Sunday, September 13, 2009

Histoire

Cette semaine était marquée du sceau de l'Histoire et de l'emprise de l'image sur notre société.
France 2 avait en effet choisi de diffuser les deux premières parties d'un documentaire intitulé Apocalypse.
http://programmes.france2.fr/apocalypse-seconde-guerre-mondiale/

Par des images efficaces et des commentaires pertinents, la chaine a offert à ses spectateurs un documentaire d'une très grande qualité, l'occasion pour tous de voir la guerre autrement que comme des documents en noir et blanc, appartenant à une autre époque. Les images tirées de la propagande nazie montrait cette interaction stupéfiante entre Hitler et son peuple et l'on comprend mieux les ressorts de la tragédie qui se noua. D'autres visions d'horreur (cadavres mutilés, ruines) rappelaient la dureté de cette guerre, la négation de l'humanité qu'elle érigea en étendard et cette remise en cause des valeurs morales qu'elle provoqua. Une occasion de ne pas oublier, de passer le flambeau de la mémoire à nos enfants, un peu à l'instar du texte de Johan Héliot dans l'anthologie Pouvoirs critiques chez Nestiveqnen où un androïde est chargé de commémorer le souvenir d'une guerre.

A l'opposé de ce souvenir, cette semaine fut marquée également par l'histoire plus récente : les commémorations du 11 septembre 2001.Cette histoire là, nous l'avons tous vu en direct, un attentat médiatisé. Ces avions qui s'écrasent sur les Tours, cette sensation de monde qui s'effondre... Du monde occidental, j'entends.
Le 11 septembre est une date que je ne peux plus appréhender normalement. Lorsque je la lis, lorsque je la vois, je me souviens et je n'oublierai pas. Je me souviens également du naturel soutien que les auteurs de l'Oxymore avaient apporté à leur confrère d'outre atlantique à l'époque. Parce qu'une solidarité naturelle s'était fondée...

L'histoire est aussi notre présent et l'on ne peut que recommander la lecture du National Geographic de septembre avec un reportage bouleversant sur la Somalie. Entre milices et clans, la population de la corne de l'Afrique n'en finit plus de subir la violence quotidienne. Comment vivre normalement quand des milices vous proposent 10 fois le salaire d'un pêcheur pourvu que vous rejoigniez leurs rangs ? Pourtant au nord dans le Somaliland, la paix paraît vouloir régner, mais la communauté internationale refuse de reconnaître cette entité comme état indépendant. Depuis l'intervention hypermédiatisée des Américains en 93 suivie de leur départ après la perte de 19 soldats les 3 et 4 octobre à Mogadiscio, morts suivies d'images montrant des foules exhibant les cadavres des militaires, ce pays sombre...


La différence avec la guerre 39 / 45, c'est que désormais nous savons tout de ce qui se passe dans le monde, au moment où les événements se déroulent. Nous n'avons plus le privilège de l'ignorance, mais le fardeau de la culpabilité.

Sunday, August 30, 2009

Cet été et après...

Et voilà, septembre arrive...

La rentrée, l'occasion de parler des vacances etc...

Cet été fut très productif à mon sens. J'ai beaucoup avancé dans les corrections d'Investigations avec un Triton et j'ai réussi à écrire quelques nouvelles.





Le programme pour 2009 / 2010 est donc placé une fois encore sous le signe des textes courts en attendant le roman et peut-être d'autres choses.

Un texte chez Argemmios dans l'anthologie Flamma
Un autre dans l'anthologie les Derniers Jours d'Edgar Allan Poe chez glyphe.
Un autre dans le magnifique Art book de Maz aux Editions du Riez...
uN AUTRE CHEZ UN AUTRE EDITEUR QUI COMME MOI EST SUPERSTITIEUX...

En effet, difficile de parler littérature en ces temps de crise... La crise des subprimes, vous vous souvenez ? Au début il ne s'agissait que des foirades minablissimes d'une poignée de types devant leurs ordinateurs et des prêts accordés par des banquiers pressés de gagner du fric...
Résultat, l'épiphénomène s'est propagé et on a ratiboisé dans les effectifs des usines de nos pays où la main d'oeuvre est trop onéreuse. Soit dit en passant, je n'ai jamais eu l'impression que les ouvriers et autres salariés étaient des nantis portant Rolex et passant leurs vacances sur des yachts en plaçant leur pognon dans les paradis fiscaux. Ou alors les bougres cachent bien leur jeu... Bien sûr, ils gagnent plus qu'un ouvrier dans une usine du tiers monde ou dans d'autres coins d'Europe, mais le coût de la vie n'est tout de même pas donné par chez nous...
Espérons et oeuvrons par notre comportement socio-économique à ce que l'expression travailleurs pauvres disparaisse de notre société. Car ces travailleurs pauvres sont sur le fil, mis à l'écart de notre économie, condamnés à la précarité.

Cette digression étant assumée, j'ai lu avec plus ou moins d'intérêt sur les forums les discussions autour de

1) la mort de la sf. Vous savez cette vieille dame qui a donné des chefs d'oeuvre comme planète interdite, 2001 l'odyssée de l'espace (enfin je parle du bouquin car le film est une m.... sans nom réservé à un public hyper zélitiste), cristal qui songe, le vieil homme et la guerre pour l'hyper récent... Ce courant adoré des autorités soviétiques parce qu'il mettait en exergue le matérialisme et le triomphe de l'homme sur la nature et ce courant qui ne séduirait plus les foules...
Ah ce qu'il est loin le temps où l'on vendait des bouquins fleuve noir au tabac du coin... Pourtant à l'inverse du fantastique, espèce en voie de disparition, on publie encore de la sf. La preuve Galaxies 5 par exemple a offert à ses lecteurs des morceaux de choix.
2) les divagations des auteurs d'un blog qui se fichaient de moi de façon détournée et pour qui la psychiatrie me semble l'unique alternative... Parce que l'aigreur mal assumée, c'est carrément pathétique...
3) l'avenir du livre dans nos sociétés, l'émergence à terme de l'e book avec toutes les contraintes matérielles, juridiques que cela implique. J'espère simplement que les e books dureront plus longtemps que feu mon premier ordi portable mort au champ d'honneur après trois ans de bons et loyaux services. Je vous cite l'éloge funèbre du revendeur "Monsieur, ça revient plus cher de changer la carte mère que d'en racheter un nouveau..."
Et j'allais oublier dans cette révolution, peut-être à venir, la mutation du monde de l'édition où Internet pas encore le grand Minitel, où Internet autodiscipliné donc(LOL) ferait le tri et orienterait le lecteur vers les meilleures oeuvres (RELOL).
4) les expérimentations en ligne de Don Lorenjy, dit Hank. Don a mis des textes en ligne sur le site d'un éditeur et il n'en est rien ressorti pour l'instant.
Perso, je lui ai dit que les textes qui émergent du "en ligne", c'est une légende urbaine, des coups marketing. Qu'Internet sert chez 80 % des abonnés à mater des films interdits aux moins de 18 ans à l'oeil, à télécharger de la musique ou des films qu'ils n'auront pas le temps de regarder ou à castagner du méchant dans des jeux en ligne (terroriste ou orques, je vous laisse le choix)et accessoirement Internet peut servir à envoyer des messages débiles, des vidéos marrantes à tes amis qui te renverront les mêmes vidéos marrantes...

5) J'ai enfin lu cette enquête faisant apparaître ma région à la traîne en matière d'achat de livres et même si je ne suis guère surpris, j'en suis quelque peu dépité.
Une alternative à ce marasme de nos genres de l'imaginaire : fondez des clubs de lecture, investissez les existants et parlez de vos goûts, soyez des néoprophètes... Prêtez vos bouquins... Des bouquins qui tournent, dont on parle, ce sont des bouquins qui seront adaptés au ciné et par là participeront à conquérir les coeurs...

Mais est-il facile de parler livre dans une société fascinée par les people et quelques guignols enfermés dans une maison à ne rien fiche de leur journées ?
Peut-on parler fantastique, sf, horreur sans passer pour un original, un excentrique ? Parlez "plus belle La vie et l'on vous commentera, parlez de la trilogie Nightwatch, on vous sourira..."

Bref drôle d'époque ou plutôt de société que la nôtre... Aspiration au changement en profondeur et pourtant culte porté à l'ostensible, aux besoins comme moteur de vie.
pOUR ILLUSTRER LE PROPOS
http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1093016,0.html
Et on n'est pas au bout de nos surprises avec la très nulle télé (T.N.T)!

Néanmoins, je vous souhaite une bonne rentrée et n'oubliez pas, achetez local !

Jess