Sunday, November 04, 2018

BD la lignée /Berlion Felix / Galandon Delaporte


On est en 1937. Parce qu'on lui a dit qu'il mourrait à 33 ans, comme ses aïeux, Antonin décide de suivre sa maîtresse et d'aller combattre en Espagne aux côtés des Républicains.
un contexte historique intéressant, une absence de manichéisme, un scénario élaboré et l'on suit cet homme dans un engagement sans conviction aux côtés des opposants au franquisme.
Le tout sur fond de cette malédiction


1954 Marius est le fils d'Antonin, il est devenu prêtre et se retrouve à brest, confronté à la misère ouvrière d'après-guerre. C'est un tome intense où les luttes sociales s'avèrent âpres dans un pays qui vit encore l'après guerre, la reconstruction.
Une fois de plus la malédiction nous permet de découvrir l'engagement des uns, les faiblesses des autres

1973 : fils d'un prêtre Maxime a décidé de vivre la vie à 100 à l'heure, c'est l'époque de l'insouciance, du rock, de la drogue, de la défonce, de l'hédonisme. une fois de plus les scénaristes choisissent un contexte qui nous déstabilise parce qu'il n'est pas forcément très connu.
Une fois de plus, la malédiction demeure obsessionnelle, jusqu'à susciter des décisions lourdes de conséquences pour maxime et ses compagnons de voyage


1994 : David et Diane, jumeaux, enfants de Maxime, convaincus que la mort va frapper l'aîné l'année de ses 33 ans.
Elle est artiste, vit à paris. Lui se retrouve au Rwanda, à la veille du génocide.
C'est un tome qui vous serre la gorge car il est violent, que ces faits, nous les avons vécus, traversés.


un dessin au service d'un scénario fort et audacieux, des faits divers authentiques qui servent de trame de fond, tout dans cette bd m'a plu, y compris ce fantastique borderline.
J'ai été enchanté de découvrir une BD dynamique qui pose des questions, nous invite à nous confronter à notre époque.

Empruntée à la médiathèque, je ne puis que vous la recommander pour la lecture !

Sunday, September 23, 2018

le carnaval aux corbeaux, A Hauchecorne

Foisonnant : lorsque j’évoque l’univers (que dis je les univers) d’Anthelme Hauchecorne, voici le qualificatif qui me vient à l’esprit.
Cet auteur qui a démarré chez Lokomodo est un orfèvre de la langue française, il joue avec, la sculpte, la modèle, la façonne, la découpe, la fait plier à ses désirs tel un artisan consciencieux.
Soutenu par des illustrations en nb de M Coudray et L Canavaggia (belles mais pas toutes au même niveau à mon avis), ce roman est tout simplement magnifique.
Amateurs de fantastique, oubliez Harry Potter, ici l’auteur invente, mélange les mythes, les triture et génère des visions insolites.
Il y a un travail véritable de ce romancier

A la suite de Ludwig Poe et de Gabriel Grimm, deux enfants, on découvre cette malédiction pesant sur Rabenheim ainsi que ces forains exubérants, venus d’on ne sait où. L’intrigue très riche nous réserve de nombreuses surprises, des rebondissements bien amenés. Ainsi l’auteur exerce son emprise.
On ne lâche pas le carnaval aux corbeaux car rien n’y est aussi simple qu’on voudrait le croire.

C’est beau, c’est très bien écrit, on s’en délecte et tout ça pour moins de 20 euros.
Bref s’il vivait dans un pays anglophone, Anthelme verrait son livre adapté au ciné illico presto.
Hélas il habite en France et l’on ne peut que vouloir voir cet ouvrage passer les frontières.
La foire des Ténèbres de Bradbury m’avait marqué, aujourd’hui, c’est le carnaval aux corbeaux.

UNE EXCELLENTE LECTURE.