mollesse à réagir devant les criminels. surtout les multirécidivistes et les auteurs d'incivilités qui pourrissent la vie de leur cité; Dominique Verdeilhan est allé à la rencontre de procureurs, magistrats, juges pour enfants et il a mené une sérieu d'entretiens avec des professionnels plus ou moins connus... On y rencontre des femmes et des hommes confrontés à la solitude du métier et à la violence, la déliquescence de la société. Et surtout un état qui entend éviter l'incarcération, appliquant en cela le droit européen (hm) Ce sont des rencontres touchantes, bouleversantes, éclairantes. Entre les magistrats menacés dans certains tribunaux près de zones de non droits, ceux confrontés à des affaires d'une violence extrême qui ferait passer un roman de Karine Giebel ou de Claire Favan pour de l'amusette (des enfants brûlés, la tête fracassée et autres), on retrouve certains faits divers marquants (le fiasco Gregory, l'ogre Fourniret , les attentats de 2015 que l'on a trop tendance à remiser comme de l'histoire, quand certains sont entrés les premiers pour voir les corps étalés...) Verdeilhan trouve toujours un angle d'approche intéressant et on se prend à dévorer ce livre. Mon a priori est amoindri, nos juges sont les exécutants d'un état qui se décharge sur ses fonctionnaires de ses manques, les jetant en pâture aux masses. Dommage que l'on n'ait pas abordé la fameuse affaire du mur des cons... Un livre à découvrir, une profession indispensable, des femmes et des hommes au contact de la fange sociale... LECTURE PLUS QUE RECOMMANDEE

Friday, January 01, 2021

Un flic passe aux aveux, Patrice Lastère

Immersion dans une police passée, celle des années 80/90
Patrice Lastère en a des choses à raconter, depuis son passage au 36 quai des orfèvres jusqu'à ces petits commissariats de banlieue où il va gérer le quotidien morne de cités livrées à l'abandon avec des effectifs se réduisant à peau de chagrin... Bien sûr il n'est qu'un maillon de la chaîne, mais tout de même. Il ne va pas toujours se donner le beau rôle, lui le fort en gueule, mais il offre un instantané d'une époque, des réformes qui ont affecté l'institution Police. Oui il a joué avec les stats pour que son commissariat reste bien classé. Oui les stats, ça reste de l'écriture comptable... Manque de moyens, personnalités flirtant avec l'illégalité, chef écoutant des chants nazis, fonctionnaires adeptes du chiffre, ministre demandant des faveurs, dossiers à enterrer, Lastère raconte avec sa gouaille et nous immerge dans le quotidien des flics. Ca sent la tabac, on devine la mauvaise bouffe, l'atmosphère machiste parfois, l'attrait pour les femmes, la vie facile, souvent... Méfiance envers les homos, criminalité venue de l'étranger qui suscite la colère, il pourrait choquer nos bien pensants actuels incapables de se projeter dans une réalité pas toujours glorieuse. Mais l'institution évolue... La tolérance commence à s'installer. Ce que raconte Lastère : c'est le manque patent de moyens. Des commissariats délabrés, des fonctionnaires qu'on essore, certains qui perdent le feu sacré et rejoignent l'autre côté. Et pourtant malgré ces circonstances, des liens existent entre ces hommes habitués à serrer des malfrats... Il y a un respect par rapport à certains criminels, ceux qui sont réglos. Une méfiance envers cette génération montante, un avertissement par rapport aux émeutes de 2005 (une guerre civile redoutée) Un livre passionnant de bout en bout... pour se le procurer

Sunday, October 25, 2020

Il faut sauver le monde libre Mathieu Lainé

Mathieu Lainé est entrepreneur et professeur affilié à Sciences po, éditorialiste au point et au figaro; Ce livre, je l'ai reçu en service de presse car il m'intéressait très fortement. Voici la 4eme de couverture recopiée Les civilisations ne doivent jamais s'endormir sur leurs acquis. Pas plus qu'un autre, le monde libre et ses fondamentaux ne sont à l'abri. S'ils succombent, ce sera de nos propres failles, de nos déviances idéologiques, de notre lâcheté aussi. Pour éviter le pire, il est urgent de nous lever et de réveiller nos consciences. Il n'y a pas d'alternative. Il nous faut sauver le monde libre. L'aider à se réinventer, faire de ses vertus oubliées et des apports de la modernité le socle d'où s'élèvera notre destinée commune. Replacer, au coeur de toutes nos décisions, la solidarité et le souci de toutes les personnes humaines. Refonder notre pacte commun et revisiter nos identités à l'aune de ce qui doit toujours prévaloir, y compris face aux grands défis de notre temps : la liberté. Sauver le Monde libre : vaste sujet. Après un passage obligé par l'historique de nos démocraties, du statut de la personne, Mathieu Lainé va développer sa philosophie, à savoir que par monde libre, on entend un monde libéral. Débarrassé des carcans des lois trop strictes, de l'étatisme, un monde où l'on se déplace volontiers pour avoir une vie meilleure... Après avoir vanté "le président Macron, l'excellent Ministre de l'éducation Jean Michel Blanquer", il va tenter de nous démontrer que le monde occidental doit favoriser le marché, que celui ci est la seule possibilité de mettre un terme aux inégalités économiques... Disons le clairement, je lis ce genre de livre avec l'esprit ouvert. Lainé parle d'une crise affectant nos économies, nos sociétés (crise de représentativité, ascenseur social en panne) etc : il n'a pas tort, convenons-en. Il propose de regarder ce qui ne va pas pour aboutir à une réforme, là encore on ne peut qu"abonder. Le problème c'est que sa réforme passe par davantage de Uber, de libéralisation etc... Libérer des énergies d'entrepreneur... On croirait du Ronald Reagan, du thatcher... Et au traverser de la crise que nous vivons, sa théorie tombe un peu à l'eau. Les air b n b, les uber etc ont pâti de cette crise très fortement. De même les employés de ce genre de société réclament un statut quand M Lainé lui réclame la liberté d'investir, de multiplier les boulots. Il occulte le fait que l'administration relève de l'état pour normalement éviter la prévarication, il zappe les forces d'ancien régime où l'administration d'un ministère était à la charge de son ministre... Pour lui l'administration entrave, gêne. Ce serait elle seule la responsable de la paupérisation d'une partie de la population parce qu'elle bloque l'initiative. Il va ensuite s'attaquer aux nationalismes qui seraient responsables de cette situation, quand ils sont souvent une réaction à la mondialisation débridée. Quand les usines ferment, quand les services publics dans les zones les plus fragilisées reculent, le nationalisme progresse parce que le sentiment d'abandon est manifeste. Sur les gilets jaunes, il n'y a pas de prise en compte de cette France périphérique. Il nous parle d'entrepreneurs, mais il n'a pas un mot pour les assistantes maternelles, payées moins de 5 euros de l'heure !!! Idem des aides à domicile dont le quotidien est de trimer, de se déplacer pour des salaires pas mirobolants. Pourtant sans ces personnes, les entrepreneurs ne pourront pas exister non plus. Il parle de libéralisation des marchés quand la lecture du dernier numéro de la revue de l'AFIS évoque la protection des patients français par un marché contrôlé. En effet, en France, les faux médicaments n'ont pas encore réussi à pénétrer dans les officines pharmaceutiques en raison de notre spécificité. En ligne la majorité des médicaments vendus sont des faux. Sur l'éducation, Mathieu Lainé nous parle de son grand-père qui a pu monter l'échelle sociale et devenir médecin, il pense les réformes actuelles bonnes pour la France. Il s'insurge des 20 % d'illétrés avec raison, mais il zappe une fois encore que ce chiffre ne varie pas ou peu depuis les années 80. Il ne parle pas des écoles supérieures dont le coût prohibitif les interdit aux classes moyennes et populaires. Il ne parle pas de la nouvelle politique visant 75 % d'une classe d'âge à la licence. Or il y a de quoi dire sur cet universitarisation des études. Il défend ensuite l'idée d'une migration bonne pour l'Europe et leur pays par l'envoi d'argent.Mais il occulte le fait que la majorité des immigrés arrive sans formation, qu'ils occupent des postes subalternes et que leurs enfants, une ou deux générations plus tard, ne veulent pas de ces postes sans parvenir pour autant dans des proportions importantes à accéder à des postes autres. Je vais être clair, le collège est la première source de sélection, le lycée la seconde. Lorsqu'on lit des ouvrages sur la radicalisation, on se rend compte que les parents les mieux intégrés mythifient l'école et qu'il en ressort de la frustration. Au final, ce livre invite à la discussion, à la confrontation. Il y a une crise de la société française et je pense occidentale. Il n'y a jamais eu aussi peu de votants aux consultations électorales dans notre pays et dans les autres démocraties. A l'inverse l'agora devient virtuelle, mais sans contrôle. Si je vous dis demain qu'il suffit de boire son urine contre le covid je convaincrai des gens. Ce monde est en mouvement, mouvement due à des menaces écologiques de plus en plus prégnantes, menaces liées à des entités civilisationnelles qui ne partagent pas les mêmes valeurs. Si l'Etat gagne à être réformé, il faut pour cela agir avec de la responsabilisation (je suis d'accord, ) avec de la culture, avec de la lutte contre toutes les fraudes... Mais imposer les lois du marché à toutes et tous n'a pas fonctionné dans les années 80...

Saturday, October 17, 2020

Les Erythréens de Léonard Vincent

Ils déambulent dans des camps de migrants, hommes noirs et en groupes... Ce sont les Erythréens... Mais que sait-on d'eux ? De leur pays ? Pourquoi viennent-ils en Europe ? Que fuient-ils ?
Après plusieurs décennies de lutte contre l'Ethiopie avec le soutien de la Chine, l'Erythree obtient son indépendance. Helas en 2001 peu après les attentats qui remodèlent le monde, leur dirigeant MAIS ISSAIAS AFEWORKI ferme le pays... Très vite, un système de dictature s'installe. Les jeunes sont emmenés dans des casernes pour servir le pays, d'autres fuient, certains disparaissent à la grande indifférence du monde. Le jeu politique devient à sens unique, les médias étrangers et les étrangers deviennent persona non grata. Dans les Erythréens, Léonard Vincent évoque cette tragédie en rapportant des témoignages de personnes ayant fui leur pays... La fuite à travers un pays militarisé, l'aide des Soudanais trop heureux d'encaisser une manne de la part de ces réfugiés, le périple à travers l'Afrique, l'esclavage mis en place par certains groupes politiques choyés de quelques uns de nos politiciens qui feraient bien d'ouvrir les yeux, les femmes violées, les morts il nous raconte sans ambages, ce que ces hommes et ces femmes ont vécu... Puis peu à peu on découvre une autre réalité : celle des camps de migrants aux conditions déplorables pour des individus n'ayant d'autre but que cette fuite. On va ensuite évoquer cette multitude d'opposants au dirigeant actuel, incapables de s'unir : de beaux discours confortablement installés en Europe... On retrouve ces immigrés qui par lassitude ou pour préserver leur famille aux pays acceptent d'être surveillés par une police politique et reversent une manne à la dictature... !! On aurait voulu des témoignages directs de ces migrants. 20 % de la population aurait quitté le pays dixit l'auteur, alimentant ainsi des maffias spécialisés dans la traite des humains... Ce livre nous interroge sur les migrations, sur l'interventionnisme dans certains pays mais pas dans d'autres. A l'heure où les propos anti occidentaux se multiplient par rapport à l'Afrique (néocolonialisme etc), il est à craindre que ce pays indépendant demeure loin des centres d'attention de nos médias qui ne peuvent y accéder... Léonard Vincent a tenté d'en parler, mais est-ce que cela suffira ?

Friday, May 15, 2020

Les yeux des Ténèbres, Dean Koontz

Danny avait 8 ans quand il a péri dans un horrible accident.
Si horrible qu'on a refusé à sa maman le droit de voir son fils...

Et voici que depuis quelques jours des messages apparaissent dans la chambre de Danny, "pas mort"


Dans les années 90, il y avait la collection pocket terreur, collection de roman dans le genre fantastique horreur avec des livres oscillant du roman de gare au roman un peu plus littéraire... J'avoue en avoir dévoré pas mal et y avoir découvert des pépites.

Dean Koontz était l'un des piliers de cette collection, mais les livres y oscillaient entre très bons et très moyens, le tout dépendant du traducteur. Disons le sans ambages un livre traduit par Jean Daniel Brèque était un livre avec une âme, un style.


Disons le clairement ici, c'est mauvaise pioche avec minimum syndical.
Pas de véritable suspension d'incrédulité, on suit une intrigue réglée selon un rythme assez lourd.
Les messages se multiplient, la maman veut enquêter, les gros méchants surgissent... Heureusement elle trouve un allié, amant...


Il n'y a pas de véritable recherche de l'auteur sur le sujet, juste du basique
Bref un roman très moyen, vite lu, vite oublié

Thursday, April 02, 2020

Un charmant petit village, Jean-Michel Lecocq, Lajouanie editions

Villecroze un charmant village du sud de la France, avec ses bars, ses joueurs de pétanque…
Dommage qu’un double suicide soit venu ternir l’ambiance.
Mais s’agit-il d’un double suicide ?
Le commissaire Théo Payardelle est dépêché sur place pour voir s’il n’y aurait pas anguille sous roche…



Jean Michel Lecocq nous emmène dans ce petit village qui n’est pas aussi calme que l’on pourrait le croire en apparence. Comme dans toute communauté humaine il y a des frictions, des rancoeurs… C’est lentement, par petite touches qu’il nous invite à Villecroze.
Par l’entremise de sa plume alerte et entrainante, nous nous y installons, en y savourant une certaine douceur qui fait du bien. On aurait envie de goûter aux plats qu’il décrit. D'ailleurs, on les hume, on s'en régale...

Une galerie de personnages intéressants, un style vif, l’auteur nous ravit aussi en nous envoyant sur de fausses pistes. Les rebondissements se multiplient, on échafaude des théories. On se surprend à enquêter à la place de Payardelle, à vouloir imbriquer les pièces du puzzle…



Pour faire simple, je dirai que ce charmant petit village a su m’enthousiasmer. Loin des thrillers à 3000 à l’heure, voilà un roman policier plus que sympathique qui implique le lecteur et met sa sagacité à l’épreuve.

Tuesday, February 25, 2020

Une fille comme les autres, Jack Ketchum

Elle s'appelle Meg, elle est venue vivre avec sa soeur Susan, chez sa tante Ruth.
Juste après le décès de ses parents dans un accident de voiture.
Elle est attirante.
Mais très vite la situation va tourner au cauchemar...

C'est ce que David le héros de ce roman pourrait nous confier.
Il est adolescent, il croise Meg, il la trouve à son goût et pourtant, IL va être l'un de ses bourreaux...
Car dans les années 50/60, on ferme vite les yeux.

Stephen King, c'est le conteur par excellence dans le genre fantastique.
J'ai enfin découvert Jack Ketchum et je peux dire que c'est le conteur dans le polar.
Polar ou roman noir ,

Une fille comme les autres, c'est une immersion totale dans une réalité détraquée, celle de Meg entre les pattes de sa tante et de ses cousins.
C'est le calvaire d'une adolescente prise comme souffre-douleur.
C'est l'évocation des lâchetés ordinaires, d'une époque où ce qui se passait chez le voisin lui appartenait.

Une fille comme les autres c'est un bouquin malsain et pourtant, on tourne les pages, on veut savoir.
On va de plus en plus loin dans la descente.
On se surprend à ne pas juger David quand nous-même devenons témoin, complice de cette folie du quotidien.
On se surprend à trembler pour Meg confrontee à cette tante, psychologiquement atteinte. Peut être malade d'une tumeur au cerveau.
Savoir que ce roman est inspiré d'un fait divers ne peut que nous faire réagir, briser la mer gelée en nous.

Oui ce roman c'est un coup de poing dans le ventre, dans les parties les plus sensibles de notre anatomie. C'st surtout un livre très bien écrit qui amène à s'interroger sur cette frontière ténue séparant le bourreau de son complice par passivité.

Un formidable roman noir.

Thursday, February 13, 2020

Les Lucioles, Jan Thirion, EDITIONS LAJOUANIE

Qu'est-ce qu'un livre réussi ?

Pour moi, c'est un ouvrage qui reste en vous après que vous l'ayez lu....

Laissez moi vous parler des Lucioles.

Tyrone vit avec son chien Biscoto, son père sa belle mère et ses enfants
C'est un garçon innocent, marqué par un coup du sort.
La société est injuste et pour y remédier, les Lucioles sont là qui apportent du réconfort aux plus démunis, aux exclus. Les Lucioles c'est un parti qui aide le peuple.
D'ailleurs, les gens ne vont pas tarder à le choisir comme force politique principale.
Evidemment, les atours ont beau être attrayants, il y a derrière les Lucioles un côté obscur.

Jan Thirion devait être un mec génial, je ne l'ai pas connu.
Parce qu'avec ses lucioles, il a écrit un livre sur le totalitarisme, mais un 1984 à la portée des adolescents.
Pas de style excessif, juste une simplicité des mots, des scènes. Une lecture plus qu'abordable.
Pas un Hunger Games, juste l'histoire d'un gamin ordinaire qui assiste à un changement.
Un livre qui vous prend aux tripes, à l'âme.
Les Lucioles sont des tyrans en puissance, mais ils sont avant tout l'incarnation des extrémismes, des fanatismes et de leurs dérives.

Difficile de ne pas faire un parallèle avec 1984 de Orwell
avec ces sociétés sous la coupe réglée d'une dictature, difficile de ne pas penser à notre société.

Expurgée de quelques coquilles, voici le livre que l'Education Nationale devrait proposer à ses collégiens souvent en rupture avec les classiques..

Je n'ai pas connu Jan Thirion, mais ce devait être un homme brillant
en tout cas, il a légué avec ses lucioles un livre prodigieux.
Une réflexion.

UN CHEF DOEUVRE.