Sunday, July 12, 2009

Une semaine de réflexion...


4/ 07 .... 11/07

Une semaine, sept jours, peu de temps à vrai dire, mais tellement de choses se sont passées. J'ai essayé de méditer sur le statut d'auteur d'imaginaire en 2009, en France.

Le 4, relevé des mails : un support en ligne accepte l'un de mes textes. La journée commence plutôt bien. Il est clair que le online ne vaut pas la publication papier, enfin pas encore. Mais ce t(s)ex(e)te, cela faisait un bout de temps qu'il traînait et s'il permet à quelques personnes de passer un bon moment, tant mieux.

L'après-midi, je participe à la nuit du livre d'Esquelbecq, charmant village près de Wormhout ou de Bergues qui se trouve en Flandre, on le rappellera pour les fans du Sieur Boon... Esquelbecq est un village agréable, typé, qui peu à peu, à l'instar de Redu en Belgique, est devenu un village du livre. C'est charmant, les gens également. Le Flamand y revient en force... L'organisation a été à la hauteur de l'événement et les stands sont déjà prêts. De 15 h à 00H, je prends part à cette grande fête avec l'espoir de faire connaître mes livres. Malheureusement pour moi, le fantastique ne fait pas recette, voire suscite l'hostilité. Quand on vous dit, "rien qu'à la couverture, je sais que je ne vais pas aimer," comment voulez-vous ne pas être dépité ?
Début de ma réflexion, l'imaginaire, ce n'est plus côté, ou alors lorsqu'il se pare de voiles tel certains auteurs dont Marc Levy et son "Et si c'était vrai ?". Que Balzac, Maupassant ait donné à la littérature ses lettres de noblesse avec des textes de fantastique (la peau de chagrin, la peur, le Horla), relève du passé...
Un Maupassant adapté à la télé, c'est une tranche de son siècle... Jamais autre chose...
Idem des grands films qui séduisent mais dont l'on renie le genre fantastique/SF. Pour avoir interviewé des redacs chefs de revue d'imaginaire dans différents pays d'Europe pour le compte de Galaxies (travail que j'arrête pour des questions de disponibilité), je sais que le phénomène est généralisé, mais curieusement l'esprit de certains français est plus que borné... Ah si je savais écrire directement en anglais...
Bon faudra peut-être aussi que je songe à me distancier des genres sff le constat s'impose...


Par chance, malgré quelques désagréments, je savoure cette nuit du livre d'Esquelbecq avec un repas succulent !!!! et des contacts dont je reparlerai ultérieurement...

Le 5, retour à la maison, crevé. Et dépité car mes ventes m'ont sapé le moral. Je pense aussi à l'éditeur qui a envoyé ses livres et dont je n'ai pas été un digne ambassadeur à mon sens. Quoique le libraire m'ait promis de mettre l'un des livres en avant... Wait and see !

Le 6 : relevé des mails, un mag américain me refuse "Triangulaire" , je n'y croyais pas trop car ce texte n'est pas horreur tel qu'on l'entend actuellement (soit dit en passant, le Sawisation de l'horreur me désole! Torturer, mutiler, ce n'est pas l'horreur, c'est la réalité affligeante de notre monde), mais Triangulaire est l'un de mes meilleurs, je le pense...

Puis je découvre qu'un autre support reporte la sortie sine die d'une de mes nouvelles...

La semaine s'écoule, j'écris (correction du roman et une nouvelle de dingue). Je m'écarte de différents forums, me désincris... Je soumets un texte coécrit avec mon pote Antoine, ma béquille, à une revue.
Je continue de lire Loukanienko et son night watch, l'univers m'emballe, riche ancré dans le contexte russe. Je commence le choeur d'enfants maudits de Piccirelli. Pas mal pour l'heure, univers complètement barré, trop peut-être ? Je me demande si ce genre de texte sortirait en France s'il émanait d'un auteur inconnu...

Un peu partout des éditeurs annoncent qu'ils ferment les soumissions spontanées. En fait, je ne suis guère surpris. Les manuscrits affluent, les ventes s'écroulent un peu partout. La faute à la crise, à la surproduction, à la concurrence des nouveaux loisirs (jeux video, jeux en ligne, tchat), aux dépenses liées aux nouvelles technologies (un forfait portable, quelques gadgets pour le portable, un forfait internet et vous arrivez vite à 50 EUROS soit presque 350 francs !), au marché de l'occase aussi ?
La durée de vie des livres en librairie diminue dangereusement et sans une mise en place efficace lors de la sortie, vos livres ont peu de chance de figurer dans les rayons... La chaîne du livre : un modèle économique à repenser ?
Bref, la situation n'est pas glop du tout. Le marché du livre se porte bien disait je ne sais plus quel magazine, vers le mois de mars.
Une hérésie, les redressements judiciaires de grands noms incitent à la méfiance. Sans compter que le marché se porte bien pour quelques rares auteurs...

Ca fait quelques semaines voire deux mois que je sais que mon recueil ne se fera pas... J'ai renoncé à l'idée d'une carrière dans l'écriture, je le dis sans déprime, tranquillement, je publierai peut-être quelques textes ici et là, peut être un ou des romans, mais malgré ma bonne volonté, le travail, je n'ai pas la productivité requise...
Tel Cesbron, je pense qu'il faut avoir un travail à côté pour payer les factures et subvenir à sa famille.

En conclusion, que dire ?
Jeunes auteurs, si vous voulez écrire, écrivez, mais arrêtez de croire au mythe de l'artiste maudit ou de l'écrivain, artiste dans la société. Vous avez plus de chance de réussir au travers d'émissions de téléréalité surtout si vous vous déssappez, dans le X voire le XX. Bossez, levez vous le matin et allez au boulot, puis le soir venu transformez vous en auteur, soyez sincères en évoquant la réalité, bossez encore et encore. Mettez du temps à pondre votre roman, à en accoucher. Evitez les genres de l'imaginaire ou alors pour le fun, lorsque vous serez devenu une valeur.
C'est tout le mal que je vous souhaite.

PS : Vous remarquerez que sur ces photos, ( je ne me lance pas dans le X voire le XX,) mais que j'arbore mon superbe t shirt où Spiderman se transforme en Venom. un symbole ? :-)
PS 2 : ce serait génial d'avoir de fidèles abonnés de ce blog crénom :!!!!!!!!!!!

7 comments:

Julien said...

C'est rude à entendre... mais tellement plus réaliste que tous les analystes qui jaugent le marché du livre aux ventes du dernier Werber ou du dernier Pancol (en hausse ceux-ci...)

En tout cas, bon courage à vous, vous avez au moins un lecteur (Bon, c'est pas grand chose...!)

Lucie said...

Et comment on s'y abonne à ton blog, Jess ? Je n'ai pas vu de newsletter...

LEBLOGAJESS said...

En haut, vous avez une touche devenir abonné fidèle de ce blog, ca ne veut pas dire que vous allez me filer du fric... :-))

La liseuse said...

Et si vous faites parti de mon google reader, ça passe ? ^^

Je suis une future lectrice. Future parceque je fais partie des lecteurs à avoir une pile gigantissime. Et "Dérobade" et "Emblême : la route" s'y trouvent. Et pour dire à quel point j'aime le fantastique, j'ai une belle pile de livres des Editions de l'Oxymore (soupir nostalgique). Vous êtes-vous rapproché de l'auteur Edouard Brasey, directeur de collection chez Le pré aux clercs ? Il cherche des écrivains spécialisés dans l'imaginaire.

La liseuse said...

Et si vous faites parti de mon google reader, ça passe ? ^^

Je suis une future lectrice. Future parceque je fais partie des lecteurs à avoir une pile gigantissime. Et "Dérobade" et "Emblême : la route" s'y trouvent. Et pour dire à quel point j'aime le fantastique, j'ai une belle pile de livres des Editions de l'Oxymore (soupir nostalgique). Vous êtes-vous rapproché de l'auteur Edouard Brasey, directeur de collection chez Le pré aux clercs ? Il cherche des écrivains spécialisés dans l'imaginaire.

Syven said...

Il nous reste les jeunes. Ceux qui ont fait doubler la taille du rayon jeunesse des supermarchés. Ils lisent beaucoup, et ils lisent de l'imaginaire.

Je ne me découragerai pas tout de suite. Je refuse.

L'imaginaire, ou rien du tout.
^_^

Lucie said...

OK, j'ai trouvé. En fait, ce bouton n'apparaît que quand on est connecté sous un compte google ou blogger...