Sunday, October 29, 2017

ENTRE DEUX MONDES / OLIVIER NOREK

Adam est membre de l'ASL, une force d'opposition à Bachard El Assad...
Il doit fuir la Syrie avec sa famille.
Bastien Miller est un flic muté à Calais où il découvre la jungle.
Des milliers de kilomètres, et pourtant leur destin vont se croiser.


Lorsqu'Olivier Norek a annoncé qu'il voulait écrire un roman sur la jungle de Calais, j'ai craint le pire.
Idem quand sur sa biographie, il est écrit qu'il a oeuvré dans l'humanitaire.
En effet soyons clairs, Calais, ce n'est pas un sujet simple. Il y a autant de points de vue qui s'affrontent, de la détresse humaine d'un côté, une région qui voit ce passage de migrants( des aires d'autoroute fermées sur l'A26 de Arras jusqu'à la Côte, des citoyens excédés, d'autres accueillants.), des salopards qui s'engraissent, un état plus ou moins défaillant.


Passées les premières pages, je peux dire que Norek a su dissiper mes craintes.
Entre deux mondes est un roman efficace, sans concession.
Il va adopter une pluralité de points de vue bienvenus, SURTOUT EN CES TEMPS. Montrer que chaque homme, chaque femme de l'histoire est différent, un individu. Il va aussi nous montrer ces personnes qui fondent la jungle, humanitaires, groupuscules, passeurs, hommes à la dérive, êtres au passé trouble.

Moins violent que Michel Vigneron, mais sans concession néanmoins, Olivier Norek montre la violence endémique qui règne dans ce camp de fortune, les viols des mineurs, les menaces, la peur, les dérives dans le camp et dehors...

L'écriture est d'une fluidité absolue, ciselée, les chapitres s'enchaînent et on a envie de savoir si Adam apprendra la vérité, qui est Kilani ce petit garçon mutilé qu'il a sauvé des Afghans.
En même temps que Bastien, on perçoit que ce camp appartient à l'Histoire, qu'il modèlera la cité des bourgeois à jamais.
Comment rester insensible à ces histoires personnelles ? Mais aussi comment ne pas léser une population déjà fragile sur place ? Certains objecteront que les Calaisiens sont nantis, mais le sont-ils tant par rapport à nos élites ???????????
Lorsqu'on sait que le camp de Grande Synthe fut incendié par certains migrants, qu'à Norrent Fontes, une bagarre causa un mort à cause de passeurs, les faits révélés par Norek prennent un jour nouveau.

Et que dire du terrorisme qui se nourrit du terreau fertile de la misère, de la frustration, de la détresse psychologique ?

D'un autre côté on se dit que tous ces hommes, ces femmes rêvant de YOUKE, l'Angleterre, se leurrent. Sont leurrés. Par les passeurs, les médias... Mais ils s'avèrent les rouages d'une société déglinguée, de pays à la dérive...
Leur migration est une ultime tentative pour fuir un quotidien brisé, par la guerre, par une économie désastreuse.

Personnages sincères, intrigue prenante, roman à l'oeil acéré sur la réalité, alternant le passé simple (merci parce que ras le bol de lire des romans au présent) et le présent de narration, Olivier Norek offre avec ENTRE DEUX MONDES son roman le plus abouti, le plus socialement ancré. Un roman pétri d'humanité. BREF UN CHEF D OEUVRE.










Sunday, October 01, 2017

Carrières Noires, Elena Piacentini

3 femmes de ménage nature qui rêvent d'acheter une maison pour leurs vieux jours.
Une sénatrice ignoble qui tient son monde au moyen de dossiers compromettants.
Des enfants disparus dans les carrières sous Lézennes.
Une ombre qui rôde...


Lorsque Pierre Arsène Leoni découvre le corps de Justine Maes, il est loin de se douter qu'il vient de mettre un doigt dans une enquête dangereuse.


Le polar est un art du réalisme, dépeindre les personnages, instiller leur caractère à coups de petites touches subtiles, c'est ce qui révèle un vrai auteur, son talent.
Et après avoir refermé ce Carrières Noires, je peux vous garantir qu'Elena Piacentini a du talent à revendre.
Son histoire se déroule dans la banlieue de Lille, mais personne n'oserait lui jeter à la figure que c'est uniquement un polar "régional", parce que ses protagonistes, si elles sont typiquement nordistes, représentent aussi des gens que l'on peut côtoyer, des gens que certains qualifieraient de rien (eh Manu, tu descends de ton piedestal ?), mais qui sont beaucoup. Marquées par la vie, par la famille, effectuant leur boulot pénible au jour le jour en attendant la retraite. Rêvant. De même, ses politiciens représentent une certaine conception des autorités. Carriéristes forcenés, ignobles, personnages pour lesquels l'homme est un loup pour l'homme. J'ai noté une réplique sur le coût des costumes d'un candidat à la présidentielle (et pourtant la première édition date de 2012), sur ses frasques sexuelles, preuve que certains se prennent pour le roi soleil. Quant à ses flics, ils ont leur part d'ombre, leur humanité mise à mal au gré des événements.
Son héros corse évoque un roc fissuré depuis la disparition de son épouse, vivant chez une grand-mère, personnage tutélaire, ombre pleine de sollicitude. Ce qui est marrant, c'est qu'à force, on n'a plus besoin de lire les traductions des phrases en corse car elles coulent de source.

Ca sonne juste. L'intrigue est prenante, avec des coups de théâtre, des enquêteurs se démenant. Des évidences qui n'en sont pas.
Non, ce n'est pas un thriller, mais un très bon policier, une peinture de notre société. UNE HISTOIRE QUI VOUS RESTERA LORSQUE VOUS L'aurez terminé.

D'autres aventures de Pierre Arsène Leoni ont vu le jour, je vais me faire un plaisir de les découvrir;

POUR COMMANDER CET OUVRAGE (je décide en ce jour de ne plus donner de liens amazon c'est par ici

Wednesday, August 30, 2017

Meurtres pour rédemption, Karine Giebel

Marianne de Gréville. 21 ans, condamnée à perpet' avec une peine de sûreté pour meurtres.
Une gamine qui a suivi le mauvais gars et que la société a condamnée.
Une meurtrière, une bombe à retardement,coincée entre quatre murs
Condamnée à s'imposer dans un milieu où la violence prévaut.
Violence des autres détenues, violence de l'institution.


Et s'il existait un moyen de sortir de ce milieu sans espoir ?


Marianne de Gréville : voilà un personnage que je n'oublierai pas.
Avec elle, on retrouve l'ambiance de Midnight express. La prison, l'univers carcéral où les plus forts s'imposent, où pour exister il faut s'imposer, quitte à tuer. Un univers avec ses codes, ses déviances.Où les uniques portes de sortie sont la drogue, les promenades...
Un univers qui broie aussi lorsque la punition tombe, le mitard, les fouilles au corps...

A la base, Marianne n'a rien d'une enfant de choeur (on la condamnerait volontiers si on était juré, tueuse de flics, de vieille personne), pourtant Karine Giebel sait faire naître notre compassion et notre empathie. Elle nous interroge aussi sur cette violence qui naît parfois, que notre société ne sait pas canaliser.

Car une fois entre quatre murs, quelle rédemption possible pour cette jeune femme violente ?
Terrifiante par certains aspects ?
Désireuse de vivre alors qu'elle a tué et que la société l'a condamnée à être exclue ?

Outre la relation aux détenues, la romancière nous montre l'institution pénitentiaire, gérant la surpopulation, oscillant entre gardiens tortionnaires et gardiens compatissants.. (certains diront qu'elle ne présente pas des gardiens ayant peur des représailles)
Ou gardiens tentant de contenir la bête, comme Daniel le surveillant chef qui profite de sa position pour obtenir de la détenue des faveurs sexuelles jusqu'à....

Et puis il y a l'autre aspect du roman : Marianne extirpée de son milieu pour exécuter des personnes.
Je n'en dis pas trop pour ne pas déflorer l'intrigue.
Là encore, après la prison, que peut devenir cette femme ?
Peut-elle recouvrer la normalité alors que ses valeurs ont été déformées, distordues par des rencontres ?

Meurtres pour rédemption est donc comme un opéra en plusieurs intrigues, un roman à tiroirs.

Chez Giebel, la plupart des mecs sont de beaux salauds...
Mais, il y a toujours un mais.
Une évolution se fait jour.
Ce roman m'a fait penser à un chemin de croix, à des stations que l'on franchit (comme les trains qui passent marquent ces moments), à une quête de quelque chose qui nous fait parfois défaut : l'humanité.
Car Marianne la criminelle va révéler cette humanité chez pas mal de ces personnages. Les faire évoluer, être en adéquation avec eux-mêmes, même si la rédemption n'est souvent qu'une étape avant la mort, comme si après avoir été tourmenté il fallait passer à une autre existence.
Comme si cette existence était le purgatoire où l'on doit se laver de ses fautes et le laisser aux pires engeances...

CE ROMAN EST UN CHEF D OEUVRE.
987 pages pour réfléchir, se poser des questions, dans un thriller.
Bravo.


Aidez l'association Bouée d'Espoir



Tuesday, August 01, 2017

ces lieux sont morts, Patrick Graham

Le docteur Searl ramène les personnes plongées dans le coma. Pour l'une d'elles, il manque le départ en vacances avec sa famille, ses enfants, leur belle-mère... C'est à ce moment qu'un psychopathe surgit...


Une claque, une leçon d'écriture magistrale : voilà ce que j'ai pris en lisant ces lieux sont morts.
Pourquoi, parce que l'auteur a toujours su me surprendre.
On suit avec empathie ces héros confrontés à un tueur hors normes. Les passages dans ce que j'appellerai le monde du coma sont excellents. Searl, le shérif atteint d'un cancer, le tueur, Mila, tous sont des personnages qui vous marquent, vous touchent. Par petites notes instillées, l'auteur nous donne envie de nous attacher à leurs pas.
Graham a une écriture très visuelle et on se demande pourquoi le cinéma n'a pas encore adapté ce roman, tellement il est riche.
Certes, il est violent, nous confronte à nous-mêmes...
Mais il n'a rien à envier aux grands thrillers comme seven, le silence des agneaux... Bien au contraire,.
Et puis il y a ces rebondissements multiples, cette impression d'être embarqué par l'auteur
En outre la richesse, tient au background dont je ne vous révélerai rien.

Plutôt qu'une longue critique, un seul mot : lisez.


JE FINIS JUSTE EN DISANT QUE PATRICK GRAHAM A CUMULE LES GALERES CES DERNIERS TEMPS
CF ICI

MAIS JE LUI SOUHAITE ET DUNE DALLER MIEUX.
ET DE DEUX DE POUVOIR REPRENDRE
PARCE QUE PUTAIN CE MEC IL A UN TALENT FORMIDABLE

Friday, July 14, 2017

Les 400 coups du Kronprinz, Jacques Thelen

Trois restaurateurs assassinés sur la côte picarde, peut-être guillotinés et Clemenceau entre dans une colère folle.
Et s'il s'agissait d'un complot visant à protester contre la non application de la peine capitale par le président Fallières...?
Une seule solution : dépêcher sur place un excellent flic Lemercier, une aide précieuse pour ce policier Deibler : le bourreau.
Et pendant ce temps, désireux de chasser autant les proies que la gente féminine, le fils du Kaiser a décidé de prendre quelques jours de vacances sur place.

Je ne sais pas ce que vous attendez lorsque vous plongez dans un livre. Moi j'attends d'être entraîné, happé, et si j'y apprends quelque chose je suis ravi.

Eh bien les 400 coups du Kronprinz, c'est tout ça à la fois !!! UN ROMAN DYNAMIQUE / TRUCULENT / DEPAYSANT

Dans une mise en scène excellente, servi par des dialogues truculents (oui je me répète, mais ce mot c'est le dynamisme français, la richesse de notre langue par opposition à une uniformisation stupide) qu'on croirait sortis de la série les Brigades du tigre (la série, pas le film daube avec Cornillac), Jacques Thelen nous emmène en Picardie, près de le Crotoy. On se plonge dans le début du XXème, lorsque la côte s'avère lieu de villégiature pour des personnes fortunées... Ce qui n'empêche pas la population de rester à l'écart de cette effervescence. Pêcheurs, marins, personnel de maison n'y parlent d'ailleurs que le picard. Quoique ces dames de la haute société s'offrent parfois à de beaux hommes virils.
Dans ces lieux retirés, la technique peine à pénétrer, ce qui permet de découvrir une enquête à l'ancienne.
Thelen sait rendre les lieux vivants et si ce roman est catalogué régional, je trouve cette étiquette réductrice. Bon sang, on vous décrirait le Mont Saint Michel, vous seriez aux anges, idem si on vous parlait d'un obscur fjord... Là la Baie d'authie devient vivante, visuelle, avec ces phoques, ses plages, ses ports, ses odeurs, son architecture si particulière. La Baie d'Authie, c'est beau !
Et puis il y a Deibler, les informations sur la guillotine, savamment utilisées... Et l'amour de la bonne chère !

Ah j'allais oublier, non c'est faux, le contexte, la venue du Kronprinz, qui permet de voir la montée des périls... sur fond de complots...

De nos jours, il y a les romans qui se contentent de reprendre les mêmes recettes, qui bénéficient d'un marketing efficace, d'un diffuseur agressif qui va les placer jusque dans les supermarchés, qui cartonnent en librairie, parce qu'on les achète une fois l'an (au bon moment avant la fête des mères, en novembre, avant Noël) et puis il y a des perles. Vous savez ces futurs bijoux qui restent dans les huîtres sauvages. Pour moi Les 400 coups du Kronprinz, c'est une perle, un roman qui mérite de dépasser le cadre régional pour être découvert par des lecteurs de partout. Un roman qui va se dévorer.
EXCELLENT.

Sunday, July 02, 2017

Dompteurs d'ange, Claire Favan, La bête noire

Parce qu'il a été incarcéré à tort, parce qu'en prison, il a servi d'exutoire aux autres prisonniers, Max Ender décide de se venger d'une manière toute personnelle. Il va kidnapper les enfants de ses bourreaux et les retourner contre eux, contre la société.


J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de Claire Favan, cette romancière née en 1976.
D'ailleurs je vous l'avais interviewé pour ce blog voir ici

Dans Dompteur d'anges, elle frappe très fort. Une erreur judiciaire, un enchaînement de violence, une victime qui devient bourreau, décide de se venger. La première partie de son roman est d'une intensité surprenante, je le concède.
Le postulat de départ m'a vraiment scotché et la vengeance de Max Ender qui suit sa dégringolade est vertigineuse.

Puis le roman bascule dans une seconde partie, une marque de fabrique de Claire Favan que l'on avait découverte dans le tueur intime par exemple où le tueur disparaissait pour commettre ses crimes.

Je n'en dirai pas trop pour ne pas dévoiler le suspens, mais là j'ai eu un peu de mal à me remettre dans l'ambiance.
Pourquoi ?
Ce n'est pas mal écrit, loin de là, mais peut-être en aurai-je voulu davantage dans la première partie, ou alors une vrai continuité qui aurait été difficile à mettre en scène je le concède.

Par la suite, le roman reprend son rythme de croisière, on sent arriver un truc ou deux, mais c'est prenant, happant comme un tgv lorsqu'on se tient sur le bord du quai. Simplement, oui je vais paraître pénible, j'ai eu l'impression qu'à vouloir happer à tout prix, Claire Favan se sent obligée de pratiquer la surenchère alors que non, cela ne s'impose pas vraiment. Son intrigue est béton, ses personnages auraient gagné à davantage de profondeur encore, je pense à l'un des héros broyé dans l'étau du mensonge pour lequel on se sent pris de sentiments ambivalents.




Alors que penser de Dompteur d'anges ?
C'est un très bon roman, on ne peut pas le nier, mais j'espère simplement que Claire Favan ne tombera pas dans le piège de la surenchère pour les prochains, parce que ce serait dommage. Il est des horreurs psychologiques qui terrifient davantage. Perso, je suis convaincu que Claire Favan saura nous surprendre avec son prochain bébé de papier, mais nous surprendre d'une autre manière que dans le tueur intime, en jouant sur une autre construction, en nous prenant à contrepied...

Je vais juste conclure avec une agréable impression sur la collection la Bête noire. La mise en page est agréable, la police de caractère idem, c'est un très bel objet livre et le prix reste abordable.


Friday, June 23, 2017

Retours Amers, Fabrice Pichon, editions Lajouanie

Marianne Bracq est une commissaire en disponibilité après une affaire qui l'a marqué.
Elle est sur les traces de son frère, enlevé comme elle à ses vrais parents par une secte.
Pendant ce temps, à Besançon, sa ville, un homme est assassiné, émasculé.
Et si Marianne se retrouvait impliquée à son tour ?


Que dire de Retours Amers ?


C'est un roman qui révèle un auteur, orfèvre de l'intrigue.
Avec Pichon, on ne va pas avoir des explosions à chaque coin de rue, mais des personnages profonds, tourmentés quelquefois, en quête d'eux-mêmes très souvent. Des personnages confrontés aux épreuves, humains quoi.
Ce qui m'a marqué dans cet ouvrage, c'est que tous les personnages cherchent quelque chose, que ce soit Bracq, ses collègues ou même l'autre coté de la barrière... En fait, ils nous ressemblent et c'est en ça que le livre fait mouche.

Par son écriture très visuelle, on suit avec plaisir cette enquêtrice et ses collègues dans une affaire sombre, on imagine le film ou le téléfilm qui irait avec.

Pichon parvient à transformer Besançon en terrain de chasse pour serial killer, mais aussi pour un flic. Ce n'est pas un roman régional, bien au contraire. De toute façon, l'adjectif régional est stupide! Dirait-on à Stephen King que lorsqu'il écrit sur son Maine, il est régional ?????

Marianne est une héroïne attachante, femme dans un monde de mecs, femme qui espère autre chose, aspire à autre chose aussi...
Et pourtant par son boulot plus qu'utile, par sa solitude de divorcée avec une enfant à charge, rien n'est simple.

L'histoire est prenante, et même si j'avais deviné l'identité du tueur, je me suis fait avoir par la fin...

Bref un livre paru chez un editeur qui peaufine ses ouvrages, un livre que vous devriez lire.
Un auteur qui mérite d'être découvert.


Thursday, June 08, 2017

Hôpital de Calais : un nouvel équipement

Il y a quelques mois, je vous parlais du projet relayé par l'association LUDO62 : installer à l'hôpital Techer de Calais, un irm 3 TESLA doté d'un équipement apaisant pour les enfants.

150 000 euros ont été glanés grâce à des bénévoles dévoués et hier j'ai pu assister à l'inauguration.

Que dire ?
Si ce n'est que la société PHILIPS contribue à dédramatiser cet examen oppressant.
des jeux de lumière, des effets sonores vous immergent dans une autre ambiance et vous font oublier la présence de l'hôpital.
Le système aussi bien utilisable pour les enfants que chez les plus âgés est beaucoup plus performant que l'ancienne génération et offrira un confort pour toutes et tous.

MERCI AUX MECENES
MERCI AUX BENEVOLES

Ca fait du bien de voir que l'argent peut contribuer à améliorer la vie de nombreuses personnes !

Wednesday, May 24, 2017

Norek, Favan, Carbonel, Maravelias, Saussey, Thilliez etc.. et Kaan

seront au sommaire de l'anthologie DONS des EDITIONS ATELIER MOSESU


Cette anthologie version papier sortira en septembre 2017, le 12.


Elle est déjà disponible en version électronique.

A LA FNAC par exemple (ici)
chez AMAZON (là)
sur la place des libraires (à ce lien)

Un pourcentage du prix sera versé à l'ADOT, association pour le don d'organes et de tissus humains.
VOICI LE SITE DE L"ASSOCIATION EN QUESTION

Alors si vous avez envie de lire du polar et de contribuer à soutenir cette cause importante, achetez cette anthologie.
En attendant, partagez l'info un maximum

merci d'avance.

Thursday, May 18, 2017

Serre Moi fort, Claire Favan

Lana a disparu... Sans laisser de traces.
Depuis ses parents la cherchent partout, convaincus qu'elle a été victime de l'origamiste un tueur en série.
Et que dire de son frère Nick pour qui la vie est devenu un enfer à cause de cette frangine portée aux nues par ses géniteurs.

Avant dernier roman de Claire Favan, Serre Moi fort est un roman efficace.
Présent de narration, immersion totale dans la psyché des personnages, construction en 3 actes, l'auteure du Tueur Intime nous livre un opus percutant.

Pourquoi ? tout d'abord parce que stylistiquement, le présent s'avère un booster de lecture. Vous dévorez, vous voulez savoir. L'écriture est fluide...
Bon ok, je vais juste pinailler en disant que le décor américain n'est pas toujours justifié vu le peu de descriptions de l'univers américain, mais bon c'est vraiment pour pinailler.

La psyché des personnages, beaucoup de rebondissements en série, de coups de poing dans la figure du lecteur, de mise à bas des personnages comme chez Karine Giébel. On les croit sauvés et le destin s'en mêle !!! Bref chapeau bas.
Pour une certaine scène, j'ai vraiment eu beaucoup de mal à laisser de côté mon empathie...

construction en 3 actes, comme dans le tueur intime, Claire Favan propose une construction éclatée dans le temps et ça marche à merveille. D'ailleurs ca marche aussi chez OLivier Norek dans surtensions...

Et l'histoire ? Le tueur en série, c'est pas trop casse pied ?
Mais non messieurs dames !!! au contraire, par rapport à ses précédents, Claire Favan parvient à se renouveler, à surprendre.

Alors, je ne ferai pas plus long. Très bon roman.




Friday, May 12, 2017

Maîtres du jeu, Karine Giebel.

De trop nombreux lecteurs considèrent la nouvelle comme un genre mineur.
En effet, ils pensent que le roman est noble, nécessitant des centaines de pages,gage d'une histoire bien développée.
Ce discours, je l'entends assez souvent en dédicace.

La nouvelle, elle, serait une idée jetée sur le papier mais ne nécessitant pas ces centaines de pages...

ILS SE GOURENT !!!

La nouvelle, c'est un genre à part, celui qui demande la concentration de l'intrigue en un espace utile de développement. En peu de pages, vous devez poser vos personnages, développer l'intrigue et conclure, si possible avec une chute, source de frustration. L'idée est, selon moi, de laisser une liberté au lecteur que le roman lui dénie.
Des nouvelles ont produit d'excellents films quand des romans ont fourni des daubes.

Lors du dernier salon du polar, j'ai pris à KARINE GIEBEL , Maîtres du jeu. Un livre à 2,9 euros paru chez pocket et contenant deux nouvelles, peut -on parler de recueil ?
Oui.


post mortem et j'aime votre peur sont donc les deux nouvelles composant ce recueil.

Dans la première, une actrice reçoit d'un admirateur une maison en héritage.
Après avoir affronté une famille en partie hostile, elle décide de s'y rendre avec son mari, un raté de première.
C'est du Giebel, imprévisible, plein de rebondissements avec des personnages riches en noirceur.
C'est efficace, on sent le crescendo, mais en une phrase Karine Giébel vous claque la tête au sol quand vous ne vous y attendez plus.
Certes le thème peut paraître classique, mais la narration est brillante, l'histoire suffisamment tordue pour vous la faire apprécier.
EXCELLENT

J'aime votre peur, met en scène un tueur en série échappé de l'asile où on l'avait enfermé et réfugié au sein d'une colonie pour enfants déficients mentaux.
Là encore, Giebel met en scène des héros torturés, tordus... Violent contraste avec ces enfants innocents.
L'intrigue monte, le malaise aussi...
Les retournements se succèdent, preuve que ce n'est pas la longueur du texte qui fait, mais l'efficacité du metteur en scène, en l'occurrence l'écrivain.
Si j'avais senti la fin venir, ce qui atténue un peu mon plaisir, Karine Giébel confirme (si besoin en était !) qu'elle est une écrivain talentueuse, méritant sa place au firmament des auteurs français de thriller.

Novelliste et romancière, avec ses deux textes, Karine Giebel nous offre un concentré d'adrénaline à un prix sympathique.


Monday, May 08, 2017

Oscar Pill, la révélation des Médicus Tome 1

Orphelin de père, Oscar Pill vit avec sa mère et sa soeur un peu bizarre à Pleasantville.
Jusqu'au jour où on vient le chercher pour intégrer l'école des médicus, ces personnages capables d'entrer dans les corps humains et d'y combattre les pathologicus...


Attention roman jeunesse excellentissime !
franchement, l'auteur prend un malin plaisir à créer un monde de toutes pièces, à transformer le corps humain en lieu de bataille avec ses habitants l'hépatocyte, l'erythrocyte...

Un régal véritable avec des inventions : l'arbre joueur de foot surnommé Zizou, la bibliothèque des savoirs aux livres étonnants...

Car outre une facilité de lecture, un univers sympathique, des héros attachants, Eli Anderson nous permet de découvrir l'univers médical avec un foisonnement d'idées. On se croirait dans ces romans d'autrefois où l'imaginaire avait droit de cité. Où l'on ne se contentait pas de repomper ce que les autres écrivaient.


De l'action, des retournements de situation, des révélations annoncent les tomes suivants dont je reviendrai vous entretenir prochainement...

dernier truc : c'est meilleur qu'Harry Potter !



Monday, April 17, 2017

Mala Vida, Marc Fernandez

L'Espagne contemporaine, marquée par la crise. Les dernières élections ont porté au pouvoir des nostalgiques de Franco.
Dès le soir de la victoire, un jeune député de ce parti est assassiné... Abattu en pleine rue.
Puis surviennent d'autres meurtres.
Dans ce contexte où la mainmise sur les médias s'exacerbe, Diego Martin, un journaliste de radio, épine dans le pied des puissants, découvre un scandale qui risque de faire vaciller le pouvoir.


Que dire de ce roman ?

Disons qu'il est comme le cinéma espagnol : différent, il apporte un souffle nouveau, car on a tendance, nous Français, à oublier que Franco fut au pouvoir jusqu'en 1975. Lorsqu'on pense Espagne, on voit davantage le Pas de La Case avec ses magasins, les vacances au soleil, un souci à l'aéroport de Barcelone avec la gardia civil (oups ça c'est perso) et non un pays qui fut ravagé par la guerre civile, le pays de Guernica. Un pays qui tomba entre les mains d'un régime autoritaire, parce que les forces de gauche (surtout les extrêmes???) se déchiraient, parce que les régimes fascistes prêtèrent main forte aux militaires, fameuse légion condor. Et pourtant cela se passait, il n'y a pas si longtemps.
Le pays fut victime d'une vraie saignée dans ses forces vives, mais échappa à un conflit mondial, hormis des soldats dépêchés sur le front de l'est dans le cadre de la légion azul.


En ce qui concerne l'histoire que je vais m'efforcer de ne pas spoiler, elle démarre après le retour au pouvoir des nostalgiques de Franco, suite à la crise née de la frénésie immobilière, cette volonté de tout miser sur le tourisme. Cette intégration de l'Europe qui devait préserver l'Espagne comme elle le fit de la Grèce des tentations autoritaires.



On appréciera particulièrement le personnage de Diego, qui, je ne sais pas pourquoi, m'a fait penser à Pepe Carvalho, le détective privé. L'auteur le rend réel, avec sa cigarette, son studio et sa solitude liée à un épisode sanglant de sa vie. Ses doutes, sa volonté de faire triompher la vérité coûte que coûte. C'est un personnage humain, terriblement attachant. Peut-être proche d'une recherche d'autodestruction ?

Ce qu'il y a de puissant dans cet ouvrage, de coup de poing à la face pour le lecteur, c'est de voir que dès l'arrivée au pouvoir, le contexte change. Une purge de la presse s'opère peu à peu, les manifestations sont plus encadrées, et une réaction de rejet militantiste naît chez ceux qui ont perdu les élections, les plus sensibles politiquement. On se rappelle d'un certain mois d'avril en France gonflé de manifestation et qui se termina par un gros psschit. N'avait-on pas à l'époque vu les effectifs de certains partis gonfler et retomber l'année suivante ?

Marc Fernandez insiste aussi sur l'influence de l'Eglise en tant qu'entité proche du pouvoir, choquée par l'adoption du mariage homosexuel et défenderesse d'un ordre moral, sur le rôle de l'Opus Dei et de groupuscules extrémistes. En cela, l'Eglise espagnole parait assez monolithique et se différencie de l'église française durant l'occupation allemande... Là encore le genre d'infos qu'on découvre.

En parallèle, le scandale démarre un peu tard à mon sens, puisqu'il survient après l'élection alors qu'il aurait pu remettre en question l'arrivée de ce groupe au pouvoir et c'est en cela que je suis un peu plus mesuré. Sans compter la personnalité du tueur dont je ne dirai rien, mais qui m'a paru aller contre son camp...

Au final, Mala Vida est un roman qui permet de s'immerger dans un pays si proche et si éloigné de nous à la fois, on sent la patte du journaliste. Cependant, il aurait mérité d'être un peu plus long, de développer davantage encore le côté indigné de DIego par rapport à la violence politique, d'où qu'elle vienne.


Wednesday, April 12, 2017

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard

En délicatesse avec le Pape, Michel-Ange se voit proposer un chantier à Constantinople, chantier qui lui assurera la consécration car Leonard de Vinci en a été écarté : il devra réaliser un pont.

Sur le papier, un résumé prometteur, au final, un livre vite lu, vite oublié.
Pourquoi ?
Parce que ça manque de tripes, parce que c'est gnangnan, il ne se passe pas grand chose et les personnages sont insipides.

Développons.

Vous savez c'est de la littérature détachée, on a l'impression d'être un entomologiste observant un insecte depuis l'autre côté de la vitre. Sans risque, sans contact.
Et pourtant, on sent que M Enard est un amateur de cette région du monde, qu'il a les codes, la culture.
Il y a juste qu'il ne la rend pas vivante, qu'on ne s'en imprègne pas vraiment.Aucune odeur, aucune émotion (le poète homosexuel qui ne se déclare pas, c'est d'un lassant !!), Michel Ange et sa belle andalouse avec laquelle il s'allonge, idem.

Ou alors son éditeur ne s'est pas vraiment foulé...
En tout cas, ici on ne franchit pas cette frontière entre l'Orient et l'Occident, on subit cette lecture plus qu'on ne la vit.

Le roman (novella ???) est court, sans trop de rebondissements.
on peut faire tenir l'ensemble sur 5 lignes.

Michel-Ange arrive à Constantinople après des mésaventures avec le Pape.
Il découvre la ville.
Il réalise son plan après qu'on lui ait dit qu'on médisait sur son compte à Rome.
On tente de l'assassiner.
Il repart la queue entre les jambes.

FIN TADAM !!!

Au final, vous avez compris que je n'ai guère été convaincu, vive les médiathèques qui permettent néanmoins de s'ouvrir à d'autres styles littéraires.

Friday, March 24, 2017

Du feu de l'enfer, Sire Cédric

Manon Virgo est thanatopractrice, elle a un frère Ariel, un loser né qui a la particularité de se mettre dans les embrouilles.
Cette fois, il a juste piqué une bagnole, sauf que cette bagnole appartenait au membre d'un groupe particulier. Et qu'à l'intérieur, il y a un objet que ces fous sanguinaires entendent récupérer par tous les moyens.


Dernier thriller de Sire Cédric, écrivain de mon âge, qui a d'abord publié dans les littératures de l'imaginaire, ce roman marque un basculement de l'auteur vers le genre réaliste pur et dur. Fini le fantastique qui permet davantage de simplicité dans l'intrigue, place au roman policier bien documenté et surtout bien exploité. On sent qu'il y a des recherches de l'auteur derrière les thèmes développés, mais en tant qu'auteur je peux vous dire que lorsque la recherche s'insère parfaitement dans le récit, le mec maîtrise son truc. Et là, tu as bien bossé Cédric, où est la réalité, où est la fiction ? C'est nickel.
Ici, c'est nickel, parce que les articles de journaux sont employés à bon escient.


Si je reprocherais à Sire Cédric des pages où les paragraphes se limitent à des phrases simples, une volonté de littérature adrénaline comme dans tout thriller qui se respecte, ce qui est justifié sur la fin, je peux vous dire que c'est un reproche vraiment mineur car il nous embarque dans son intrigue. Et il ne va pas à la facilité d'un style au présent...

Et les lieux ?
Ok, ça se passe dans le sud, mais personne ne viendrait lui dire "c'est un roman régionaliste !" pas du tout. Sire Cédric décrit des lieux qu'il connait, il les fait vivre, il n'a pas besoin de se dépayser aux states ou ailleurs et l'intrigue est très bonne. Bien sûr, on y parle du diable, mais surtout de sectes, de sociétés secrètes, on bascule vite dans une logique du Trust No One chère à X files et à tous ces films de complot. On se demande qui va trahir, qui est un allié. Il y a encore les influences de ses précédents écrits, mais on sent que l'auteur s'en démarque, à raison... Sans les renier.

J'avoue que je me suis fait avoir à plusieurs reprises.

LES PERSONNAGES SONT BIEN CAMPES
Sire Cédric leur donne un background, m^me si on voudrait en savoir davantage sur certains d'entre eux, parce qu'on est bien dans son roman. Bien si on aime les thrillers efficaces !

Du feu de l'enfer marque donc un tournant dans la carrière d'auteur de Sire Cédric, c'est un roman efficace, visuel, qui mériterait d'être adapté en film ou plutôt en série, parce qu'il y a des pépites en France et celui-ci en est un. Bref lisez le et vous vous régalerez.

PS Bravo Cédric, juste un truc pour le prochain, surprends nous davantage encore, ni tueur en série, ni secte, chiche ?

Thursday, March 16, 2017

NOREK EN POCHE ! (Surtensions / presse pocket)

sortie de ce mois ci du dernier opus d'Olivier Norek.
Son éditeur m'ayant envoyé un sp, je vous remonte la chronique parue l'an dernier. Un excellent bouquin.

Un centre pénitentiaire, des détenus terrorisés par des congénères violents, une administration dépassée ou parfois corrompue... L'enlèvement d'un jeune Juif dans une cité de la banlieue parisienne... Une équipe de flics menée par Victor Coste qui tente de maintenir un semblant de présence étatique dans une société violente, partant en vrilles...

Difficile de résumer le dernier Norek. Si ce n'est que c'est un roman éclaté en apparence.
Les intrigues si distantes au départ nous montrent une France mise à mal par des coupes budgétaires (pénitentiaire, police, justice), par l'abandon de l'autorité rassurante, par un laisser aller, par une Justice dépassée par de nouvelles formes de criminalité nées de la crise, de la médiatisation d'affaires violentes, par l'argent facile.

Car en fait tout tourne autour de cette notion de plaisir facile, de céder à ses pulsions. Que ce soit l'enlèvement, le meurtre, le vol, le plaisir pervers, Norek pointe les travers d'une société où le libéralisme, l'instantané et le relativisme des moeurs conduisent à transformer des individus en criminels. Où l'arme devient prolongement de personnes sans doute, à la morale effacée.

A côté, Coste et son équipe font figure de personnalités usées, dépassées par cette ambiance, par cette possibilité d'être lynchées médiatiquement ou par des supérieurs carriéristes. Et puis la vie d'un flic qui se prend toute cette misère intellectuelle ou sociale en pleine tronche n'est pas simple. Les retrouvailles sont une manière de lutter contre la pression. Mais sitôt seul, on redevient un homme ou une femme.



Dans la prison, il y a les codes de prisonniers, leurs règles qui dépassent celles de la République. Celle-ci semble en retrait. C'est violent, c'est cru, c'est le constat d'un échec. C'est un roman sombre. Le constat d'une époque. Pourtant au milieu de cette société à part émerge parfois un hommage, une reconnaissance... Tout ne serait donc pas perdu ? Ou alors tout n'est-il donc qu'une question de respect que l'on gagne ?

Puis peu à peu, les pièces du puzzle vont s'imbriquer, emportant les personnages dans la folie, dans la violence, dans le dégoût. C'est beau, c'est un opéra, c'est puissant, vibrant. On dévore ce roman plus que Territoires qui était déjà un excellent roman. Il n'y a aucun temps mort.

Olivier Norek a construit Surtensions comme un thriller efficace avec plusieurs enquêtes qui nous montrent différentes facettes de la société criminelle. Les chapitres sont bien calibrés, les émotions sont intenses, le doute nous tiraille. Les relations entre les personnages résonnent en nous. Rien ne nous est épargné, mais pas dans un souci de nous choquer, plutôt de nous réveiller je dirais. Existe-t-il encore des limites ???



Volontairement, je n'en dévoilerai pas davantage, mais Surtension est à mon avis le meilleur Norek. Un roman que l'on devrait faire lire à tous nos politiciens démagogues aux donneurs de leçons, un roman qui révèle une société fissurée, fracassée..

Bravo Olivier et je te fais confiance pour que les prochains soient encore meilleurs.

Tuesday, February 28, 2017

De fièvre et de sang / Sire Cédric

Sire Cédric est un écrivain qui a débuté sa carrière dans le milieu gothique, livrant des contes glauques avant de basculer, il y a quelques années dans le thriller. J'ai eu la chance de publier dans l'emblèmes la route l'un de ses textes sensibles (bon je suis désolé de parler souvent de cet emblèmes, mais ce fut une super expérience d'anthologiste). Depuis Sire Cédric a poursuivi sa carrière brillamment.

De Fièvre et de Sang met en scène l'enquêtrice albinos EVA SVÄRTA et le Commandant Vauvert.
Après avoir mis hors d'état de nuire deux ordures de tueurs en série, véritables bouchers, dans le sud de la France. Les deux flics se retrouvent confrontés à des affaires similaires, un an plus tard sur Paris. Même modus operandi.

Ont-ils laissé échapper un tueur ? Les tueurs en série sont-ils revenus d'entre les morts ?

Bon moi ce que j'aime chez Sire Cédric, c'est qu'il sait instiller un véritable climat dans ses textes. Ici, on plonge d'emblée en pleine action. Les personnages prennent corps, on sent l'odeur du sang... Un style entraînant, des chapitres bien calibrés et on se surprend à se demander si on est en plein thriller ou dans un thriller fantastique.
En tout cas, on veut savoir.
Le passé de son enquêtrice, son caractère tranché la rendent intéressante au possible, idem de Vauvert, flic bourrin, rentre-dedans.
Les pages s'enchainent, les meurtres aussi que rien ne semble pouvoir arrêter tant le tueur a un temps d'avance... C'est une écriture adrénaline et très visuelle, on imagine bien le film que l'on pourrait en tirer. ceci explique sans doute que ce roman ait obtenu le prix cinécinéma frisson et le prix du polar au festival de Cognac !



Franchement, j'ai pris sur mon sommeil pour savoir, même si la fin m'a paru s'étirer un peu en longueur. Cédric, si tu lis cela, j'ai trouvé qu'il y avait un ou deux chapitres de trop... Oui, je sais, je fais mon chieur, mais voilà c'est comme l'histoire du démon à trois sexes dont on ignore le nombre de testicules !!! ;-)

En tout cas, j'avoue, j'ai passé un très agréable moment de lecture . Un très bon thriller fantastique. ET je lirai les autres avec... AVIDITE !!!

SIRE CEDRIC SERA EN DEDICACE A LA RUCHE AUX LIVRES DE WAVRIN PRES DE LILLE LE 4 MARS.
IL SERA AUSSI AU SALON DU POLAR DE LENS...

POUR SON NOUVEAU ROMAN
sûr que j'irai le voir ! :-)

Friday, February 17, 2017

Saturday, February 11, 2017

L'innocence des bourreaux, Barbara Abel

On doit à Barbara Abel, auteur de 47 ans, plusieurs romans dont DERRIERE LA HAINE / APRES LA FIN dont je vous avais entretenu visiteurs, il y a quelques temps déjà.


L'Innocence des Bourreaux est son avant-dernier opus. Le dernier s'intitule JE SAIS PAS et j'avoue il me fait de l'oeil...

Mais revenons à nos moutons.

Une supérette de quartier. Un braquage par un paumé, les événements s'enchaînent et des existences vont s'en retrouver à jamais affectées.

Barbara Abel, pour moi c'est d'abord une observatrice aigüe de la réalité contemporaine.
Je vais tenter un parallèle curieux en vous parlant des caractères de La Bruyère, qui nous offrent du moyen âge autant d'instantanés. (aparté, j'avais eu le plaisir d'en étudier avec Mme Roy au collège d'Aumale dans les années 80 et cela m'avait bien plu, soit dit en passant à l'époque elle nous avait montré des textes de genre hétéroclites de la sf à Tistet Védène et la mule du pape). Barbara Abel, donc, saisit ce qui fait les individus de nos jours. Du drogué en manque dont la vie a basculé et dont les perspectives sont réduites à néant, en passant par le comptable qui s'est envoyé sa jolie collègue réceptionniste parce que la tentation est désormais omniprésente, sans oublier les femmes très importantes dans son oeuvre, malmenées par la société.
Car chez Barbara Abel, la femme qui réussit sa vie n'est pas à l'abri pour autant, c'est flagrant. On le voit avec le personnage de la vieille dame aigrie, Germaine Dethy ou celui d'Aline. Les deux sont prises dans l'étau d'une société patriarcale.

Le roman démarre donc avec des chapitres nous présentant les principaux protagonistes et ça fait mouche, comme dans les autres romans que j'ai lus d'elle. C'est juste. Ca tape là où ça fait mal.
Pas un mot de trop, juste l'efficacité.

Puis ces êtres vont se croiser dans un supermarché et là,une épreuve va les amener à révéler qui ils sont.
Car, Barbara Abel donne un tour autre que celui attendu à son roman. Le braquage dérape évidemment, mais pas comme on l'attend et je n'en dirai pas plus, parce que je n'entends pas vous gâcher l'intrigue.

Le livre se lit très vite car on est happés (oui je mets un s à happés), l'empathie monte, la tension atteint son paroxysme, c'est toujours aussi efficace sans effet sanguinolent. Juste une peinture de personnages authentique.
Ces êtres, c'est nous et c'est en cela que ce roman est redoutablement efficace.

Bref, oui je suis subjugué. Barbara Abel est avec Claire Favan, Karine Giébel, une de mes reines du thriller.


Saturday, February 04, 2017

la liste de mes envies, G DELACOURT

Jocelyne a épousé Jocelyn, elle habite Arras, elle tient une mercerie, lui bosse chez Haagen Dasz.
Un jour elle gagne l'euromillion, soit 18 millions.
Elle se pose alors la question "que faire avec cet argent ?", ne faut-il pas mieux y renoncer pour garder sa vie tranquille ?



La Liste de mes envies, c'est du roman pour lecteurs qui n'aiment pas être chamboulés, transportés ailleurs.
J'aurais presque envie de dire des petits lecteurs qui se dévorent un bouquin encensé par la critique et peuvent en parler ensuite en disant : "que c'est extraordinaire !"

C'est un roman (ou une novella ????) à l'image d'une France en quête de romantisme, une frange de France défiante envers l'argent forcément mauvais dès lors qu'il fait irruption dans votre vie, un public qui encense un mode terre à terre... Le style est à cette image, plat, banal, convenu.
Pas de fulgurance, de jeux de mots exceptionnels. Pas de description des lieux, juste des personnages... On dirait un plat préparé qui a toujours la même saveur.

Pendant tout l'ouvrage ou presque on partage les états d'âme de cette dame respectable dont la vie se retrouve bouleversée. Les premiers temps, elle hésite, puis elle encaisse le chèque, dresse une liste de petits objets qu'elle voudrait acquérir... Sans jamais les acheter car elle craint les autres, d'être sollicitée.
Le passage à la française des jeux et la rencontre avec la psychologue auraient mérité d'être le point de départ de ce conte moderne.
On aurait voulu voir une gagnante confrontée à cette somme, confrontée à l'envie des autres, aux demandes. Une dame simple qui s'interroge sur 'argent parce qu'elle voit ses effets destructeurs de près. De ce point de vue là, G Delacourt aurait marqué ses lecteurs car ici il offre l'image d'un personnage sitôt lu, sitôt oublié.
Et pourtant, pourtant il y a des réflexions dans ce roman, au détour de quelques pages.
Jocelyne et Jocelyn sont authentiques, des gens comme on en cotoie mais ce n'est pas inoubliable.

Puis Jocelyn vole Jocelyne, disparait pour mener la grande vie et le roman continue de somnoler.
Au moins je l'ai lu chez le médecin en patientant...

La liste de mes envies est un roman intéressant à mon avis, mais l'auteur travaille avec filet quand il aurait pu donner un coup de poing salvateur au lecteur. Dommage, très vite lu, sans doute vite oublié.





Tuesday, January 31, 2017

AU REVOIR LA HAUT, PIERRE LEMAITRE

Pour une fois, je vais vous parler de littérature blanche.
Pourquoi ce livre ?
Parce que j'avais dévoré cadres noirs de Pierre Lemaître, il y a quelques mois.

Au revoir, là haut, c'est l'histoire de deux soldats liés par la guerre, par ce qu'elle a fait d'eux.
Une gueule cassée pour l'un, un homme redevable pour l'autre...

Dans ces années post-bellum, Albert et Edouard vont chercher à se reconstruire.
Jusqu'à avoir l'idée de monter une escroquerie aux monuments aux morts...

Pierre Lemaitre a une plume, c'est indéniable, même si le début du roman m'a paru un peu longuet, je l'admets.
Puis peu à peu, l'intrigue se met en place et l'on suit avec empathie ses deux héros qui resteront ancrés dans nos mémoires avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs traits de caractère.
A côté, Lemaître dépeint avec talent la France d'après guerre, l'influence des sociétés patriotiques, des charognards en quête de marché public, la flopée des gueules cassées, ces mutilés que l'on ne cherche pas à réinsérer...
C'est puissant, ça vous prend aux tripes.
Bien sûr, on n'échappe pas à certains clichés, mais ceux ci rendent plus sympathiques encore ces deux petits, broyés par la machine militaire et une grande boucherie.

Si je n'ai qu'un regret, c'est que ce livre ait un terme car une fois installé dans cette histoire, on est dans un film prenant, formidable.

Un livre à découvrir.

Thursday, January 05, 2017

chroniques en oblique

TERMINUS ELICIUS de Karine Giebel

Une vieille fille qui bosse dans la police. Une vie monotone, prendre le train, retrouver maman, jusqu'au jour où un tueur en série la contacte.

Avec ce roman, Karine Giebel déployait déjà son talent à tisser sa toile et à nous y prendre.
Du quotidien banal d'un femme marquée par la vie, elle nous prend au coeur d'une intrigue bien construite.
Jusqu'à un final Giebelien.

Un bon roman


Mo Hayder : Viscères.
Un couple pris en otage par deux hommes, un flic qui enquête sur la disparition de son frère...
Et des pages, des pages pour que Mo Hayder daigne bâtir un suspense à peu près digne de ce nom.
Le motif de l'enlèvement est d'un banal, voire peu plausible. Quant aux coups de théâtre, ils tirent le lecteur de l'ennui car l'auteur se regarde écrire...
Pour une première rencontre, j'avoue je suis déçu.

Meilleurs voeux

Pour 2017, soyez le terreau fertile qui fera prospérer, graines d'espoir, de sourire et de progrès pour toutes et tous. Pour ce faire, je vous souhaite la santé la meilleure, la sérénité, le lâcher-prise sur les contraintes stupides et l'envie de vous relever quand les épreuves vous font ployer. Vous êtes toutes et tous l'amour de quelqu'un, ne l'oubliez jamais !