Friday, February 17, 2017

Saturday, February 11, 2017

L'innocence des bourreaux, Barbara Abel

On doit à Barbara Abel, auteur de 47 ans, plusieurs romans dont DERRIERE LA HAINE / APRES LA FIN dont je vous avais entretenu visiteurs, il y a quelques temps déjà.


L'Innocence des Bourreaux est son avant-dernier opus. Le dernier s'intitule JE SAIS PAS et j'avoue il me fait de l'oeil...

Mais revenons à nos moutons.

Une supérette de quartier. Un braquage par un paumé, les événements s'enchaînent et des existences vont s'en retrouver à jamais affectées.

Barbara Abel, pour moi c'est d'abord une observatrice aigüe de la réalité contemporaine.
Je vais tenter un parallèle curieux en vous parlant des caractères de La Bruyère, qui nous offrent du moyen âge autant d'instantanés. (aparté, j'avais eu le plaisir d'en étudier avec Mme Roy au collège d'Aumale dans les années 80 et cela m'avait bien plu, soit dit en passant à l'époque elle nous avait montré des textes de genre hétéroclites de la sf à Tistet Védène et la mule du pape). Barbara Abel, donc, saisit ce qui fait les individus de nos jours. Du drogué en manque dont la vie a basculé et dont les perspectives sont réduites à néant, en passant par le comptable qui s'est envoyé sa jolie collègue réceptionniste parce que la tentation est désormais omniprésente, sans oublier les femmes très importantes dans son oeuvre, malmenées par la société.
Car chez Barbara Abel, la femme qui réussit sa vie n'est pas à l'abri pour autant, c'est flagrant. On le voit avec le personnage de la vieille dame aigrie, Germaine Dethy ou celui d'Aline. Les deux sont prises dans l'étau d'une société patriarcale.

Le roman démarre donc avec des chapitres nous présentant les principaux protagonistes et ça fait mouche, comme dans les autres romans que j'ai lus d'elle. C'est juste. Ca tape là où ça fait mal.
Pas un mot de trop, juste l'efficacité.

Puis ces êtres vont se croiser dans un supermarché et là,une épreuve va les amener à révéler qui ils sont.
Car, Barbara Abel donne un tour autre que celui attendu à son roman. Le braquage dérape évidemment, mais pas comme on l'attend et je n'en dirai pas plus, parce que je n'entends pas vous gâcher l'intrigue.

Le livre se lit très vite car on est happés (oui je mets un s à happés), l'empathie monte, la tension atteint son paroxysme, c'est toujours aussi efficace sans effet sanguinolent. Juste une peinture de personnages authentique.
Ces êtres, c'est nous et c'est en cela que ce roman est redoutablement efficace.

Bref, oui je suis subjugué. Barbara Abel est avec Claire Favan, Karine Giébel, une de mes reines du thriller.