Une magnifique couverture de P Jozelon, des nouvelles de Denis Labbé dont j'ai lu le précédent recueil paru chez Argemmios : voici ma dernière lecture en date.
Ici l'auteur nous livre des textes parus entre 1997 et 2009, mais aussi quelques inédits.
Disons le d'emblée, certains textes m'ont plus touché que d'autres. C'est le propre du recueil de nouvelles qui dépend de la sensibilité du lecteur. De son état d'esprit à l'instant où il parcourt les pages.
Si j'ai un reproche à adresser à l'auteur, c'est d'avoir publié des textes soumis aux editions de l'oxymore en leur temps, textes qui ne m'ont pas trop emballé parce que l'auteur essayait de se couler dans le moule de la maison d'édition, je pense à la Voie D'Amaterasu, fantasy japonisante avec quête et tutti quanti.
Mais commençons par le commencement, Labbé navigue entre les genres, on va ainsi le découvrir auteur d'uchronie (vous savez ce fameux "et si" qui modifie l'histoire. Et si Hollande avait perdu les élections ?), dans la fantasy urbaine, dans le fantastique moderne, dans la sf. Autant de façons d'approcher un auteur décidément trop ignoré (et à tort) des amateurs français d'imaginaire.
Le texte s'ouvre avec le Banquet, histoire inquiétante d'une invitation en Italie. Le fantastique naît au coin de la table dans un huis clos terrifiant. Puis vient Plastic Doll, nouvelle puissante qui prend sa source dans le réel glauque... Le pire c'est qu'on en connaît des accompagnatrices de plastic doll...
Les Giacomettis, la Tour nous ramènent à une horreur psychologique, la peur d'être traqué par un ennemi séculaire... Brillant ! sentiment de malaise garanti. Dire que Lovecraft aurait pu se baser à Bavay !
Un peu de poussière sur tes lèvres est une nouvelle classique par le thème développé, mais ce que c'est bon ! Pareil les persos font mouche car on en connait... Histoire d'un monogame en série ou serial niqueur...
(je me rends compte que j'ai de drôles de relations)
Viennent ensuite l'enjôleuse joggeuse, une nouvelle sur une séductrice démoniaque...
Eh oui chez Labbé, la séduction n'est pas innocente loin de là, on retrouvera d'ailleurs ce thème dans Cereza, nouvelle d'une cruauté cinglante, troubles nés entre un professeur et son élève. Lorsqu'on sait que pour l'écrire, l'auteur s'est inspiré d'un collègue...
Masquarade est un autre texte remarquable paru dans l'antho noires soeurs aux editions de l'oeil du sphinx, preuve que les petites maisons d'édition recèlent aussi des pépites. Une fête devient orgie (plus sexe tu meurs !), puis bascule dans le fantastique... Dans l'horreur. C''est un texte que j'ai dévoré, parce que les tableaux sont si bien dessinés par les mots. Franchement l'un de mes textes préférés du recueil.
L'ardoise est un autre texte fantastique , histoire d'un gosse chahuté par la vie. On se croirait chez King par la peinture du milieu, l'efficacité en plus.
chez Denis Labbé, il y a la séduction et les enfants malmenés des thèmes récurrents qu'il renouvelle chaque fois.
Frappes préventives, l'uchronie où l'ordre des templiers a pris le pouvoir en France m'a emballé jusqu'à la chute... Je n'ai pas compris le pourquoi du comment (eh oui, ça arrive). Dommage.
J'entends battre ton pouls aurait dû paraître à l'oxymore, mais là encore ce texte m'a paru surécrit, par rapport au reste de la production de Denis Labbé. Trop d'effets sur les phrases tue l'émotion.
Parce que Labbé excelle quand il vous donne un coup de boule d'encre, quand il est sincère...
Il écrit bien le Labbé, mais je déteste quand il surécrit (ça me fait penser à du.....Pas de nom), quand il joue le style pour le style car il perd alors de son naturel.
L'oeil de Malachite est de la fantasy urbaine avec un magasin spécial... Là encore, je pense que Labbé tient un truc, comme sa vampire Ludivine dont il pourrait faire un recueil le bougre. C'est une histoire mêlant la banlieue et la magie, une histoire qui aurait gagné à être encore plus développée à mon avis. Preuve que l'on se plait dans l'univers.
La lune mord la queue du chat ..., là encore une uchronie, mais là encore je suis passé à côté... Pas évident de faire une nouvelle d'uchronie p-ê.
A la décharge de l'auteur j'avais détesté pages perdues de P Di Filippo.
Encore un comprimé mon garçon est un texte diablement efficace, terriblement d'actualité avec enfant hyperactif et traitement... TEXTE REALISTE...
Et enfin Neovocyte 41 un texte de sf clôt le recueil. Histoire d'un monde où certains restent exploités.
AU FINAL QUE RETENIR ?
MIROIRS D'AMBRE CONFIRME QUE DENIS LABBE A DU TALENT. CE RECUEIL CONFIRME AUSSI QUE L ON PEUT SE PROCURER DE L INEDIT A PRIX CORRECT. LABBE DEVELOPPE SES THEMES SEDUCTION / ENFANCE... IL MONTRE AUSSI QU IL A PLUS DUNE CORDE A SON ARC. Que sa sincérité stylistique, son naturel, est ce que l'on attend le plus chez lui... VOILA MAINTENANT VOUS SAVEZ TOUT. BONNE LECTURE A VOUS.
Des genres de l'imaginaire au policier, ne laissez pas la vilenie et la bassesse du monde vous contaminer, ouvrez votre esprit, votre âme.
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Monday, February 18, 2013
Miroirs d'Ambre, Denis Labbé
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Sunday, January 13, 2013
Marelle d'Ombres de Denis Labbé
Il est des auteurs que l'on croise en salon et que l'on n'a pas vraiment lu. Manque de temps, pas d'occasion... Pourtant on a discuté avec eux et le courant est passé. Ils ont l'air d'avoir des trucs intéressants à raconter... Toutefois, ils ne trustent pas quelques forums, quelques sites faiseurs de pluie et de beau temps, encensés comme des dieux.
Dernièrement, je me suis procuré les ultimes recueils de Denis Labbé.
Marelle d'Ombres aux Editions Argemmios et Miroirs d'Ambre, editions Lokomodo.
Aujourd'hui je vais vous parler de Marelles d'Ombres.
Disons le clairement un recueil de nouvelles, c'est autant d'instantanés d'un auteur, autant de variations dans son écriture à l'inverse d'un roman, oeuvre de plus longue concentration.
Marelle d'Ombre débute dans le Paris décadent de la fée verte et des dandys, il s'agit de deux textes parus initialement au Calepin Jaune. D'emblée, le style frappe. Il n'est pas ampoulé , il est beau, efficace et ça marche diablement bien. On s'immerge avec les personnages, on éprouve pour eux une réelle empathie.
Très bon début.
Vient ensuite Agent de la Camarde que j'avais lu dans l'emblème Venise Noire des editions de l'Oxymore. Bizarrement, ce texte m'a moins séduit, peut être car son principal protagoniste est une héroïne... Là, on sent que Denis Labbé a voulu trop jouer sur les tournures de phrase et l'émotion passe moins. L'équilibre n'est pas respecté entre intrigue et style. C'est mon avis sur la question.
Vient ensuite l'excellent Papillons de Nuit, une nouvelle en banlieue, confrontation entre des djeuns et une femme séduisante. C'est vivant, plein de gouaille, on y croit d'un bout à l'autre, encore une fois de l'émotion, de l'efficacité dans cette capacité à instiller l'horreur au quotidien.
Helldorado était paru dans l'anthologie ainsi soit l'ange, toujours chez l'oxymore. Ce texte que j'avais déjà lu sous une forme un peu différente m'a emballé, parce qu'il se passe sur la RN 49, une route que j'empruntais quotidiennement autrefois. J'adore les deux personnages... La chute vaut son pesant d'or.
Viennent ensuite la Coupe de ton regard, un brin classique mais terriblement efficace, un Meurtre de corbeaux original et intimiste où comment le bricolage peut faire naître le fantastique.
Puis nous partons pour l'Altaï avec Kourgane de mon coeur qui m'a un peu laissé de marbre... L'idée est bonne, le traitement aussi, mais c'est mon ressenti. Moins efficace que l'épisode dx files le champ où je suis mort...
J'évoquerai ensuite links 2, 3, 4 par référence à Rammstein... Alors là Denis Labbé si tu lis cette chronique, tu mérites deux claques parce que tu avais de quoi faire un super roman. C'est à mon avis l'une des meilleures nouvelles de ce recueil. Une uchronie où la seconde guerre mondiale s'est jouée entre vampires, loup garou à l'instar du roman de Mc Cammon. Le thème est porteur, on éprouve de l'empathie pour les personnages... Bref un très très bon moment.
Je passerai sur le texte consacré à Lilith qui ne m'a pas passionné.
En revanche la cage avec le mythe de la création est superbe, romantique et tout. Enfin le virtuel devient humain.
Corpus clot le recueil : c'est une nouvelle assez prenante, mais pas la plus percutante.
Au travers de Marelle D'ombres transparaît l'amour de l'auteur pour la peinture (Caravage, Titien), la musique hard rock ou le rock simplement.
C'est un très bon recueil même si la quatrième de couv' m'a un peu fait peur au début délicatesse d'esthète et malignité insidieuse 'plume ciselée et envoûtante".
J'avais peur que le mot prime sur les histoires.
Mais non.
Le style de Labbé est prenant, enthousiasmant, ce n'est pas un style surjoué à l'inverse de certains auteurs qui se regardent écrire et que l'on encense volontiers surtout en France. Labbé écrit et raconte, il ne vous ennuie pas ! Il vous prend par la main et c'est ainsi que l'on éprouve un vrai plaisir teinté de regrets le bouquin refermé.
L'auteur travaille sur une série zombiesque, j'attends de voir cela avec impatience. Aussi je concluerai cette chronique en disant qu'Argemmios a fait un excellent travail au point de vue mise en page du livre, absence de coquilles, couverture splendide... Il serait temps que des lecteurs rendent hommage à ce défrichage de talent. Quant à Denis Labbé, j'espère que l'on aura encore l'occasion de découvrir d'autres pépites de ce genre...
Dernièrement, je me suis procuré les ultimes recueils de Denis Labbé.
Marelle d'Ombres aux Editions Argemmios et Miroirs d'Ambre, editions Lokomodo.
Aujourd'hui je vais vous parler de Marelles d'Ombres.
Disons le clairement un recueil de nouvelles, c'est autant d'instantanés d'un auteur, autant de variations dans son écriture à l'inverse d'un roman, oeuvre de plus longue concentration.
Marelle d'Ombre débute dans le Paris décadent de la fée verte et des dandys, il s'agit de deux textes parus initialement au Calepin Jaune. D'emblée, le style frappe. Il n'est pas ampoulé , il est beau, efficace et ça marche diablement bien. On s'immerge avec les personnages, on éprouve pour eux une réelle empathie.
Très bon début.
Vient ensuite Agent de la Camarde que j'avais lu dans l'emblème Venise Noire des editions de l'Oxymore. Bizarrement, ce texte m'a moins séduit, peut être car son principal protagoniste est une héroïne... Là, on sent que Denis Labbé a voulu trop jouer sur les tournures de phrase et l'émotion passe moins. L'équilibre n'est pas respecté entre intrigue et style. C'est mon avis sur la question.
Vient ensuite l'excellent Papillons de Nuit, une nouvelle en banlieue, confrontation entre des djeuns et une femme séduisante. C'est vivant, plein de gouaille, on y croit d'un bout à l'autre, encore une fois de l'émotion, de l'efficacité dans cette capacité à instiller l'horreur au quotidien.
Helldorado était paru dans l'anthologie ainsi soit l'ange, toujours chez l'oxymore. Ce texte que j'avais déjà lu sous une forme un peu différente m'a emballé, parce qu'il se passe sur la RN 49, une route que j'empruntais quotidiennement autrefois. J'adore les deux personnages... La chute vaut son pesant d'or.
Viennent ensuite la Coupe de ton regard, un brin classique mais terriblement efficace, un Meurtre de corbeaux original et intimiste où comment le bricolage peut faire naître le fantastique.
Puis nous partons pour l'Altaï avec Kourgane de mon coeur qui m'a un peu laissé de marbre... L'idée est bonne, le traitement aussi, mais c'est mon ressenti. Moins efficace que l'épisode dx files le champ où je suis mort...
J'évoquerai ensuite links 2, 3, 4 par référence à Rammstein... Alors là Denis Labbé si tu lis cette chronique, tu mérites deux claques parce que tu avais de quoi faire un super roman. C'est à mon avis l'une des meilleures nouvelles de ce recueil. Une uchronie où la seconde guerre mondiale s'est jouée entre vampires, loup garou à l'instar du roman de Mc Cammon. Le thème est porteur, on éprouve de l'empathie pour les personnages... Bref un très très bon moment.
Je passerai sur le texte consacré à Lilith qui ne m'a pas passionné.
En revanche la cage avec le mythe de la création est superbe, romantique et tout. Enfin le virtuel devient humain.
Corpus clot le recueil : c'est une nouvelle assez prenante, mais pas la plus percutante.
Au travers de Marelle D'ombres transparaît l'amour de l'auteur pour la peinture (Caravage, Titien), la musique hard rock ou le rock simplement.
C'est un très bon recueil même si la quatrième de couv' m'a un peu fait peur au début délicatesse d'esthète et malignité insidieuse 'plume ciselée et envoûtante".
J'avais peur que le mot prime sur les histoires.
Mais non.
Le style de Labbé est prenant, enthousiasmant, ce n'est pas un style surjoué à l'inverse de certains auteurs qui se regardent écrire et que l'on encense volontiers surtout en France. Labbé écrit et raconte, il ne vous ennuie pas ! Il vous prend par la main et c'est ainsi que l'on éprouve un vrai plaisir teinté de regrets le bouquin refermé.
L'auteur travaille sur une série zombiesque, j'attends de voir cela avec impatience. Aussi je concluerai cette chronique en disant qu'Argemmios a fait un excellent travail au point de vue mise en page du livre, absence de coquilles, couverture splendide... Il serait temps que des lecteurs rendent hommage à ce défrichage de talent. Quant à Denis Labbé, j'espère que l'on aura encore l'occasion de découvrir d'autres pépites de ce genre...
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